Canadiens de Montréal

«C'est encore la plus belle place où jouer»

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L’ancien défenseur des Canadiens Patrice Brisebois a connu des hauts et des bas au cours de ses 16 saisons à Montréal.

Champion de la Coupe Stanley à 22 ans, millionnaire quelques années plus tard, le Québécois a ensuite eu à composer avec le fiel d’une partie des partisans du CH au tournant des années 2000. La situation a pratiquement mené à son départ en 2005... mais il n’a pas hésité à revenir dans le giron de la formation montréalaise deux ans plus tard. 

Plus de dix ans après sa retraite, celui qui a eu 50 ans en janvier dernier n’hésite tout de même pas à dire qu’évoluer à Montréal reste une grande opportunité pour un hockeyeur d’ici.

«C'est encore la plus belle place où jouer, même si c'est difficile», a-t-il admis, dans une longue entrevue présentée vendredi à «JiC».

«Si tu aimes les défis, la pression, c'est à Montréal que ça se passe, a également mentionné Brisebois. Quand tu gagnes, tu es plus populaire que le premier ministre. Quand tu perds, c'est une autre histoire.»

Parce que le public québécois, selon lui, n’a pas tendance à mettre des gants blancs quand vient le temps de critiquer un joueur du Tricolore qui vient d’ici.

«On est toujours plus durs envers les Québécois, a-t-il estimé. J'ai de la misère avec ça. Moi, quand ça m'est arrivé, je me suis toujours demandé pourquoi. Puis, tu fais des recherches et tu réalises que Maurice Richard s'est fait huer, Jean Béliveau, Guy Lafleur, Stéphane Richer, Serge Savard aussi. Après ça a été mon tour, puis José Théodore. Mais c'est quoi le problème? Pourquoi les gens sont plus difficiles? Peut-être parce qu'on se reconnait plus.»

«Les gens qui paient leur billet ont le droit de faire ce qu'ils veulent, mais je trouve ça triste», a-t-il résumé.

Des souvenirs impérissables 

Celui qui a porté les numéros 43 et 71 à Montréal garde néanmoins plus de bons souvenirs que de mauvais au sujet de ses années avec le CH.

La Coupe Stanley de 1993 est probablement le plus marquant, il va sans dire.

«J'arrive, à ma première année complète dans la Ligue nationale, et on gagne la Coupe Stanley. T'es jeune, t'es un peu naïf et tu te dis que tu vas en gagner d'autres des Coupes», a-t-il expliqué.

«Jamais, par la suite, je n'ai gagné la Coupe Stanley, a-t-il ajouté. C'est une grosse déception parce qu'à 22 ans, tu ne l'apprécies pas. Je ne dis pas j'aurais aimé être comme Raymond Bourque et la gagner après 25 ans, mais quand on est jeune, c'est facile la vie, tout va bien. Mais le plus important, c'est qu'au moins, je l'ai gagnée!»

Brisebois a également vécu de beaux moments lorsqu’il a pu revenir avec les Canadiens en 2007 après deux saisons passées au Colorado.

«Mentalement et physiquement, je savais que j'étais encore capable, s’est-il souvenu. J'étais joueur autonome. Mon agent m'a dit "Breezer, inquiète-toi pas, je vais te trouver une équipe parce que t’es encore capable d'en aider une dans la LNH". Bob Gainey l'a appelé pour lui dire qu'il voulait m'offrir un contrat...»

«Ça ne m'a même pas pris une heure et je me suis dit que je voulais revenir à Montréal parce que je n'avais pas aimé la façon dont ça s'était terminé, a-t-il également révélé. On m'a demandé souvent pourquoi j'étais revenu après tout ce qui s'était passé. La réponse est facile. Je n'aurais jamais dû quitter Montréal.»

À sa dernière saison dans la LNH, Brisebois a disputé le 1000e de ses 1009 matchs dans la grande ligue. C’est l’illustre Henri Richard, grande légende des Canadiens et du hockey en général, qui était venu lui remettre un bâton spécial soulignant ce plateau important.

Pour l’amoureux du CH et du hockey qu’il était et qu’il est toujours, c’était évidemment un grand moment.

«Ce sont des souvenirs qui vont être gravés à jamais dans ma mémoire», a-t-il assuré.

Voyez l’entrevue complète en vidéo principale.   

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Crédit photo : Agence QMI