Crédit : Photo d'archives, Agence QMI (Mario Beauregard)

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Boxe: Bons baisers de Russie

Publié | Mis à jour

Après la conquête de sa première ceinture en 2017, Artur Beterbiev avait informé son entraîneur Marc Ramsay de son désir de se battre en Russie un jour. 

Un rêve qui deviendra réalité samedi alors qu’il croisera le fer avec l’Allemand Adam Deines à Moscou.

C’est un projet qui a mis plusieurs années à se concrétiser. Lorsqu’il est devenu champion, Beterbiev voulait affronter Sergey Kovalev dans un combat d’unification qui aurait pu être présenté en Russie. Ça ne s’est jamais concrétisé.

Beterbiev a poursuivi sa route. Il a continué de faire des ravages chez les mi-lourds et il est devenu champion unifié. Puis, à l’instar des autres boxeurs de l’élite, la pandémie a modifié ses plans.

Toutefois, elle a permis à Beterbiev de remettre son projet des dernières années sur les rails.

Samedi, dans un aréna rempli à 50 % de sa capacité en raison des mesures sanitaires, il pourra monter sur le ring devant ses partisans pour la première chez les pros.

«C’est sûr que ça sera spécial, a souligné Artur Beterbiev dans un entretien avec “Le Journal de Montréal”. Même si la foule criera mon nom, je devrai conserver ma concentration sur le travail que j’ai à faire dans le ring contre Deines.»

«Fidèle à mon habitude, je ne ferai pas de prédiction. Si le knock-out se présente, ce sera tant mieux.»

Camp dans les monts du Caucase

Beterbiev a également tenu son camp d’entraînement en Russie. Il a pu s’entraîner dans les installations de l’équipe nationale olympique.

Un endroit que le Montréalais d’origine tchétchène a fréquenté à plusieurs reprises dans le passé. Cette fois, au lieu de prendre la direction de Montréal, ce sont ses entraîneurs Marc Ramsay, Luc-Vincent Ouellet et Andre Kulesza qui sont allés le rejoindre.

«C’était quelque chose d’important pour lui, a mentionné Ramsay. Au point de vue logistique, ils n’ont rien à envier à ce qu’on fait à Montréal.»

«Le centre était idéal pour un camp d’entraînement. Tout ce que tu peux faire, c’est manger, dormir et t’entraîner.»

Le site était situé à plus de deux heures de vol de Moscou.

«Au Canada, c’est comme si on avait fait le camp à Winnipeg et que le combat était à Montréal. C’est vraiment deux mondes. D’un côté, tu as Moscou qui est une grosse métropole et de l’autre, le site d’entraînement était dans un coin reculé dans les montagnes.»

Au départ, le trio de Québécois a atterri à Grozny, la capitale de la Tchétchénie. Ils ont été agréablement surpris par la ville qui a été reconstruite après avoir été détruite par la guerre dans les années 90.

Par la suite, il a pris la direction de l’Elbrouz, où est situé le centre d’entraînement.

«C’était assez folklorique. Il y avait plusieurs postes de vérification avec des militaires où tu dois présenter tes papiers. Tu te sens vraiment comme dans le film Rocky IV!»

Un dossier à la fois

Pour revenir à Beterbiev, il souhaite toujours unifier tous les titres des mi-lourds. Celui qui possède déjà les ceintures WBC et IBF aimerait bien mettre la main sur les deux autres couronnes dans les plus brefs délais.

Celle de la WBO sera remise après le duel entre Joe Smith et Maxim Vlasov, le 10 avril.

On peut penser que Top Rank aimerait organiser un combat entre le gagnant de ce choc et Beterbiev dès l’automne prochain.

Par la suite, la dernière qui serait à conquérir serait celle de super champion de la WBA qui appartient à Dmitry Bivol. Le Russe n’a pas monté sur le ring depuis octobre 2019.

«Artur a un plan précis en tête, a souligné Ramsay. On y va un combat à la fois. On ne nomme pas de noms. Par contre, il faut préciser que ce n’est pas nous qui ralentissons les affaires.»

Le combat Beterbiev-Deines devrait avoir lieu vers 16 h, heure de Montréal. Les amateurs pourront le suivre à RDS.

Attention à Deines

Plusieurs observateurs croient qu’Artur Beterbiev (15-0, 15 K.-O.) ne fera qu’une bouchée d’Adam Deines (19-1, 10 K.-O.) lorsque la cloche sonnera au Khodynka Ice Palace de Moscou samedi. Par contre, pas question pour le champion unifié de sous-estimer celui qui est classé cinquième à l’IBF. Ce n’est pas dans sa nature.

D’ailleurs, Beterbiev s’est impatienté cette semaine après avoir été questionné sur les minces chances de Deines de l’emporter contre lui. Un journaliste a même sous-entendu que l’Allemand se présentera dans le ring pour faire de la figuration.

«Tout le monde peut critiquer les boxeurs, mais peu d’entre eux ne pourraient se défendre contre un boxeur», a répondu Beterbiev. Il en a ajouté lors de son entretien avec Le Journal.

«J’ai toujours eu un immense respect pour mes adversaires, a-t-il mentionné. Ce n’est pas professionnel de questionner le talent de ceux qui montent dans le ring. Il faut avoir du courage pour le faire.»

Ramsay méfiant

Pour sa part, son entraîneur Marc Ramsay est sur ses gardes à l’approche d’un combat où son poulain est largement favori. Ce n’est pas différent avec Deines. L’Allemand est le premier gaucher que Beterbiev affronte depuis 2015. À ce moment-là, il avait affronté Alexander Johnson à Chicago.

«Personne ne le voit gagner. C’est un boxeur qui n’a rien à perdre, a souligné Ramsay. C’est ça qui le rend dangereux.»

«Comme on le sait, à la boxe, un coup de poing peut changer l’allure d’un combat. C’est pour cette raison qu’Artur devra être concentré sur le boulot qu’il a à faire dans le ring.»

Au cours des derniers jours, les journalistes et les analystes russes ont passé leur temps à dénigrer Deines.

Même si le champion unifié est fort entre les deux oreilles, cette situation peut représenter un piège pour lui. À se faire dire qu’il aura un combat facile, il pourrait finir par le croire. 

On peut compter sur ses entraîneurs Marc Ramsay et Luc-Vincent Ouellet pour le garder dans sa zone jusqu’au combat.