HKN-HKO-SPO-WASHINGTON-CAPITALS-V-BUFFALO-SABRES

Crédit : AFP

Canadiens de Montréal

Eric Staal délivré d'un «environnement pourri»

Publié | Mis à jour

Si l’on se fie à sa fiche de 10 points en 32 matchs, Eric Staal présente le profil typique du vétéran au bout du rouleau, à 36 ans. Deux journalistes consultés par le TVASports.ca se font toutefois rassurants au sujet de la nouvelle acquisition des Canadiens de Montréal.  

Joe Yerdon couvre les Sabres de Buffalo pour l’Associated Press. En raison du climat négatif et toxique qui empoisonne l’organisation, il est très indulgent lorsqu'il est appelé à évaluer de façon juste et raisonnable le court passage de Staal dans la ville frontalière. 

Quand on prend la pleine mesure de ce qui se passe chez les Sabres, équipe complètement dysfonctionnelle, on se doute qu'un changement de décor pourrait sourire au vétéran. On parle d'une équipe qui a subi jeudi dernier une 16e défaite consécutive, en plus d'être blanchie pour la septième fois de la saison.

«Évidemment, c'était un environnement pourri (rotten situation) pour lui, a souligné Yerdon lors d’un entretien téléphonique. C’est difficile d’évaluer son jeu considérant toutes les difficultés traversées par l’équipe. Il n’a pas été terrible. Ce n’est plus l’homme qui a gagné la coupe avec les Hurricanes en 2006, mais si tu recherches quelqu’un qui amènera de la stabilité au sein du troisième ou quatrième trio, je crois qu’il va faire le travail.

«J’ai de la difficulté à voir comment il ne pourrait pas aider d’une quelconque façon les Canadiens. C’est un bon centre. Un vétéran fiable. Je suis certain qu’il est ravi de sortir de ce gâchis.»

Terrible casting          

La façon dont l’entraîneur-chef Ralph Krueger (récemment limogé) a utilisé ses joueurs au cours de la saison a soulevé aussi beaucoup de doutes. 

«Ils ont sans cesse jonglé avec les trios, a illustré Yerdon. Pendant un bout de temps, Staal a joué avec Cody Eakin et Victor Olofsson, et Eakin est terrible jusqu’ici. Olofsson connaît pour sa part des ennuis à cinq contre cinq. 

«Ils l’ont essayé avec Jeff Skinner, mais ce dernier est tombé dans les mauvaises grâces de Krueger, ce qui est devenu un autre roman-savon en soi. Il a joué un peu avec Sam Reinhart, le joueur le plus stable cette année. Ils l’ont aussi employé avec Taylor Hall et Kyle Okposo, et c'était un drôle de mélange... 

«C’est pourquoi j’ai de la misère à juger de sa production cette année. Certains de ces trios étaient déroutants... ils n’avaient pas beaucoup de sens.» 

Aux yeux de Yerdon, Staal demeure un joueur de centre efficace en possession de la rondelle pouvant mettre sa charpente de 6 pi 4 po et 194 lb à contribution. 

«Il peut apporter du soutien à ses ailiers et leur donner des chances de tirer au but et de marquer. Pour ce qui est de son tir, disons qu'il n'est pas mauvais. Staal est davantage un fabricant de jeu. Il est plus constant dans cette facette.

«Il peut utiliser son corps pour pivoter sur lui-même aux alentours du filet. Si tu as besoin de lui pour tasser des gars en fond de territoire, il peut certainement faire ça.»

Crédit photo : AFP

Ralentir le déclin          

S’il y a lieu de penser qu’il reste de l’essence dans le réservoir de Staal, c’est avant tout parce qu'il a connu une saison de 47 points en 66 matchs pas plus tôt que l’an dernier avec le Wild du Minnesota. 

N’empêche, Giles Ferrell, un journaliste à la couverture du Wild, a observé quelques signes de déclin dans le jeu de Staal lors de sa dernière année avec l'équipe.

C’est particulièrement lors des portions éreintantes du calendrier que son âge commençait à se faire sentir. 

«Il jouait de grosses minutes pour le Wild : il y avait aussi des moments où la qualité de son jeu trahissait son âge, a nuancé Ferrell. Mais quand le Wild jouait deux matchs en deux soirs ou quatre matchs en six soirs, il en arrachait un peu.

«S’il avait quelques jours de congé, tu voyais une différence lors du prochain match. Il semblait revigoré.»

Staal, qui ne patine plus avec l’explosion des beaux jours, paraissait d’ailleurs beaucoup plus confortable lorsqu’il était entouré de joueurs rapides.

«Il jouait mieux avec des gars qui étaient reconnus pour leur vitesse, a noté Ferrell. Il était à son meilleur dans ces conditions puisqu’il pouvait se faufiler dans les espaces libres en zone offensive et créer de l’attaque. 

«Il avait une belle chimie l’an dernier avec Kevin Fiala, qui était en train d’éclore.»

Malheureusement pour Staal, le calendrier du CH sera d’autant plus condensé que quatre matchs devront être repris d'ici la fin de la saison régulière; trois contre les Oilers d’Edmonton et un contre les Sénateurs d’Ottawa. 

Afin de le garder frais et dispo pour les séries, l’entraîneur-chef Dominique Ducharme pourrait ainsi opter pour un système d’alternance avec Jake Evans au centre du quatrième trio lors des situations de deux matchs en deux soirs. Les jambes de Paul Byron pourraient elles aussi aider Staal à offrir son plein rendement. 

Quoi qu’il en soit, Staal arrive à Montréal en amenant avec lui de l’expérience et un désir de gagner. 

«Pour lui, c’est l’équipe avant tout, a expliqué Ferrell. Il va jouer, peu importe où tu le places. Il veut simplement gagner à nouveau en séries éliminatoires. 

«Lorsqu’il est débarqué au Minnesota en 2016-2017, on avait l’impression qu’il était là depuis un bon bout de temps. Il ne devrait pas prendre trop de temps à s’acclimater à Montréal. 

«L’effort n’est pas un enjeu avec lui. Il va toujours donner son 100%. Dans les bonnes conditions, il peut certainement faire de bonnes choses avec les Canadiens.»