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Joe Hardy est décédé

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L’ancien hockeyeur, entraîneur et homme de radio Joe Hardy est décédé, vendredi soir, à l’âge de 75 ans, victime d’un infarctus.

Après deux saisons dans la LNH avec les Seals de la Californie qui sont devenus les Golden Seals en 1969 et 1970 où il a amassé 23 points en 63 parties, Hardy a été échangé en 1971 pour une somme d’argent au Canadien de Montréal où il a disputé une saison dans la LAH avec les Voyageurs à Halifax avant de se joindre aux Crusaders de Cleveland dans l’AMH. Dans le circuit maudit, Hardy a récolté 140 points en 210 parties, évoluant sous les ordres de Jacques Demers avec les Cougars de Chicago.

Hardy a par la suite fait les délices des amateurs beaucerons dans l’uniforme des Jaros de la Beauce qui évoluaient dans la Ligue nord-américaine. Au cours de la saison 1975-76, il est devenu le premier joueur professionnel à amasser 200 points. Comme joueur-entraîneur, il a terminé la saison avec 208 points. Six ans plus tard, Wayne Gretzky récoltait 212 points à sa troisième saison dans la LNH.

Comme entraîneur, il a dirigé les Cataractes de Shawinigan (1987-91) et les Harfangs de Beauport (1992-1993). Il a aussi dirigé Joé Juneau avec les Faucons de Lévis-Lauzon dans le circuit collégial AAA.

«Un naturel pour la radio»

Après avoir accroché ses patins, Hardy est devenu une figure marquante du monde de la radio à Québec travaillant à CKCV, CJRP et CHRC tout en occupant son boulot chez Kruger. Il collaborait encore à CHOI FM et à une station de son Saguenay natal. Tous ceux qui l’ont connu et à qui nous avons parlé soulignent sa bonne humeur proverbiale et ses qualités de raconteur hors pair.

«C’est fou comme nous avons eu du plaisir ensemble à parler de hockey», raconte l’ancien entraîneur-chef du Canadien Jean Perron qui lui avait offert un poste d’adjoint dans la Ligue internationale pour aller le rejoindre avec les Spiders de San Francisco au milieu des années 1990, offre qu’il avait déclinée préférant la sécurité de chez Kruger. «110 pour cent n’ont rien inventé. À CJRP, on faisait des tables rondes tous les vendredis dans différents endroits à Québec en compagnie de Jacques Demers et Claude Bédard. Me Guy Bertrand se joignait aussi à nous. C’était vraiment populaire. On dit souvent que j’ai un langage coloré, mais c’était la même chose pour Jos.»

«Jos a été le premier à Québec à qui j’ai accordé une entrevue alors que j’étais adjoint de Dave King avec l’équipe nationale, de poursuivre Perron maintenant établi en Gaspésie. Parce que King ne voulait pas se justifier au Québec concernant la coupure de Mario Lemieux en prévision des Jeux olympiques de 1984, c’est moi qui avais été envoyé au bâton. J’avais eu droit à une volée de bois vert.»

Perron se rappelle avec plaisir toutes les conversations avec son ami au sujet de son embauche par Demers quand ce dernier a pris la barre du Canadien. Le projet avait avorté malgré les promesses de Demers d’amener Hardy avec lui s’il retournait dans la LNH. «La direction du Canadien souhaitait plutôt embaucher des anciens joueurs et il nous racontait toutes les péripéties de ces tractations. Alors DG du Lightning, Jacques m’avait aussi offert un emploi avant d’être congédié.» Steve Shutt avait alors été embauché pour seconder Demers alors que Jacques Laperrière était demeuré en place.

Descripteur des parties des Nordiques à CJRP de 1991 à 1994 après avoir occupé le même boulot à CHRC avant que les droits ne changent d’antenne, Alain Crête a été estomaqué quand il a appris la nouvelle du décès de son ami. «C’est triste de voir partir un aussi bon gars, a exprimé l’animateur aux parties du Canadien sur les ondes de RDS qui avait aussi côtoyé Hardy à ses débuts à CKCV. On l’avait accueilli lors du 5 à 7 à RDS avant Noël. Après les parties des Nordiques le samedi soir, on allait prendre un verre au club 3-Étoiles, le restaurant du Colisée avec Jacques Demers et Charles Perreault et ça se finissait souvent par une poutine à 2 h chez Ashton. Jos aimait rire et il captivait son auditoire. C’était un naturel pour la radio. Jos n’avait pas d’ego. Il aimait mentionner que la radio n’était pas son premier métier. Il faisait sentir tout le monde à l’aise et était d’agréable compagnie. Je ne lui connaissais pas d’ennemi.»

Mission spéciale

Jeune journaliste, Pierre Vézina avait rempli une mission pour son collègue. «Les Bruins jouaient à Québec le lendemain et Jos m’avait demandé d’aller chercher Gerry Cheevers à l’aéroport et de le ramener à la station pour qu’on puisse l’avoir en entrevue, a raconté le journaliste sportif au FM 93. Les deux s’étaient connus à Cleveland dans l’AMH. J’étais tout jeune et je tripais. Cheevers m’avait invité à aller le voir dans le vestiaire après le match. Jos était facile d’approche et l’ami de tout le monde. Il faisait sentir tout le monde important.»