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CH: une chasse au «scoop» jusqu'en Guadeloupe

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Être une femme dans le monde des médias sportifs. Voilà une perspective d’emploi qui a bien évolué au cours des dernières décennies.

Si plusieurs, comme les journalistes de TVA Sports Elizabeth Rancourt et Frédérique Guay, sont bien enracinées dans la meute médiatique montréalaise de nos jours, le milieu offrait naguère son lot de défis à celles qui aspiraient à une telle carrière devant la caméra ou derrière le micro.         

Dans les années 1970 et 1980, Liza Frulla et Danielle Rainville ont trimé dur pour y arriver. Et ces femmes en or ont ouvert des portes pour une génération de journalistes d’ici.

«Ça n’aurait pu être mieux comme parcours selon les objectifs que je m’étais fixés», de dire Mme Rainville, ancienne animatrice à la radio et descriptrice de matchs, à «JiC», vendredi, sur les ondes de TVA Sports.

CH : une femme parmi des hommes         

Ex-journaliste sportive au Journal de Montréal et première femme affectée à la couverture des Canadiens de Montréal, Mme Frulla a tenu à souligner l'accueil et l’ouverture de bon nombre de collègues de la presse lorsqu’elle était prête à tout pour exercer son métier de rêve.

«On appelle ça la naïveté de l’innocence. Je suis rentrée là parce que je voulais faire ça. Je ne trouvais pas ça normal que je ne puisse pas y être pour apprendre, raconte-t-elle. Réjean Tremblay, Yvon Pedneault, Claude Mailhot et Bertrand Raymond ont été formidables.»

D’après ses dires, l’entraîneur-chef du Tricolore de l’époque, Scotty Bowman, acceptait mal qu’une femme se trouve dans la délégation de reporters sur le beat, déclarant que «les journalistes ont amené leur lunch».

«Ces hommes m’ont beaucoup aidé à passer au travers tout ça.»

Jean Perron : un «scoop» au Club Med         

Mme Rainville a animé des émissions de lignes ouvertes à Québec et Montréal. Pendant des vacances en Floride, une bombe tombe à Montréal : Jean Perron est congédié.

L’entraîneur-chef du CH était alors en Guadeloupe et les patrons de la vedette de CKAC lui ont demandé de se rendre au Club Med où il séjournait afin d’obtenir le scoop.

«Ils m’ont sortie de mes vacances et m’ont dit "va t’acheter un magnétophone chez Sears et rends-toi là-bas pour lui demander si c’est vrai", a-t-elle expliqué. 

À son arrivée dans la salle de spectacle, Perron «chantait "Haut les mains" avec sa femme» et celle-ci a demandé aux agents de sécurité de l’expulser. Même si elle craignait pour sa vie dans les rues de la Guadeloupe, elle est parvenue à obtenir la primeur le lendemain.

«Ce n’est pas une fierté dans mon parcours...», admet celle qui ne referait pas le coup si c’était à refaire.

Ci-dessus, voyez les témoignages de Danielle Rainville et Liza Frulla à «JiC» sur les ondes de TVA Sports.