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Golf

Domination anglaise au Championnat des joueurs

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Lee Westwood joue son meilleur golf depuis 18 mois. Sa recette ? Il accorde moins d’importance aux résultats et s’assure d’avoir du plaisir. C’est exactement ce qu’il a fait, vendredi, sur le Stadium Course en deuxième ronde du Championnat des joueurs de la PGA.

L’Anglais de 47 ans a dominé le parcours en spectaculaires conditions par une autre splendide journée ensoleillée dans le nord-est de la Floride.

Avec sa carte de 66 (-6), l’une des meilleures de la journée, il a pris les commandes du tournoi à l’aube des rondes du week-end. Il n’a commis aucune bavure coûteuse. Son jeu court lui a permis d’amasser six oiselets. Avec son dossier cumulatif de -9, il détient une avance d’un coup sur son compatriote Matthew Fitzpatrick et de deux coups sur Sergio Garcia et Chris Kirk.

Il mène ce tournoi après 36 trous pour la troisième fois de sa carrière. En 2005, une troisième ronde catastrophique de 80 avait anéanti ses espoirs. En 2010, il avait finalement pris le quatrième échelon.

Cadence

La semaine dernière, lors de l’Invitation Arnold Palmer, il était en excellente position après 54 trous à Bay Hill. Il n’avait toutefois pas complété la besogne. Le voilà à nouveau dans le siège conducteur moins d’une semaine plus tard.

«La bonne chose, c’est que je ne laisse pas ce qui s’est produit le week-end dernier m’affecter négativement. Je n’ai pas senti de lendemain de veille. Je retiens le positif et mes bons coups. C’était une bonne expérience et je vois que j’ai pu l’amener dans mes deux premières rondes ici.»

Travaillant avec un psychologue depuis quelques années, Westwood a expliqué ne plus s’en faire avec ses performances. Ce qui retient son attention, c’est son processus et son attitude.

«Je me préoccupe encore de mes performances, c’est ce qui me pousse à travailler encore plus fort que je ne l’avais jamais fait. Mais je ne me préoccupe pas de ce qui est hors de mon pouvoir, a insisté l’homme aux 44 victoires professionnelles en carrière. Ce qui m’importe, c’est ce que je peux faire et m’assurer d’avoir du plaisir.»

Voilà Bryson!

Certains grands sages prétendent qu’une bonne ronde peut débuter par un gros chiffre au premier trou. Bryson DeChambeau n’était pas le plus heureux, vendredi, mais il en a fait la preuve avec un double boguey dès son départ au 10e. Il s’est ressaisi en additionnant cinq moineaux jusqu’au fanion final. Il a finalement remis une deuxième carte de 69 (-3), occupant ainsi le cinquième rang à égalité avec cinq autres golfeurs à -6.

Pourtant, il a raconté qu’il se sentait bien à son échauffement. «C’est certainement frustrant d’amorcer de si mauvaise façon. Je ne m’y attendais pas, car je frappais très bien à l’entraînement. Mais dès le départ, j’ai frappé ma balle partout et je me suis mis dans le pétrin jusqu’au vert. Ça ne met surtout pas en confiance. Je n’étais pas à l’aise.

«Mais j’ai réussi à me calmer rapidement, a enchaîné celui qui a réalisé un oiselet dès le trou suivant. Je suis satisfait, car je suis au plus fort de la lutte. J’ai joué souvent de chances. Je ne crois pas que ce sera le cas ce week-end.»

Parmi les corrections à apporter dans son jeu, le puissant cogneur âgé de 27 ans doit améliorer sa précision des tertres. «Ainsi, je n’aurais pas à me fier à la chance pour me sortir d’impasse. Je dois frapper ma balle dans les allées.»

Effectivement, car il présente un maigre taux de précision de 42,86 % des tertres, et ce, même s’il doit souvent laisser son monstrueux bois de départ dans son sac.

Constance à retrouver

La semaine dernière, lors de sa victoire à Bay Hill, il avait maîtrisé ses coups de départ. Une touche qu’il a perdue à Sawgrass. Serait-ce un problème d’exécution, de stratégies, de trajectoires, ou tout simplement l’inconfort?

«C’est sans aucun doute un problème d’exécution. Je ne suis pas assez constant à l’impact, a expliqué celui surnommé le “Mad Scientist”. Si je ne parviens pas à trouver une manière d’être plus efficace et constant, ce sera une bataille tout le week-end. Si je la trouve, ce serait bénéfique.»

À égalité au tableau avec DeChambeau, Denny McCarthy a réussi l’un des faits saillants de la journée. Muni d’un fer 8 sur la normale 3 du 3e fanion placé à 164 verges, il a réalisé son premier trou d’un coup sur le circuit de la PGA. Il est le cinquième dans l’histoire à réaliser l’exploit à cet endroit. Un peu plus tard, Brendon Todd a fait pareil au 8e trou avec un bois 5 sur une distance de 213 verges.

  • À l’instar de la veille, 19 golfeurs n’ont pu terminer leur ronde en raison de la noirceur. Ils la compléteront samedi matin.
  • Avec son dossier cumulatif de +10, le champion en titre Rory McIlroy ne résistera pas au couperet qui devrait tomber à égalité avec la normale. Il devient ainsi le 10e défendant depuis 1974 à être exclu des rondes finales. Rickie Fowler était le dernier en 2016.