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Un premier titre de la WTA pour Fernandez!

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Leylah Annie Fernandez est devenue lundi la première Québécoise depuis Eugenie Bouchard en 2014 à remporter un titre de la WTA en simple quand elle a vaincu la Suisse Viktorija Golubic en deux manches de 6-1 et 6-4 au tournoi de Monterrey.

Le Mexique est une terre fertile pour la Lavalloise de 18 ans, qui n’a pas perdu une seule manche pendant sa semaine fructueuse.

Elle verra son nom occuper le 69e rang quand le nouveau classement mondial du tennis féminin sera publié lundi.

Fernandez, qui avait amorcé son parcours au 88e échelon avant le début de la compétition, disputait sa deuxième finale depuis qu’elle a rejoint les rangs professionnels il y a deux ans.

Au tournoi d’Acapulco, toujours au Mexique, en février 2020, elle s’était inclinée en trois manches devant la Britannique Heather Watson, lors de la confrontation ultime.

S’exprimant en espagnol, sa première langue, la gagnante a tenu à remercier son entourage, principalement ses parents, qui l’ont initiée au tennis.

«Les mots me manquent pour exprimer ce que je ressens présentement, a dit Fernandez sur la tribune d’honneur. Sans mon père et ma mère, je ne serais pas ici à vous parler. Je leur dois tout.»

Première manche expéditive

Face à Golubic, 102e raquette mondiale et qui n’avait pas perdu un seul set elle non plus à Monterrey, Fernandez s’est bien ressaisie après un premier jeu chancelant où, sur son service, elle a survécu à une balle de bris au terme d’un débat qui a duré 10 minutes.

Ç’a été le seul moment d’inquiétude pour Fernandez, qui a ensuite pris les devants 5-0 avant de concéder un jeu – le seul de la première manche – à sa rivale de 10 ans son ainée. Fin de la discussion après seulement 38 minutes.

À la deuxième manche, la gagnante a été moins moins dominante, mais jamais ébranlée.

À 4-4, Fernandez a assommé sa rivale en convertissant une deuxième balle de bris pour s’emparer des commandes pour de bon.

Au jeu suivant, la première balle de match a été la bonne après 89 minutes. Fernandez est la troisième Québécoise à remporter un titre de la WTA en simple.

Respirations profondes

Bouchard s’était imposée au tournoi de Nuremberg, en Allemagne, en mai 2014. Aleksandra Wozniak l’avait précédée en juillet 2008 à Stanford, en Californie.

Même si la compétition de Monterrey est une compétition de statut «250» et dont la bourse décernée à la gagnante n’était que 16 398 dollars américains, Fernandez ne peut que se réjouir de sa performance.

«Après le match, j’ai vu tous les dignitaires se présenter sur le terrain et les trophées... Je me suis assise, j’ai pris quelques respirations profondes et puis j’ai réalisé que j’avais gagné», a raconté Fernandez.

«Ce qui m’attriste un peu, c’est que ma famille n’est pas ici pour célébrer avec moi. Je suis toutefois heureuse que le travail ardu et les sacrifices que nous avons faits depuis le début portent leurs fruits.»

«J’espère qu’il y aura beaucoup d’autres titres et que mes proches seront à mes côtés les prochaines fois.

«J’ai simplement essayé de me dire que c’était un match comme les autres », a-t-elle ajouté. Je voulais me concentrer sur mon jeu, exécuter mon plan de match.»

«Je pense que tout fonctionnait bien dans les moments importants, Je suis heureuse de la façon dont je me suis comportée dans le moment présent sans me laisser déconcentrer.»

Éloges de Lapierre

Eugène Lapierre a été un témoin privilégié de cette victoire historique de la jeune Québécoise.

«J’ai suivi son match à la télé du début à la fin, a raconté le directeur de l’Omnium Banque Nationale, en entrevue au Journal. Elle a joué un superbe tournoi. En finale, elle a su élever son niveau de jeu, surtout en première manche. Cette fille a tellement progressé depuis quelques années.»

«Je pense qu’elle a ce qu’il faut, a-t-il renchéri, malgré sa petite taille [5 pi 4 po]. Ses services atteignent les 100 milles à l’heure et elle attaque constamment. Elle ne se limite pas à remettre la balle en jeu.»

«Elle développe le point et elle possède tous les atouts pour réussir. Elle varie son jeu, dépose des amortis et monte au filet. Son jeu est complet. Et tout ça à 18 ans. Ça n’arrive pas souvent.»