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Crédit : PHOTO COURTOISIE, DAVE HOLLAND

Hockey

«Le hockey féminin est un produit exceptionnel»

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Au printemps 2019, plus de 200 des meilleures joueuses de hockey au monde ont choisi de mettre fin à leurs activités, afin de réclamer une vraie ligue professionnelle féminine où les athlètes pourraient uniquement se concentrer sur leur discipline.

Sans la pandémie de COVID-19, une telle ligue existerait-elle aujourd’hui? Mélodie Daoust croit que oui. 

«C’est quelque chose sur lequel nous n’avions aucun contrôle. Tout le monde est dans le même bateau. C’est plate, parce que le rythme que nous avions après le dernier match des étoiles [de la Ligue nationale de hockey en 2020, où des joueuses ont performé] était très fort. Nos conversations avec la LNH étaient super bonnes et la pandémie est survenue...», affirme celle qui évoluait pour les Canadiennes de Montréal dans la défunte Ligue canadienne de hockey féminin.

Lors d’un récent entretien téléphonique, Daoust a révélé que le plan de l’Association des joueuses (PWHPA) était toujours d’obtenir une entente avec la LNH pour financer les activités d’un circuit où les hockeyeuses n’auraient pas à occuper un autre emploi pour subvenir à leurs besoins.

«Nous discutons beaucoup avec la LNH. Nous nous basons sur le modèle de la WNBA, qui est en partenariat avec la NBA. Je crois que notre plan A, c’est d’avoir la LNH avec nous. Si cela arrive, je pense que ça arrivera tout de suite après les Jeux olympiques. Nous avons toutefois besoin d’une réponse le plus rapidement possible, pour nous permettre de nous revirer de bord si jamais elle n’est pas intéressée.»

En 2022? 

Il n’y a d’ailleurs pas seulement la pandémie qui met des bâtons dans les roues de la PWHPA. Il y aura des Jeux d’hiver à Pékin l’an prochain, ce qui signifie que les meilleures joueuses au monde seront non disponibles pour l’entièreté de la saison 2021-2022.

«Ce serait difficile de commencer une ligue sur ces bases-là et c’est pour ça que je parle plus de septembre 2022.»

Considérant aussi les impacts économiques de la pandémie, peut-être que la LNH sera plus ouverte à financer son penchant féminin si les dépenses surviennent un peu plus tard. Bénéficier également de l’engouement d’un tournoi olympique ne peut pas nuire.

«Le hockey féminin, c’est un produit exceptionnel. Nous le voyons aux Jeux olympiques, avec nos cotes d’écoute, clame Daoust. C’est fou de dire que les gens ne nous connaissent même pas, qu’ils nous voient juste une fois aux quatre ans et que nous ayons des chiffres comme ceux-là.»

L’importance de la visibilité 

Parlant de télévision, Daoust a ajouté une nouvelle corde à son arc en décembre dernier, puisqu’elle a été embauchée comme analyste au réseau TVA Sports.

Consciente qu’elle est l’une des rares privilégiées à pouvoir vivre «du hockey», l’olympienne de 29 ans croit que sa présence sur les ondes peut faire une différence.

«Ça va ouvrir des portes, comme Danièle Sauvageau et Chantale Machabée l’ont fait avant moi, exprime-t-elle. Ce sont des femmes qui ont passé par là avant moi. Je veux d’abord montrer aux femmes et aux jeunes filles que c’est possible d’être une joueuse professionnelle au hockey et qu’il est aussi possible de faire carrière dans les médias sportifs. On ne sait jamais l’impact qu’on peut avoir une autre personne. Si je suis capable d’accomplir cela, je pense que c’est une bonne chose pour faire avancer la mentalité des gens et le mouvement féministe.»

Si elle est entre autres appelée à commenter les activités de la LNH dans ses nouvelles fonctions, Daoust n’a pas peur de prêcher pour sa paroisse.

«Je crois en notre produit, j’y crois vraiment beaucoup. Je suis là pour en parler quand j’en ai l’occasion.»

Elle est même persuadée que le succès d’une éventuelle ligue de hockey féminine professionnelle se devra de passer par le petit écran.

«L’important, ce n’est pas seulement que nous ayons une ligue, mais qu’on nous voit à la télévision jour après jour et qu’on parle de nous comme on parle du Canadien de Montréal», croit la patineuse.

«C’est une question de visibilité. Pour obtenir du succès, les gens doivent comprendre ce qu’est le hockey féminin et qu’ils deviennent des partisans.»