Crédit : Le Journal de Montreal

LNH

Un record qui tient toujours 40 ans plus tard...

Benoît Rioux

Publié | Mis à jour

Il y a 40 ans, soit le 22 février 1981, les frères Peter et Anton Stastny disputaient un match historique, récoltant chacun huit points dans une victoire de 11 à 7 des Nordiques de Québec contre les Capitals, à Washington.

Encore à ce jour, ils partagent le record pour le plus grand nombre de points inscrits par un joueur lors d'une partie à l'étranger. 

«Je me souviens qu’on avait eu beaucoup de plaisir, s’est rappelé Peter Stastny, lorsque joint au téléphone à son appartement situé dans le charmant quartier Old Town de Bratislava, en Slovaquie. C’était notre première saison dans la Ligue nationale pour Anton et moi. Donc, tout était nouveau pour nous. Ce match à Washington concluait un long voyage sur la route et, avec le décalage horaire, nous n’avions aucune attente. Quand nous étions en Tchécoslovaquie, le plus long trajet pour aller disputer un match, ça devait être trois heures en voiture ou en autobus.»

Or, avant de débarquer de l’avion à Washington, les Nordiques arrivaient de Vancouver, où ils avaient joué deux jours plus tôt. Peter et Anton Stastny avaient d’ailleurs offert un avant-goût de ce qui attendait les Capitals, obtenant chacun un tour du chapeau et six points dans une victoire de 9 à 3 contre les Canucks.

«Si je souviens bien, la Ligue nationale avait fait un spécial et ils avaient nommé deux joueurs de la semaine, Anton et moi», précise Peter.

Pour cause, les deux frères avaient chacun récolté 14 points en seulement deux rencontres.

«Une symphonie sur glace» 

À propos du match à Washington, après quatre buts consécutifs des Nordiques sur le jeu de puissance, Québec menait par le pointage de 10 à 4, en début de troisième période. Peter avait finalement complété sa soirée avec un quatrième but (sur une mention d’aide d’Anton) avec cinq secondes à écouler au cadran. Anton récoltait ainsi une passe sur chacun des quatre buts de son aîné.

Le célèbre numéro 26 avait ajouté quatre mentions d'aide tandis que son jeune frère, alors âgé de seulement 21 ans, avait bouclé la rencontre avec trois buts et cinq passes.

«C’était une symphonie sur glace de les voir aller», qualifie Robert Laflamme, journaliste sportif et auteur du livre "Les Stastny".

Dans ce bouquin, Anton y va d’ailleurs d’un commentaire intéressant à propos du duo qu’il formait avec Peter.

«Quand vous faites une passe à votre frère et qu’il marque, c’est comme si vous marquiez vous-même», mentionne l’ancien numéro 20 des Nordiques, faisant allusion à un plaisir doublé.

Québec dans le coeur 

Au cours de l’entrevue, Peter Stastny est venu réitérer son amour envers les partisans de Québec, replongeant dans ce qui a entouré cette première saison dans la LNH à la suite de leur défection.

«On nous a donné la liberté, les Québécois nous ont accueillis comme si nous étions des leurs, dit-il. C’est vrai pour les joueurs de hockey que nous étions, mais aussi pour les humains. Personnellement, j’y ai passé les 10 plus belles années de ma vie.»

Pour couronner son arrivée en Amérique du Nord, Peter Stastny avait finalement mis la main sur le trophée Calder, remis à la recrue par excellence, au terme de cette première campagne. Il avait conclu la saison 1980-1981 avec un total de 109 points.

«C’est le seul trophée dont tu as une seule chance de remporter, note-t-il fièrement. Je me souviens qu’il y avait eu une petite controverse quand je l’ai gagné, car j’avais déjà 24 ans, mais je m’en fous. Le plus important pour moi c’était d’avoir obtenu ma liberté avec ma famille, incluant mon jeune frère.»

Performance inégalée 

À propos de Marian, le frère aîné, il allait arriver chez les Nordiques, la saison suivante. En 1981-1982, Peter allait à nouveau être le meilleur de son équipe avec une récolte de 139 points, un sommet en carrière. Marian avait également bien fait avec 89 points, dont 35 buts. Anton, lui, avait conclu cette seconde campagne avec 72 points en 68 matchs.

Plus jamais, l’un d’entre eux n’a inscrit huit points lors d’un même match. Peter allait toutefois connaître une performance de sept points, soit trois buts et quatre aides, le 1er avril 1982 contre les Bruins, à Boston. Et Marian avait alors obtenu cinq mentions d’aide.

- Ceux qui suivaient davantage les Nordiques au début des années 1990 se souviendront que le Suédois Mats Sundin s’était approché dangereusement du record de Peter et Anton Stastny en récoltant sept points, soit cinq buts et deux mentions d’aide, lors d’un match disputé à l’étranger. Le 5 mars 1992, Sundin et ses coéquipiers avaient alors vaincu les Whalers, à Hartford, par le pointage de 10 à 4.

Record de la LNH pour le plus grand nombre de points par un joueur lors d'un match à l'étranger (Buts-Aides): 

1- Peter Stastny (Nordiques de Québec | 1981) – 8 (4-4)

Anton Stastny (Nordiques de Québec | 1981) – 8 (3-5)

3- Red Berenson (Blues de St. Louis | 1968) – 7 (6-1)

Red Green (Tigers de Hamilton | 1924) – 7 (5-2)

Mats Sundin (Nordiques de Québec | 1992) – 7 (5-2)

Wayne Gretzky (Oilers d’Edmonton | 1983) – 7 (4-3)

Dino Ciccarelli (Capitals de Washington | 1989) - 7 (4-3)

Peter Stastny (Nordiques de Québec | 1982) – 7 (3-4)

Cam Neely (Bruins de Boston | 1988) – 7 (3-4)

Daniel Alfredsson (Sénateurs d’Ottawa | 2008) – 7 (3-4)

- Sept autres matchs de sept points par un joueur à l’étranger, excluant un tour du chapeau, ont marqué l’histoire de la LNH.