Crédit : Photo d'archives Didier Debusschère

Boxe

Dicter le rythme du combat

Mathieu Boulay

Publié | Mis à jour

Au cours des dernières années, on a été témoins de plusieurs pointages controversés dans des combats présentés aux États-Unis ou ailleurs dans le monde. Le clan de Marie-Ève Dicaire est au bien fait de cette situation qui pourrait se produire contre Claressa Shields vendredi soir à Flint, au Michigan.

Pour ce duel d’unification où les quatre ceintures des super-mi-moyennes seront à l’enjeu, la commission athlétique du Michigan a fait appel à trois juges américains, mais qui ne travaillent pas dans sa juridiction.

Robin Taylor (New York), Perla Rodriguez (Oregon) et Mauro Di Fiore (Illinois) seront en devoir pour cette finale d’envergure. Taylor et Di Fiore sont expérimentés alors qu’ils ont plus de 500 combats chacun au compteur. Les deux ont été impliqués dans plusieurs duels majeurs au cours de leur carrière respective.

C’est le Québécois Michael Griffin qui sera l’arbitre de l’affrontement.

«Quand Yvon (Michel) m’a parlé de cet aspect, je lui ai dit qu’on n’avait pas besoin de juges, a expliqué l’entraîneur de Marie-Ève Dicaire, Stéphane Harnois, lors d’un point de presse. Notre travail est fait en fonction de la façon qu’on veut dicter le combat.

«Je suis content qu’il y ait un arbitre comme Michael Griffin dans le ring. C’est triste de ne pas avoir de juges québécois, mais c’est la réalité dans laquelle nous nous retrouvons.»

L’exemple de Pascal

La championne du monde IBF a rajouté son grain de sel sur la question.

«Si ce combat avait eu lieu en Europe, on se serait posé davantage cette question (sur la provenance des juges). Yvon n’aurait jamais laissé passer ça. Je sais qu’il va toujours placer les choses pour que je me batte dans des conditions idéales. Tout ce que j’ai à faire, c’est de livrer la marchandise.»

«Aux États-Unis, la réalité n’est pas la même. On l’a constaté lors du combat entre Jean Pascal et Badou Jack. Les juges n’ont pas favorisé Badou dans un combat âprement disputé.»

Au cours des dernières semaines, les promoteurs Dmitry Salita et Yvon Michel ont lancé une invitation aux juges québécois Benoit Roussel et Pasquale Procopio. Ceux-ci n’ont pas refusé par manque d’intérêt, mais bien en raison de la quarantaine qu’ils auraient dû faire lors de leur retour au Canada.

L’heure du test

Dicaire se sent bien dans sa peau et son poids est sous contrôle à quelques heures de la pesée. La Québécoise est fébrile à l’idée d’affronter Shields qui est largement favorite pour l’emporter.

«C’est le test d’une vie, a mentionné Dicaire. J’ai l’impression que je m’en vais à l’école et qu’on va me questionner sur tout ce que j’ai appris dans ma vie.»

«Je vais peut-être devoir aller chercher des connaissances ou des outils que je n’avais pas utilisés jusqu’à maintenant dans ma carrière. Durant mon camp, on a étudié tous les scénarios possibles.»

Cependant, l’examen qu’elle aura devant elle sera le plus difficile de sa carrière. Et certaines questions pourraient la faire souffrir. On verra quelle note elle pourra obtenir au terme de cet affrontement d’envergure.