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LNH

Un candidat pour le «C»

Jean-François Chaumont

Publié | Mis à jour

OTTAWA - Les Sénateurs n’ont toujours pas choisi un capitaine depuis le départ d’Erik Karlsson à la fin de la saison 2017-2018. À 21 ans et à sa troisième saison seulement dans la LNH, Brady Tkachuk aspire à devenir le prochain grand meneur dans la capitale nationale.

En l’absence d’un capitaine, les Sénateurs ont trois joueurs avec un «A» sur leur chandail cette saison : Tkachuk, Thomas Chabot et Erik Gudbranson. Des trois, Tkachuk et Chabot représentent les choix logiques afin de changer la lettre «A» pour un «C» l’an prochain.

Mais quand on écoute parler l’entraîneur-chef D.J. Smith de Tkachuk, on aurait tendance à vouloir parier sur les chances de l’Américain.

«Brady mène par les émotions. Il veut toujours gagner, a dit Smith à quelques heures de l’affrontement entre les Sénateurs et le Canadien au Centre Canadian Tire, dimanche. Il s’améliore de match en match. Quand un gros gars comme lui manque autant de temps [longue pause en raison de la pandémie], les rencontres préparatoires auraient aidé dans la préparation. Mais malgré cela, il mène encore l’équipe pour les points. Il apprend aussi à mieux jouer sans la rondelle. Il est le moteur de l’équipe. Il donne toujours un effort maximal.»

Avant de débarquer cette saison à Ottawa, Austin Watson a côtoyé de bons capitaines avec les Predators de Nashville avec Shea Weber, Mike Fisher et Roman Josi. Watson voit des qualités similaires chez le fougueux ailier des Sénateurs.

«J’ai joué avec d’excellents leaders et Shea est un des meilleurs de la Ligue nationale [LNH], a rappelé Watson. Tu vois des caractéristiques qui reviennent chez un meneur. Pour Brady, c’est sa façon de travailler et à quel point c’est dur de l’affronter. Ce n’est pas facile de faire ça tous les soirs. Il va marquer 20 à 30 buts dans une saison normale. Mais il ne fera pas juste marquer des buts, il apportera aussi plusieurs choses à l’équipe. En vieillissant, il va vivre des hauts et des bas et il va juste s’améliorer. Il deviendra aussi un meilleur meneur avec l’expérience.»

Pas une distraction

Sur le plan offensif, Tkachuk mène les pauvres Sénateurs avec 11 points (5 buts, 6 aides) en 19 matchs. Son impact se lit également dans d’autres départements.

Avant la visite du CH à Ottawa, l’ailier de 6 pi et 4 po et 212 lb se retrouvait au deuxième rang de la LNH pour les tirs avec 77. Seul, Connor McDavid a atteint le filet plus souvent avec 78 tirs.

Pour les mises en échec, Tkachuk occupait également le deuxième rang avec 78 coups d’épaule, soit six de moins que le défenseur Radko Gudas, des Panthers de la Floride.

On le savait depuis longtemps, mais Tkachuk est beaucoup plus qu’une simple peste sur une glace. Le fils de Keith Tkachuk a le cœur gros comme Brendan Gallagher. Quand il saute sur la glace, il y va toujours à 100 %.

Questionné à savoir s’il aimerait camper le rôle de capitaine, Tkachuk a offert une réponse prudente, mais aussi très sage pour un jeune joueur.

«Il s’agirait d’un grand honneur, a-t-il répondu. Tout le monde pourrait dire ça. Je considère qu’il y a plusieurs grands meneurs dans ce vestiaire. Honnêtement, je n’y ai pas trop pensé et je ne crois pas que c’est une distraction. Nous voulons chacun mener à notre façon.»

Deux meneurs

Le nom de Chabot revient également souvent dans les discussions pour le futur capitaine à Ottawa. Avec Tkachuk et Tim Stützle, le jeune phénomène allemand de 19 ans, Chabot constitue le noyau fort des «Sens», et ce, pour plusieurs saisons.

«Pour Brady et moi, ce serait extraordinaire d’être le capitaine, a affirmé Chabot. Mais au bout du compte, ce n’est pas notre décision. Nous sommes deux gars qui cherchons à aider l’équipe et à agir comme des meneurs sur la glace. Je ne me concentre pas là-dessus. Si jamais ça devait arriver, il s’agirait d’une belle réalisation. En ce moment, j’ai un "A" sur mon chandail. Je veux rester la même personne et je veux aider ce groupe à bâtir pour l’avenir. Ce qui arrivera arrivera.»

Le prochain capitaine de cette équipe aura aussi besoin d’une bonne dose de patience. Les Sénateurs auront encore des jours sombres avant de voir la relève s’épanouir pleinement.