SPO-WEEK-END RALLYCROSS DU GRAND PRIX DE TROIS-RIVIÈRES

Crédit : ANDREANNE LEMIRE / AGENCE QMI

Course Automobile

«Je ne me sens pas vieux du tout»

Louis Butcher

Publié | Mis à jour

À pareille date l’an dernier, Jacques Villeneuve affirmait qu’il avait hâte de célébrer son 50e anniversaire de naissance. Ce jour est arrivé en ce 9 avril 2021.

«Mon opinion n’a pas changé, a-t-il raconté dans une entrevue téléphonique généreuse accordée jeudi au Journal. Je ne me sens pas vieux du tout.» 

Une chose est certaine, le mot retraite n’est pas dans son vocabulaire. Au contraire, il s’apprête à disputer une troisième saison à temps plein dans la série de stock-cars Euro NASCAR. Le début de la saison est prévu à Valence, en Espagne, le 15 mai.

Ce championnat est le pendant européen de la Coupe NASCAR aux États-Unis. Une trentaine de pilotes y sont engagés. À part quelques présences sur le podium en 2019 et 2020, sa première victoire se fait toujours attendre.

«Je suis venu tout près de gagner l’an dernier, dit-il, mais ce n’est que partie remise. Je ne vois pas le jour où je vais accrocher mon casque, s’amuse-t-il à nous rappeler. La course, c’est ma vie et c’est ce que je sais faire de mieux.»

Villeneuve avoue qu’il vise encore plus haut malgré ses 50 ans bien sonnés.

«Si une autre opportunité se présentait, j’aimerais retourner au Mans, relate-t-il. Je n’ai eu aucune discussion pour cette année, mais la porte n’est pas fermée. Je suis encore... jeune.»

Villeneuve compte deux participations aux 24 Heures du Mans, la plus célèbre course d’endurance sur la planète. À sa deuxième et dernière présence, il a terminé au second rang en 2008.

Le rêve de papa 

L’histoire de Villeneuve est celle d’un Québécois au talent indéniable, qui a su gravir les échelons de la course automobile avec succès tout en réalisant le rêve inachevé de son père Gilles, mort tragiquement le 8 mai 1982 au circuit de Zolder, en Belgique.

Non seulement son nom figure sur la courte liste des 33 pilotes couronnés champions du monde en F1 depuis 1950, mais il compte aussi une victoire mémorable à la prestigieuse Classique des 500 Milles d’Indianapolis en 1995.

Deux exploits qu’aucun autre représentant de l’unifolié n’a accomplis jusqu’à présent. Quand on remporte un titre en F1, comme il l’a fait en 1997, c’est pour la vie. Villeneuve n’est pas un... ex-champion du monde comme certains le décrivent.

Une entrée fracassante 

Recruté par Frank Williams en 1996, Villeneuve a réussi son entrée en F1 en signant la position de tête lors de son tout premier Grand Prix disputé à Melbourne, en Australie. À cet égard, seulement cinq autres pilotes dans l’histoire de la discipline-reine du sport automobile l’ont précédé et Villeneuve est le dernier à l’avoir fait.

Alors que la victoire lui semblait acquise, une fuite d’huile l’a forcé à lever le pied et à céder les commandes de la course à son coéquipier Damon Hill.

Au terme d’une année marquée par la domination de l’équipe Williams, le Britannique a été sacré champion du monde. Villeneuve suivra ses traces dès l’année suivante.

«Je suis encore plus fier aujourd’hui, souligne-t-il, de mes succès. Parce que je réalise, plus que jamais, que la course automobile a été bénéfique pour moi. Mais à l’époque, je n’étais pas pleinement conscient de la reconnaissance du public à mon endroit.»

Cette soirée magique au Centre Molson, quelques jours après la conquête du championnat, où il a été présenté à la foule avant un match du Canadien, l’a mis mal à l’aise.

«Mon regret, c’est de ne pas avoir compris que les gens m’appréciaient autant au moment présent, répond-il. Ce sont des événements inoubliables dans ma vie. Aujourd’hui, je souhaite les remercier au plus haut point.»