Ski acrobatique

Crédit : Photo d’archives, Martin Chevalier

Ski et planche

«Je me sens plus rapide» -Michael Kingsbury

Publié | Mis à jour

Même s’il a signé deux victoires à son retour à la compétition à Deer Valley les 4 et 5 février et qu’il aurait pu poursuivre sur sa lancée, Mikaël Kingsbury estime que la pause d’un mois avant de s’élancer au mondial de ski acrobatique lui sera bénéfique.

«Mon corps avait besoin de repos, a raconté Kingsbury qui prendra le départ de l’épreuve de bosses lundi à l’occasion du coup d’envoi du championnat mondial de ski acrobatique présenté à Almaty au Kazakhstan. En raison du confinement, j’ai été arrêté deux semaines à mon retour et cette pause m’a fait du bien. Après, j’ai connu un bon camp d’entraînement à Sainte-Adèle qui m’a donné confiance. En raison de ma blessure, j’avais eu peu de chances de m’entraîner depuis le début de la saison.»

Victime d’une fracture aux vertèbres T4 et T5 le 29 novembre lors d’un entraînement avant la première Coupe du monde de la saison présentée à Ruka en Finlande, blessure qui l’a gardé sur la touche pendant huit semaines, le champion olympique des Jeux de 2018 à Pyeongchang estime qu’il est dans une meilleure forme actuellement qu’à son retour à Deer Valley. «En général, je me sens plus rapide et ma ligne de ski est meilleure, a-t-il expliqué. J’ai aussi plus confiance dans mes sauts. Je voulais retourner à la compétition en février, mais je n’étais pas à cent pour cent même si j’ai gagné les deux courses sur une piste difficile. Quand j’ai plus de temps de préparation comme c’est le cas actuellement, je suis meilleur.»

Un cinquième titre en tête

En meilleure forme, Kingsbury ne vise rien de moins que la plus haute marche du podium. Champion mondial en titre en solo et en duel, il visera un cinquième titre en carrière, lundi, et peut-être un sixième le lendemain. «Ça serait spécial de gagner six titres, mais je vais commencer par gagner mon cinquième, a-t-il indiqué. J’aimerais réussir le doublé comme en 2019 et je me dis pourquoi pas. Je suis confiant que je peux gagner, mais ma concentration ’n’est pas uniquement sur la victoire.»

Quand il a amorcé sa période de réhabilitation, Kingsbury puisait sa plus grande motivation dans sa participation au championnat mondial. «L’équipe médicale me disait que c’était possible d’être cent pour cent au championnat mondial et ça me gardait motivé. Le mondial représentait mon principal objectif parce que mon absence a fait en sorte que mes chances de gagner le Globe de cristal étaient grandement réduites. C’est encore possible et je vais tout donner pour essayer parce que j’ai une tête de cochon, mais je vais avoir besoin d’une contre-performance du meneur Matt Graham et je ne souhaite pas ça.»

En sixième place au classement cumulatif avec seulement deux courses derrière la cravate, Kingsbury accuse 89 points de retard avec une seule Coupe du monde au calendrier. Une victoire donne 100 points. Il n’y a pas de points qui sont décernés au mondial. La dernière Coupe du monde aura aussi lieu à Almaty le 14 mars.

Kingsbury tentera de signer une première victoire en carrière à Almaty, lui qui a mis la main sur l’argent les deux dernières années.

Surpris de l’enthousiasme suscité par sa lettre

Mikaël Kingsbury a été surpris que sa lettre adressée au premier ministre François Legault pour le retour du sport organisé ait eu une résonance aussi importante.

«Je ne pensais pas que ça aurait une si grande envergure, a confié le champion olympique, jeudi, alors qu’il se préparait pour le Championnat mondial de ski acrobatique à Almaty, au Kazakhstan. Une heure après avoir publié ma lettre sur Facebook, quand j’ai ouvert mon téléphone, il y avait plus de 1000 partages et de nombreux commentaires. Plusieurs personnes m’ont aussi écrit directement. J’évalue à 98 pour cent les commentaires positifs. Je n’avais pas de crainte des réactions.»

Donner son appui

Kingsbury trouvait important de manifester son appui pour les sportifs qui sont privés de leur passion depuis trop longtemps et de marquer son appui à l’endroit d’Isaac Pépin, l’instigateur de la marche qui aura lieu à Québec dimanche. Il le fera de nouveau s’il le juge nécessaire. «Quand il y aura des sujets qui vont m’interpeller, je vais intervenir. Je suis un sportif, mais j’aime jaser de plusieurs autres sujets. Je ne suis plus le petit gars de 18 ans qui débutait en Coupe du monde. Les gens commencent à me connaître. Dans ce cas-ci, je me revoyais à 14 ans et je me disais que le sport m’avait permis de rester motivé à l’école et de garder un équilibre mental. Je serais devenu fou si j’avais arrêté le sport pendant un an.»

Dans la bonne direction

S’il n’hésitera pas à partager ses opinions dans le futur, Kingsbury assure qu’il ne recherche pas un nouveau boulot. «Je ne veux pas jouer au politicien ou remplacer les politiciens. Ils font un excellent travail et je ne voudrais pas être dans leurs souliers.»

Que pense-t-il des mesures annoncées, mercredi, par le premier ministre Legault pour favoriser la reprise du sport à compter du 15 mars?

«J’étais dans le milieu de ma nuit [décalage horaire de 10 heures] au moment du point de presse, mais je pense qu’on s’en va dans la bonne direction. On commence à voir la lumière au bout du tunnel. En respectant les règles sanitaires de façon stricte, il est grand temps que le sport reprenne.»

Plusieurs personnalités sportives ont joint leur voix à celle de Kingsbury dans les derniers jours dans l’espoir que la pratique du sport organisé reprenne le plus rapidement possible.