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Un boxeur à l'hôpital après un combat modifié à la dernière minute

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Un boxeur a passé la nuit à l’hôpital après avoir disputé un combat de six rounds, deux de plus que ce qui était prévu dans son entente, lors du gala du Groupe Yvon Michel (GYM) présenté mardi soir à Québec.

Alexandre Roberge a souffert de déshydratation après avoir livré une guerre à Francis Charbonneau en ouverture de gala. Une situation qui a soulevé certaines interrogations quant à la sécurité des deux athlètes.

On a tenté de comprendre les raisons derrière ce changement de dernière minute qui a été approuvé par la Régie des alcools, des courses et des jeux.

En raison de l’annulation de deux combats dans un délai rapproché, le promoteur Yvon Michel s’est retrouvé avec une carte qui en comptait cinq. Il avait besoin d’une solution pour éviter de longues pauses entre chaque affrontement.

Lors d’un appel téléphonique, son copromoteur Yan Pellerin lui a suggéré d’ajouter deux rounds à un combat sur la carte. Sa première tentative a été vaine avec Sébastien Bouchard et Mario Perez.

Pellerin s’est alors tourné vers Roberge et Charbonneau.

«Ma demande a été amicale, car je les connais bien tous les deux, a expliqué Pellerin lorsque contacté par "Le Journal de Montréal", mercredi. Je ne leur ai pas imposé de se battre dans un six rounds. Ils ont accepté ma proposition sans aucune pression.»

En raison de la pandémie, Charbonneau et Roberge n’ont pas eu un camp d’entraînement optimal, selon nos informations. Les deux athlètes étaient bien conscients qu’ils pourraient manquer d’énergie lors de ces deux rounds supplémentaires.

La Régie approuve

Mardi après-midi, la demande de Pellerin a été approuvée par le représentant de la Régie, Jean Douville. Est-ce que le responsable aurait pu la refuser pour protéger les boxeurs contre eux-mêmes?

«Il n’y a pas de contravention à notre réglementation, a mentionné la porte-parole de la Régie des alcools, des courses et des jeux, Joyce Tremblay. L’entente a été conclue de bonne foi entre les deux pugilistes et monsieur Douville avait le pouvoir de l’accepter. Ce n’est pas un précédent.»

Selon l’article 152 des règlements, il n’y a rien qui stipule que Charbonneau (trois combats) et Roberge (un combat) ne pouvaient pas disputer un duel de six rounds malgré leur expérience limitée chez les professionnels.

Le contrat de la Régie entre les deux parties a été modifié. La Régie ne s’est pas opposée à ce combat de six rounds pour deux raisons. Les deux boxeurs ont accepté le changement. Puis, dans un deuxième temps, les deux athlètes étaient du même calibre.

Le combat a été remporté par Charbonneau par décision partagée. Quelques instants après avoir rencontré les médecins de la Régie, Roberge fait une chute de pression en raison de la déshydratation.

Roberge à l’hôpital

Par mesure préventive, il a été transporté à l’hôpital, où il a passé la nuit en observation. Le pugiliste de 39 ans a obtenu son billet de sortie mercredi matin.

«J’ai accepté, mais j’aurais dû dire non, a souligné Roberge. Je savais bien quel type de camp d’entraînement j’avais connu. Il n’était pas optimal et j’ai dû couper une douzaine de livres pour respecter la limite de 224 livres.

«En raison de notre âge et de notre condition physique, j’étais sûr que la Régie allait refuser la demande. Par contre, une fois qu’elle était acceptée, je ne pouvais plus reculer.»

Est-ce que la longueur du combat a eu un impact sur son état de santé? Non. Par contre, les conditions sur le ring étaient suffocantes en raison de l’humidité de la piscine et de la chaleur des projecteurs.

«Elles ne m’ont pas aidé, a confirmé Roberge. Ça brûlait à l’intérieur.»

En plus de leur bourse de départ, Charbonneau et Roberge ont reçu un boni de la part de Pellerin pour leur surplus de travail.

Charbonneau et Roberge se sont déjà entendus pour un combat revanche dans les prochains mois. Cette fois, ils voudront avoir un vrai camp d’entraînement. Et ce sera un duel... de six rounds.