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Crédit : AFP

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La «marque Schumacher» revient en F1

Publié | Mis à jour

Écurie, sponsors, organisateurs, diffuseurs: le monde de la F1 attend beaucoup de l'arrivée dans la catégorie reine de Mick Schumacher cette saison. À tout juste 22 ans, le fils du légendaire Michael pourra-t-il supporter cette pression?

Son père, icône de Ferrari, a été sept fois champion du monde. Lui va débuter chez Haas, une écurie aux ambitions plus modestes, qui l'a recruté aussi parce que son nom prestigieux facilite grandement la recherche de financements.

Mais le plan de carrière du jeune Allemand est tracé: formé à l'académie Ferrari, il est en contrat avec la marque de Maranello - qui paye la moitié de son salaire chez Haas - et prendra un jour le volant d'un bolide rouge... s'il fait ses preuves.

« Le nom Schumacher est une marque, mais c'est une marque liée au prénom Michael. Ferrari et les autres ne sont pas des mécènes, Mick va devoir écrire sa propre histoire », décrypte pour l'AFP Hervé Bodinier, professionnel du marketing sportif et fin connaisseur de la Formule 1. 

Pour l'instant, diffuseurs, sponsors et annonceurs se frottent les mains. Selon une étude réalisée en Allemagne, 35% des abonnés de Sky assurent qu'ils regarderont plus souvent les retransmissions de F1 s'il est au départ. 

Sky Allemagne a d'ailleurs fondé toute sa communication d'avant-saison sur les débuts du jeune homme, unique héros du clip promotionnel qui tourne en boucle depuis des jours.

Endurci par la vie

« Son arrivée est déjà un grand enrichissement pour la F1, son nom attire beaucoup d'attention, et toute la série en profite », reconnaît Stefano Domenicali, le grand patron de la F1, proche de la famille Schumacher: « Mais la pression et les attentes vont maintenant être énormes ».

« Ce n'est pas facile, d'être un "fils de" », témoigne pour sa part Nico Rosberg, fils du champion Keke Rosberg. « Au début, l'attention médiatique sur lui va même être plus grosse que sur Lewis Hamilton. J'espère que Mick arrivera à en faire abstraction et pourra se concentrer sur son job, sinon ça va beaucoup lui gâcher le plaisir ».

« On a besoin de temps et de patience, ajoute le pilote germano-finlandais, j'ai attendu sept ans avant de gagner mon premier Grand Prix, et onze ans pour le titre mondial. Il faut garder ça en tête lorsqu'on évaluera ses performances cette saison ».

Reste que Mick, qui a fêté lundi ses 22 ans, a été endurci par la vie: depuis ses premiers tours de roue en karting, les médias se sont intéressés à lui. Et il s'est construit comme adolescent avec un père diminué, qui n'a plus jamais été vu en public depuis son grave accident de ski en 2013.

« Il s'est forgé une carapace, il a une bonne famille, son histoire dramatique, il en fait une force », analyse Hervé Bodinier.

« Lui laisser du temps »

« Certes son nom lui ouvre des portes », admet Ross Brawn, directeur sportif de la F1 et intime de la famille Schumacher, « mais il lui met aussi une grosse pression, sans aucun doute. Jusqu'ici il s'en est très bien sorti (...) Il est incroyablement mûr pour son âge et très équilibré ».

Sportivement, Mick n'a pas usurpé sa place parmi les meilleurs pilotes du monde. Il a franchi avec succès un à un tous les échelons inférieurs, jusqu'à remporter le championnat de F2, l'antichambre de la catégorie reine, la saison dernière. 

« Il a mérité cette promotion. Il a atteint le niveau d'un pilote de F1 par ses propres forces, pas grâce à son nom », se félicite Domenicali. « Maintenant il faut lui laisser du temps pour grandir, apprendre (...) et suivre une courbe de progression tout à fait normale ».

Mais les acteurs financiers, qui attendent des retours sur investissement, auront-ils la patience d'attendre plusieurs saisons pour voir de nouveau un Schumacher monter sur un podium? Premiers éléments de réponse ce week-end au Grand Prix d'ouverture à Bahreïn.