Canadiens de Montréal

Marc Bergevin entretient le mystère

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Marc Bergevin a toujours bien caché son jeu. Au poker, il serait un joueur redoutable. Jeudi, il prétendait qu’il n’avait pas assez d’argent sous le plafond salarial pour transiger. Vendredi, il faisait l’acquisition du centre Eric Staal des Sabres de Buffalo pour des choix de 3e tour et de 5e tour en 2021.

La discrétion restera toujours une carte clé pour un directeur général de la LNH. Bergevin a compris ce principe depuis longtemps. 

Pour sa deuxième visioconférence en seulement 48 heures, le DG du CH dissimulait bien mal son sourire quand on lui a demandé s’il s’attendait à bouger encore une fois d’ici la date limite des transactions du 12 avril.

«Non, pas pantoute, a-t-il répliqué. C’est fini. On n’a pu rien, on n’a plus d’argent. On est maximisé au cap (plafond salarial).»

Sur un ton plus sérieux, Bergevin a expliqué les raisons qui le forcent à garder son jeu bien fermé.

«Quand je vous ai parlé jeudi, je restais honnête. Mais encore une fois, ce n’est pas dans l’intérêt du Canadien de Montréal de m’asseoir devant une caméra et de dévoiler toutes mes stratégies, a-t-il mentionné. Je placerais mon équipe dans une situation désavantageuse. Il y avait deux autres équipes qui regardaient pour Eric Staal. Quand je vous parle, je veux être le plus transparent possible, mais je sais aussi qu’il y a d’autres équipes qui écoutent. Je dois rester prudent. Je veux être transparent, mais il y a des fois, où je ne peux pas. C’était le cas. Mais honnêtement, la transaction avec les Sabres est survenue très rapidement. Nous avions déjà parlé dans le passé, mais les 14 jours pour une quarantaine représentaient un enjeu pour Staal. Quand on est passé à sept jours, les négociations ont débloqué.»

Créer de l’espace 

Pour réaliser une autre transaction d’ici les prochains jours, Bergevin aura besoin de libérer de l’argent sous le plafond salarial avant de pouvoir acquérir un autre joueur.

«C’est toujours une possibilité. Il y a des équipes qui sont prêtes à prendre de l’argent. Mais il y a toujours un prix à payer. Selon ce que tu veux acheter ou libérer, le prix peut devenir élevé. Je ne mentionnerai pas les équipes qui veulent le faire. Mais c’est toujours une possibilité.»

Dans un langage simplifié, le CH aurait à payer un prix élevé pour se départir d’un contrat comme celui de Paul Byron (3,4 millions jusqu’en 2022-2023).

De l’expérience au centre 

Le Tricolore n’a pas payé la lune pour acquérir Staal. Oui, les Sabres ont reçu deux choix pour le repêchage de 2021, mais Bergevin pouvait se le permettre puisqu’il avait déjà 14 dards pour cet encan. Il lui en reste maintenant 12.

Même s’il n’est plus le Eric Staal de ses belles années en Caroline, Bergevin croit qu’il répondra à un besoin au sein de son équipe.

«Une position qui était un peu vulnérable avec l’expérience était la position de centre, a-t-il répliqué. Il n’est pas le joueur qu’il était à 25 ans, mais il a beaucoup d’expérience. À Buffalo, c’était difficile pour tout le monde. L’an dernier, il a obtenu une quarantaine de points (47) en 66 matchs avec le Wild du Minnesota. C’est aussi un gagnant de la Coupe Stanley. Ce n’est pas un accident si nous amenons des joueurs qui ont déjà gagné. Avec tous nos choix pour le repêchage, nous étions prêts à payer ce prix.»

Âgé de 36 ans, Staal a obtenu seulement 10 points (3 buts, 7 passes) en 32 matchs cette saison avec les Sabres. Il présentait un dossier de -20 et il avait gagné 48% de ses mises en jeu. Mais avant de le décrire comme un joueur sur le déclin, on jugera de son jeu avec une équipe plus fonctionnelle que Buffalo.

«Eric apportera de l’énergie et le changement d’air lui fera du bien, a noté Bergevin. Suzuki, Kotkaniemi et Evans ont peu d’expérience. Danault a juste 16 matchs en séries. On apporte un gars qui a de l’expérience en séries également.»

Staal, qui a gagné la coupe Stanley avec les Hurricanes en 2006, a une expérience de 62 matchs en séries et de 1272 matchs en saison.