Canadiens de Montréal

Deux longues conversations qui ont tout changé

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C'est un Stéphane Waite émotif et qui «commence à reprendre le dessus» qui s'est livré à Jean-Charles Lajoie, vendredi soir, lors de l'émission JiC.

L'ancien entraîneur des gardiens de but des Canadiens de Montréal, congédié mardi après huit ans de loyaux services, a raconté d'emblée avoir apprécié un appel du propriétaire Geoff Molson, survenu jeudi matin.

«J'en ai parlé à personne encore, mais c'est quelque chose que j'ai vraiment apprécié, a-t-il dit. On a eu une belle conversation et il a démontré beaucoup de classe.

«Geoff m'a remercié pour les huit belles années, pour mon effort, mon implication sur et hors glace. Il m'a dit que j'ai été un exemple pour l'organisation et qu'il me considérait encore comme un des meilleurs dans la ligue. Il m'a dit que si j'avais besoin de quelque chose ou d'une référence, il serait le premier à être heureux de m'aider.

«Pour ma part, je lui ai dit que j'avais apprécié ce qu'ils avaient fait, c'est une organisation de classe. Je lui ai dit que je n'avais rien à dire contre personne. J'ai eu une bonne relation avec Marc [Bergevin] jusque dans les dernières secondes et je comprends que ça fait partie de la game. Je pars de là sans ennemi.»

Waite ne s'est jamais douté que son congédiement surviendrait cette semaine. Même quand Bergevin s'est présenté dans sa loge privée au Centre Bell, au début de la troisième période mardi, il ne s'en doutait pas.

«Je croyais qu'il voulait que je transmette une information au banc, a-t-il expliqué. Quand il m'a annoncé que c'était fini, je ne le croyais pas. J'étais convaincu qu'on s'en allait dans la bonne direction, mais je n'ai pas insisté parce que j'ai vu que sa décision était prise.

«Marc est comme moi, il est émotif, j'ai senti que ce n'était pas facile pour lui. Je lui ai demandé si ça venait de quelqu'un d'autre... de Carey, d'un gardien, de l'entraîneur... et il m'a assuré que non. Je sais qu'il était sincère, surtout après avoir parlé à Carey.»

Une longue conversation avec Price

Price a appris la nouvelle après avoir parlé aux journalistes mardi soir. Il a ensuite appelé Waite en retournant chez lui dans sa voiture.

«Je le sentais un peu ébranlé, s'est rappelé Waite. Après avoir parlé pendant cinq minutes, il m'a demandé si on pouvait se rencontrer le lendemain et je lui ai dit que ça allait me faire plaisir.

«On a jasé de plein de choses pendant 1h30. Ç'a été une belle rencontre, ça montre quel genre de gars il est. J'ai vu qu'il était fatigué et qu'il n'avait pas beaucoup dormi. Il se sent coupable, mais je l'ai rassuré en lui disant que je savais qu'il ne voulait pas ma tête.

«Je le connais assez pour ça. Je le sentais avec moi à 100%. Je n'ai aucun ressentiment envers lui. Je lui ai dit que ce ne serait pas une mauvaise chose d'avoir une autre perspective, un nouveau message. Je connais très bien Sean Burke et je sais que ce sera un bon gars pour lui.»

«C'est un gars qui a des sentiments»

Price a souvent été critiqué pour son air nonchalant au fil des ans et surtout lorsqu'il n'affiche pas le niveau espéré par les partisans comme c'est le cas en ce moment.

Mais s'il y a une chose que Waite tient à ce que le monde sache, c'est que le gardien de 33 ans a le coeur à la bonne place et qu'il veut gagner.

«Carey est un être spécial et c'est ce qui fait de lui un gardien spécial aussi, a-t-il indiqué. C'est un gars qui dégage de la nonchalance, c'est vrai, mais à l'intérieur, c'est un gars qui a de la grit et il accepte de se faire dire les choses telles qu'elles sont en pleine face.

«Mais il a de la misère avec l'attention, il a de la misère à gérer les médias. Mais face à face, c'est une très bonne personne, c'est un gars qui a des sentiments, croyez-le ou non! J'ai beaucoup de respect pour lui.»

Voyez l'entrevue complète de Stéphane Waite dans la vidéo ci-dessus.