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À une victoire de Tokyo

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L’équipe masculine des moins de 23 ans est à 90 minutes de réaliser l’exploit de se qualifier pour les Jeux olympiques de Tokyo, cet été.

Pour y parvenir, elle doit toutefois venir à bout du Mexique, à Zapopan, dimanche soir.

«Le Canada n’a jamais gagné au Mexique, c’est aussi une belle occasion pour nous de faire en sorte que ça se produise», a résumé l’entraîneur-chef Mauro Biello samedi midi.

Les États-Unis et le Honduras s’affrontent dans l’autre demi-finale et les deux finalistes obtiendront leur billet pour le Japon.

Deux approches

Dans le camp du Canada, on a misé sur la défensive, ce qui a mené à une fiche d’une victoire et de deux matchs nuls au cours desquels le gardien du CF Montréal James Pantemis n’a accordé qu’un seul but.

«Je suis très content du travail que notre défensive a fait dans ce tournoi», a mentionné le gardien québécois.

Mais Pantemis et ses coéquipiers vont faire face à leur plus gros défi face au Mexique, meilleure attaque de la compétition avec huit buts jumelés à une fiche de trois victoires.

«Quand je regarde leur ligne offensive, je la connais bien parce qu’on l’a affrontée à la Gold Cup. Ils ont des joueurs qui excellent entre les lignes et qui ouvrent le jeu quand il s’approche de la surface», a analysé Biello.

Chance unique

Tant Biello que Pantemis réalisent la chance qui se présente à eux. Ils ont rendez-vous avec l’histoire quand on sait que le Canada a participé aux Jeux olympiques à seulement trois reprises, la dernière fois remontant à 1984.

«On est dans la position dans laquelle on voulait être et c’est de pouvoir jouer pour une place aux Jeux olympiques», a avancé Biello avec son calme habituel.

«Ça serait un moment historique et c’est un moment charnière pour l’équipe et le pays.»

Pour Pantemis, c’est l’occasion de réaliser un rêve d’une autre façon.

«Je n’avais jamais pensé aux Jeux olympiques parce que comme joueur de soccer, on pense d’abord à la Coupe du monde. Mais pour un athlète, les Jeux sont l’objectif suprême et nous sommes à 90 minutes d’y parvenir. Ça serait une réalisation unique.»

Négligés

Comme l’a mentionné Biello, le Canada n’a jamais battu le Mexique chez lui. La tâche est donc colossale pour l’unifolié, qui fait évidemment figure de négligé.

«J’ai eu des expériences comme négligé avec [l’Impact de] Montréal. Je me rappelle en 2016 à l’Azteca, on menait 1 à 0 contre América. J’ai retenu des leçons de cette expérience, ç’a une valeur pour notre équipe.»

On sent dans les propos de Pantemis que les Canadiens ont la fierté à la bonne place et n’ont pas l’intention de s’en laisser imposer.

«Pour nous, de jouer contre les hôtes, les favoris, ça nous donne une motivation supplémentaire de savoir que nous sommes les négligés.»

Limiter les erreurs

Évidemment, contre une formation aussi bien rodée et menaçante, les jeunes canadiens devront être parfaits. Ni plus ni moins.

«Nous devons leur laisser peu d’espace et les attaquer quand l’occasion se présente», estime Biello.

«Ce qui m’impressionne le plus, c’est leur jeu de transition, qui est à un autre niveau, a-t-il poursuivi. Quand ils perdent le ballon, ils le récupèrent rapidement.»

«On ne peut pas leur donner d’espace parce que c’est souvent dans le chaos que tu te fais faire mal par une équipe comme celle-ci, qui profite du moindre déséquilibre.»

Un match «facile» pour les Canadiens

Dans le cadre d’une journée particulièrement intéressante pour le soccer canadien, l’équipe nationale va poursuivre sa route vers la Coupe du monde de 2022 en affrontant les îles Caïman à Brandenton, en Floride.

Le Canada a amorcé le premier tour des qualifications, un tournoi par groupes, avec une victoire de 5 à 1 contre les Bermudes, jeudi.

Sur le papier, le Canada est largement favori pour l’emporter encore dimanche après-midi avec une 73e position au classement mondial de la FIFA contre le 193e rang pour les îles Caïman. Il y a 210 pays au classement.

«C’est une équipe qui va sortir des blocs parce que ça sera un des matchs les plus importants qu’elle aura disputés depuis un long moment, a avancé le sélectionneur John Herdman. Je crois qu’ils vont tout tenter afin de parvenir à créer la surprise contre nous.»

Pas de marge

Dans cette première phase qualificative, on retrouve six groupes de cinq équipes et seul le premier de chaque groupe passera à la prochaine ronde.

«Pour nous, il n’y a pas de place à l’erreur dans ces matchs parce que sinon, nos rêves s’effondrent», a insisté Herdman.

«Les gars vont se battre pour leur vie, mais nous n’allons pas leur imposer plus de pression. Il faut seulement trouver sur quels boutons nous devons appuyer.»

Le sélectionneur espère que ses hommes affichent la même hargne que contre les Bermudes malgré un peu de fatigue, qui était visible lors de l’entraînement samedi.

«Nous devons être impitoyables. Lors du dernier match, malgré la fatigue et la chaleur, les gars ont continué de pousser dans les 15 dernières minutes.»

Chemin plus long

Au terme de cette première phase, les six équipes qui passeront au prochain tour s’affronteront dans trois séries aller-retour pour ensuite passer à la phase finale.

«C’est sûr qu’on aurait aimé éviter cette première phase de qualifs et affronter les grosses directement», a reconnu Samuel Piette.

«Ça fait partie de notre périple vers cette Coupe du monde et c’est une bonne pratique pour nous.»

Le milieu de terrain du CF Montréal insiste pour dire qu’il ne faut pas prendre ce match à la légère malgré les apparences.

«C’est sûr que c’est un match facile, mais on ne peut pas relâcher parce qu’on pourrait passer à côté de notre chance.»