Canadiens de Montréal

Claude Julien le jovialiste

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Erreurs mentales samedi, performance brouillonne en prolongation, dimanche. Après une semaine de congé, où l’accent avait été mis sur les entraînements et les séances vidéo, voilà un constat surprenant de la part d’un entraîneur.

Au lendemain du revers à Ottawa, un cinquième en sept matchs, Claude Julien est revenu sur ce qui fait défaut depuis quelques semaines, lundi. 

«Il faut s’assurer de bien faire les petits détails. À certains moments, les décisions qu’on prend sont coûteuses. Hier [dimanche], avec une égalité de 2 à 2, on a donné une échappée avec 1 minute 50 secondes à faire. Un joueur se commet, mais il n’y a pas de renfort derrière», a indiqué l’entraîneur du Canadien.

À ce propos, Shea Weber a apporté une nuance intéressante.

«On en commettait des erreurs au début de la saison. Mais elles nous faisaient moins mal. Et le fait de marquer beaucoup de buts diminuait leur incidence sur le résultat», a analysé le capitaine.

Il faut dire que tout cliquait en début de saison. Le jeu de transition était rapide, les passes précises. Le niveau de stress était à son plus bas. Ç’a beaucoup changé depuis que les défaites s’accumulent.

«Il faut retrouver nos moyens, notre synchronisme et notre confiance. La meilleure façon de le faire, c’est de travailler fort et d’avoir du plaisir», a souligné Julien.

Chassons le négatif 

D’ailleurs, ç’a été l’essence du message de quelques minutes qu’il a livré à ses troupiers en les réunissant au centre de la patinoire du Centre Canadian Tire à la fin de la séance d’entraînement.

«Notre attitude et notre approche vont nous permettre de nous en sortir. Si on a les deux et, qu’en plus, on travaille de la bonne façon, on va y arriver, a fait valoir Julien. On a le choix d’arriver découragé ou déterminé à faire tourner le vent.»

Adopter une attitude positive et garder le sourire. C’est évidemment plus facile à dire qu’à faire lorsqu’on traverse une séquence comme celle-là et que le classement commence à se resserrer... par le bas.

«Les pensées négatives arrivent rapidement quand ça va mal. Il faut éviter ça. Il faut retrouver l’excitation de jouer, a convenu Jonathan Drouin. Il faut également retrouver notre agressivité. Pendant les 10 premiers matchs, on était une équipe qui patinait. Là, on attend que ça vienne à nous. On suit le rythme de l’autre équipe.»

Don’t worry, be happy, comme le chantait Bobby McFerrin dans les années 1980.

Vétérans en difficulté 

Au moins, Drouin et ses compagnons de trio livrent la marchandise de façon plutôt régulière depuis le début de la campagne. Ce n’est cependant pas nécessairement le cas de tous leurs coéquipiers.

«On a besoin que nos leaders jouent bien sur la patinoire. Les autres vont suivre. Plusieurs joueurs doivent nous donner du hockey comme ils nous en ont donné en début de saison», a lancé Julien, sans nommer personne.

Le chapeau fait assurément à Tomas Tatar, qui paie le prix depuis une dizaine de jours.

Mais il faut également regarder du côté de Carey Price, dont le rendement en fait sourciller plus d’un. Surtout en comparaison avec celui de Jake Allen.

À ce propos, l’entraîneur-chef du Canadien y est allé d’une réponse laissant place à beaucoup d’interprétation quant au plan qu’il a établi concernant l’utilisation de ses gardiens avant l’amorce de la saison.

«On peut toujours l’ajuster en cours de route. C’est la raison pour laquelle on ne dévoile jamais le plan en début de saison. Ça peut changer de semaine en semaine.»

Shea Weber en est un autre qui peut se sentir visé. Les erreurs mentales, il en a fait quelques-unes au cours des dernières rencontres. D’ailleurs, il n’a pas aimé qu’un collègue lui laisse entendre que le calendrier lui pèse peut-être sur les épaules.

«C’est le même calendrier pour tout le monde, alors je ne sais pas ce que tu essaies d’insinuer.»

Quoi qu’il en pense, il n’est effectivement pas à son meilleur. Sa fiche de -4 ne fait évidemment pas foi de tout, mais elle est la seule de l’équipe à se trouver sous le point de congélation. Son temps d’utilisation moyen de 23 min 34 s est peut-être un peu trop élevé.