LNH

Un congédiement qui fait des vagues

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«Ce n’était pas grand-chose, mais je voulais donner une pénalité aux Predators tôt dans la période». Ces paroles, prononcées par l’arbitre Tim Peel à micro ouvert durant le duel entre Predators et Red Wings, mardi soir, auront été ses dernières dans la Ligue nationale.

À moins de cinq minutes du début du deuxième engagement, Peel a sorti le sifflet afin d’envoyer au cachot Viktor Arvidsson, pour avoir supposément fait trébucher John Merrill. 

La décision a vite semblé douteuse, ce qui a mené quelques instants plus tard à la justification toute aussi douteuse de l’officiel de 23 années d’expérience dans la LNH.

En matinée, la ligue n’a pas tardé à réagir en indiquant par le biais d’un communiqué que Peel ne serait plus en fonction. «Rien n’est plus important que l’intégrité de notre sport», a martelé le vice-président exécutif aux opérations hockey, Colin Campbell.

La sanction a généré toutes sortes de discussions. Là où les uns estiment que la ligue aurait pu se montrer plus clémente, d’autres y voient une punition justifiée. C’est le cas de l’attaquant des Predators Matt Duchene, qui s’est exprimé sur le sujet via ESPN.

«Ce qui est le plus fou dans tout ça, c’est qu’il (Peel) a fait ses commentaires en s’adressant à Filip Forsberg sur notre banc. C’est bizarre et ça ne peut pas se produire. Imaginez un scénario où Detroit marque sur cet avantage numérique, qu’on perd le match et qu’ensuite on rate les séries par un point. Il n’y a pas de place pour ça au hockey.»

«On ne peut pas punir une équipe seulement parce qu’elle a obtenu plus d’avantages numériques. J’espère que ce n’est pas une tendance chez d’autres officiels et certains soirs, il y a de quoi être sceptique», s’est-il exprimé.

L’erreur est humaine 

Pour l’ancien arbitre et maintenant analyste à TVA Sports, Stéphane Auger, la LNH devait sévir, mais la sanction demeure sévère. Loin de lui l’idée de laisser croire que Peel n’est pas un officiel intègre.

«C’est sûr que son commentaire à micro ouvert laisse place à interprétation. Je comprends la réaction de la ligue de vouloir se protéger.

«Dans la LNH maintenant, il y a des micros partout. Les arbitres le savent et ils doivent être en contrôle de leurs émotions tout le temps. On s’est retrouvé avec un gars qui a pris une mauvaise décision et qui ne l’a pas défendue avec les bons mots, ni dans le bon moment. Je n’irais pas jusqu’à questionner son intégrité. Ça reste un être humain avec une famille, qui vit la pire journée de sa carrière», a déploré celui qui l’a côtoyé dans le grand circuit pendant de nombreuses saisons.

Une fausse perception 

Auger se dit bien sûr conscient que chez les joueurs comme chez les amateurs, plusieurs concluent que les arbitres tentent d’égaliser les chances des deux équipes en leur décernant sensiblement le même nombre de punitions. Il assure qu’il n’en est rien.

«Je dis souvent aux gens qu’on n’a pas un sac de billes dans les poches pour remettre le même nombre de billes à chaque équipe à la fin d’un match. Tu as une fraction de seconde pour décerner une pénalité et tu ne vois pas toujours bien. Avec tous les angles de caméras imaginables aujourd’hui, des fois tu vois une reprise et tu te dis que cette décision-là, tu la reverrais peut-être.»

Même si dans le cas de Tim Peel, le geste commis par Arvidsson n’avait pas lieu d’être puni, inutile d’y voir une grande conspiration, selon Auger.

«Il a arbitré 1353 matchs dans la LNH. Il a été embauché en 1999. Il devait prendre sa retraite l’an passé et ils l’ont prolongé d’un an. Tu ne peux pas faire 23 ans dans une business et être tout croche! Il y a toujours des épisodes de controverse dans une carrière d’arbitre. S’il avait été un arbitre qui n’est pas intègre, il n’aurait jamais duré aussi longtemps. Sauf qu’il faut être plus blanc que blanc», a ajouté celui qui a lui-même été d’office pour 800 matchs dans la LNH.

Il est à noter qu’à l’origine, avant son congédiement, Peel devait savourer la retraite après son dernier match prévu au calendrier, le 24 avril prochain.