Crédit : DIDIER DEBUSSCHERE/JOURNAL DE QUEBEC

Boxe

«Je n’ai aucun regret» - Dicaire

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Marie-Ève Dicaire a tout donné dans le ring du Dort Federal Event Center vendredi soir, mais ce ne fut pas suffisant pour venir à bout de l’excellente Claressa Shields.

Une défaite par décision unanime dans laquelle la Québécoise (17-1) a fait preuve de beaucoup de cran et de courage. Toutefois, lorsqu’on affronte la meilleure boxeuse «livre pour livre», ça ne te permet pas de gagner des rounds et le combat.

Dicaire a montré qu’elle possède un excellent menton. À chacune de ses attaques, elle se faisait accueillir par une pluie de coups de puissance de Shields.

L’Américaine (11-0, 2 K.-O.) a dominé le rythme du combat du début à la fin. On a assisté à une nette domination de sa part au chapitre des coups qui ont atteint la cible (116 contre 31).

«Je n’ai aucun regret, a indiqué Marie-Ève Dicaire après le combat. J’ai fait tout ce que je pouvais et je n’aurais pu rien faire de plus lors de mon camp.»

«Je ne fais pas de la boxe pour avoir une fiche immaculée, mais pour relever des défis. Je voulais affronter la championne pour prouver à tout le monde que j’en étais une.»

Contre Shields, la Québécoise est allée à l’école durant ce duel de 10 rounds. Elle a appris des leçons qui pourraient l’aider dans la suite de sa carrière.

«Ce combat va me servir de tremplin, a-t-elle ajouté. J’avais besoin d’une expérience comme celle-là pour retourner au gymnase et pour me surpasser encore plus.

«Je suis contente de savoir qu’il me reste encore des choses à accomplir. J’ai besoin des plus grands défis pour me motiver. Je vais devoir lever ma boxe d’un cran.»

Elle était bien préparée pour Shields. Elle n’a pas été surprise par ce qu’elle a vu entre les câbles.

«Ma préparation était sans faille, a précisé Dicaire. Il n’y a pas un moment où je me suis posé des questions sur ses attaques. La fraction de seconde m’a manqué même si j’étais prête. Il faudra continuer de travailler là-dessus.»

La suite des choses

Avec la performance de sa protégée, le promoteur Yvon Michel croit qu’il pourra la replacer dans un combat d’envergure avant la fin de l’année.

«On se fait toujours des plans en cas de victoire ou de défaite, a souligné Michel. J’ai espoir de ramener Marie-Ève dans un combat de championnat du monde dès cette année. Je suis convaincu qu’elle peut redevenir championne.»

«Ça pourrait être dès son prochain combat. Pour Shields, je ne crois pas qu’elle va rester longtemps à 154 lb. La façon dont elle parlait cette semaine, elle veut aller en arts martiaux mixtes et retourner à 160 ou 168 lb. Je suis convaincu qu’en ramenant Marie-Ève rapidement dans le ring, il y a plusieurs opportunités qui vont ensuite se présenter.»

Et si Dicaire décidait de tenter sa chance à 147 lb ? Ce n’est pas impossible.

Michel et sa boxeuse vont regarder avec intérêt le combat revanche entre Cecilia Braekhus et Jessica McCaskill, qui aura lieu la semaine prochaine à Dallas.

Si Braekhus l’emporte, Michel pourrait lâcher un coup de fil au promoteur Tom Loeffler. Ils ont une bonne relation et mettre un combat sur pied ensemble ne serait pas trop difficile.

Du Roy Jones Jr dans le nez

Shields possède un style très similaire à celui qu’on voyait de Roy Jones Jr dans ses belles années. Elle ne dépense pas d’énergie de façon inutile entre ses mitrailles de coups. Elle profite de chaque erreur de son adversaire.

«Sa capacité de lancer des coups de façon instinctive la rend spéciale, a mentionné Dicaire. Elle va lancer des mitrailles de coups. Elle ne se pose pas de question. À un certain moment, ça devient compliqué.»

Son promoteur est allé plus loin.

«Son intelligence du ring est supérieure et elle frappe avec autorité. Même si elle n’a pas envoyé Marie au plancher, on le sentait quand elle la frappait. Elle est dans une classe à part. Peu importe la stratégie de Marie, le résultat aurait été le même.»