Les joueurs du CH en trois catégories

Jonathan Bernier
Partager
Le Canadien de Montréal vient de franchir le plateau de la mi-saison. Vingt-huit matchs ponctués de hauts et de bas.
- À lire aussi: Rutherford a tenté de rapatrier Fleury
- À lire aussi: «J'essaie de ne pas voir trop loin...»
Comme c’est le cas chaque année, certains joueurs répondent aux attentes, d’autres déçoivent. D’autres encore ont suivi le courant dicté par l’équipe.
La marée haute
Tyler Toffoli
Au cours de la première moitié de saison, il a inscrit autant de buts que Connor McDavid (17). Celui qui semblait avoir la touche seulement contre les Canucks de Vancouver dans les premières semaines du calendrier fait maintenant bouger les cordages sur une base régulière. S’il poursuit au même rythme, il terminera la campagne avec 34 buts, ce qui surpasserait par trois buts sa marque personnelle établie en 2015-2016, sur une saison de 82 matchs. Un excellent coup du directeur général Marc Bergevin.
Josh Anderson
On se demandait s’il était complètement remis de la blessure et de l’opération à une épaule qui lui a fait rater la majeure partie de la dernière saison. Après un an d’inactivité, il a confirmé que malgré son gabarit, il a un coup de patin bien au-delà de la moyenne. Il fonce comme un train en zone adverse et applique une pression qui force les défenseurs adverses à se débarrasser de la rondelle. Dominique Ducharme aime bien l’utiliser pour amorcer la rencontre, question de donner le ton au match.
Jeff Petry
Il domine les défenseurs de la Ligue nationale de hockey (LNH) avec 11 buts. Il produit à un rythme qu’on n’avait pas vu chez les arrières du Canadien depuis Georges Mantha, en 1937-1938. Il est devenu le principal quart-arrière de l’attaque massive du Tricolore. À un certain moment, on voyait en lui un candidat pour le trophée Norris. Les erreurs qu’il commet en défense pourraient toutefois lui coûter sa candidature.
Jonathan Drouin
Il a connu un début de saison à l’image de celui de l’automne 2019. Ceux qui lui ont reproché sa faible production de buts (deux) oublient qu’il est le meilleur fabricant de jeu de l’équipe. Beaucoup plus impliqué dans les aspects du jeu défensif que par le passé, Drouin a atteint un autre niveau depuis que Dominique Ducharme, son entraîneur chez les Mooseheads de Halifax, a pris les rênes de l’équipe. Il est plus créatif avec la rondelle et craint moins de se la faire soutirer en zone adverse.
Mentions
Corey Perry | Brendan Gallagher | Joel Edmundson
Entre deux eaux
Jake Allen
Vainqueur dans quatre de ses cinq premiers départs, il a tenu le coup pendant que Carey Price traversait l’une des pires périodes de sa carrière. Il a rempli le mandat que Marc Bergevin lui avait confié en faisant son acquisition. Toutefois, il n’a pas savouré la victoire depuis plus d’un mois (0-2-3). Vrai qu’il a été victime de l’incapacité de ses coéquipiers à marquer en prolongation. Par contre, d’une séquence à l’autre, son taux d’efficacité est passé de ,940 à ,905 et sa moyenne de buts alloués de 1,81 à 2,73.
Phillip Danault
De son propre aveu, les négociations en vue de son prochain contrat ainsi que le rôle redéfini que lui a présenté Claude Julien ont affecté son début de saison. Le Québécois n’a jamais été un marqueur prolifique, mais le fait qu’il ait dû patienter jusqu’au 25e match de la saison pour inscrire son premier but dénote une carence en attaque. À l’inverse, il est encore l’homme de confiance de l’entraîneur pour les missions défensives comme l’infériorité numérique et les mises en jeu importantes. D’ailleurs, il semble plus à l’aise depuis que Ducharme a coupé les effectifs qu’il utilise à court d’un homme.
Jesperi Kotkaniemi
Il a connu une demi-saison pour le moins irrégulière. Le voyant perdu dans son territoire et manquant de confiance en zone adverse en début de saison, on se demandait où était passé le grand joueur de centre qui avait émerveillé tout le monde par son aplomb dans la bulle torontoise, lors des séries éliminatoires. Depuis le début de mars, il est un tout autre joueur. Il a récolté six points à ses huit derniers matchs. Son implication physique et son positionnement offrent à son trio des occasions de marquer. La régularité vient avec l’âge. On a tendance à l’oublier, mais bien qu’il dispute sa troisième saison dans la LNH, il demeure, à 20 ans, l’un des plus jeunes joueurs du circuit.
Nick Suzuki
Le jeune joyau du Canadien en attaque a éprouvé les mêmes ennuis de régularité que son coéquipier finlandais. Il est toujours aussi créatif avec la rondelle et se classe parmi les meilleurs pointeurs de l’équipe, mais sa production vient par séquences. De son côté, pour inverser la tendance, une plus grande efficacité dans le cercle des mises en jeu serait un gros atout. Depuis le début de la saison, il n’a remporté que 43,1 % de ses duels.
Mentions
Ben Chiarot | Brett Kulak | Alexander Romanov | Jake Evans
La marée basse
Carey Price
Il a connu l’un des pires creux de vague de sa carrière. Au cours des six premières semaines d’activité, il pointait parmi les pires gardiens du circuit avec une moyenne de buts alloués de 3,13 et un taux d’efficacité de ,888. Quatre fois sur 10, au cours de cette période, il a accordé au moins cinq buts. Cela a directement contribué au congédiement de Stéphane Waite, son complice des huit dernières saisons. Il semble avoir replacé sa barque puisqu’il a limité l’adversaire à huit buts à ses cinq derniers matchs.
Shea Weber
Son leadership est indéniable et il demeure l’un des deux joueurs les plus utilisés de l’équipe. Cependant, chaque saison qui passe semble lourde pour les jambes du capitaine. La rapidité des attaquants de la division Nord, particulièrement ceux des Oilers et des Maple Leafs, affiche au grand jour ses lacunes sur le plan de la mobilité. De plus, son impact est beaucoup moins grand sur l’attaque massive. Depuis le 1er février, son unité n’a marqué que trois buts (contre six pour celle de Petry).
Tomas Tatar
Sa production a grandement ralenti cette saison. Sur une campagne de 82 matchs, les cinq buts qu’il a marqués jusqu’à maintenant l’amèneraient à un total de 15 en fin de saison. Il s’agirait de sa plus mince contribution depuis les 19 buts qu’il avait inscrits à son premier hiver complet dans la LNH. L’insatisfaction à son égard a même incité Claude Julien à lui faire visiter la passerelle lors de la visite des Leafs, le 13 février. Un affront que le Slovaque n’avait jamais vécu en saison régulière.
Artturi Lehkonen
Le Finlandais a été laissé de côté dans 7 des 12 derniers matchs de l’équipe. Et ce n’est pas un hasard. Bien qu’il n’ait jamais été reconnu pour ses habiletés offensives, Lehkonen n’a inscrit que deux buts cette saison. Il a été blanchi de la feuille de pointage lors de ses 12 derniers matchs. Or, dans le quatrième trio, Ducharme lui préfère la polyvalence de Paul Byron et l’utilité de Corey Perry en supériorité numérique. Et contrairement à Jake Evans, il ne joue pas au centre.
Mentions
Victor Mete | Joel Armia | Paul Byron