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Le grand (et méconnu) geste de Mario Lemieux

Photo portrait de Anthony Martineau

Anthony Martineau

2021-02-18T14:56:16Z

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Dans les dernières années, Mario Lemieux, l’un des plus grands joueurs de l’histoire de la Ligue nationale de hockey, n’a pas accordé beaucoup de temps aux médias.

Non pas par mépris, loin de là, mais bien parce que «Le Magnifique», propriétaire des Penguins de Pittsburgh depuis 1999, est tout simplement plus à l’aise de mener sa vie dans la discrétion. Peut-on vraiment le lui reprocher après toute l’attention qu’il a reçue lors de sa brillante carrière de joueur?                 

Tout récemment, l’ancien no 66, mis au fait d’une touchante histoire par le TVASports.ca, a cependant ouvert son coeur et a choisi d’y aller d’un geste d’une grande classe et ce, par pure bonté. 

«Si tu savais à quel point j'ai été surprise. Je n'en revenais pas.»

Voici donc le récit de la famille Perron-Martin: un clan tissé serré qui a, pendant plusieurs années, changé la vie de plusieurs joueurs de la Ligue de hockey junior majeur du Québec, mais qui doit maintenant penser à lui.

Guidés par la passion   

Isabelle Martin et Benoît Perron ont l’étiquette de «famille de pension» dans la LHJMQ depuis 2016.

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Résidant à Rouyn-Noranda, ce couple a pris la décision de se lancer dans une aventure du genre parce qu’Isabelle, en compagnie de son conjoint précédent Ugo Barrette (et père de ses deux filles – Léonie et Darcie), avait déjà vécu l’expérience. 

«Ç’a commencé en 1997, raconte la femme de 46 ans. Un jour, l’un de mes cousins, Jonathan Coursol, a été échangé des Wildcats de Moncton aux Huskies. Lorsqu’il est arrivé en ville, nous l’avons hébergé quelque temps. Puis, la saison suivante, on a demandé aux Huskies si on pouvait officiellement être la famille de pension de Jonathan. L’équipe a accepté et ç’a été le début d’une longue aventure qui s’est échelonnée sur plusieurs années!»

Les années passent et les souvenirs mémorables s’accumulent. 

«Des liens incroyables peuvent se tisser avec un joueur que tu héberges. Lorsque j’ai accouché de Léonie, par exemple, nous avions à la maison un joueur du nom d’Alain Turcotte, originaire de Laval. Alain était une vraie peste sur la patinoire (240 minutes de pénalité en 1999-2000). Mais dans la vie de tous les jours, c’était un ange. 

«Le jour de mon accouchement, je n’ai aucune idée de comment il a fait, mais Alain a réussi à trouver l’hôpital et la salle des naissances où j’étais et il est débarqué là-bas sans que nous lui ayons dit quoi que ce soit à ce sujet. Figure-toi donc qu'il a été le premier à voir Léonie! Il tenait à être là. Je n’en revenais pas. Mais en même temps, j’étais émue qu’un jeune homme d’à peine 20 ans tienne à ce point à partager ce moment-là avec nous. Ça démontre à quel point des relations fortes peuvent se créer entre pensions et joueurs.»

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En 2005, après huit ans en tant que famille de pension et plusieurs beaux moments, Isabelle et Ugo se séparent et mettent fin du même coup à leur partenariat avec les Huskies. 

«Nous n’allions quand même pas faire vivre les joueurs dans deux foyers différents», explique Isabelle.

Prise deux   

Quelques années plus tard, Isabelle rencontre Benoît Perron. Les choses cliquent rapidement entre eux et les deux tourtereaux finissent par emménager ensemble. Benoît s’intègre très bien au trio formé d’Isabelle, Léonie et Darcie. 

«Un jour, se rappelle Benoît, nous avons commencé à aller voir les matchs des Huskies plus souvent. La flamme est rapidement revenue chez Isabelle, qui m’a alors parlé du projet de devenir famille de pension. Pour être franc, j’étais un peu réticent au départ. Mais j’ai rapidement compris qu’être famille de pension, c’est faire une différence notable lors d’années charnières de la vie de jeunes garçons. Il ne faut pas oublier que ce sont encore des adolescents lorsqu’ils quittent leur foyer...»

C’est donc le début d’un deuxième chapitre du genre pour Isabelle, et d’un premier pour Benoît. 

Évidemment, racontent les deux hôtes, il est important de bâtir une relation de confiance dès le départ avec le joueur qui débarque à la maison. 

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«C’est primordial, spécifie Isabelle. Bien sûr, tous les athlètes sont différents. Certains sont plus réservés, d’autres sont plus enclins à discuter... Mais notre travail en tant que famille de pension n’est pas seulement d’offrir un toit. C’est aussi de nous assurer que le joueur se sente bien dans son environnement, qu’il se sente assez à l’aise pour parler de ses joies, de ses peines...

«Nous devons aussi adapter notre approche au joueur qui nous est offert. Chaque jeune débarque chez nous avec le bagage qu’il a d’abord cumulé dans sa famille d’origine. Je me rappelle qu’un jour, nous avions laissé un joueur seul à la maison en fin d’après-midi en lui indiquant qu’il pouvait se faire cuire une poitrine de poulet s’il avait faim. Mais il n’avait jamais fait ça et... on l’a compris quelques minutes plus tard! Il a téléphoné à Benoît en lui disant que la maison était remplie de fumée. Tu devineras que nous avons opté pour une nouvelle méthode le lendemain», lance-t-elle dans un éclat de rire.                   

Plusieurs personnes se demandent également à quel point les familles de pension sont financièrement aidées par les différentes équipes de la LHJMQ. Pas de problème de ce côté-là à Rouyn-Noranda, précise Benoît. 

«On nous offre un montant aux deux semaines qui couvre les dépenses liées à l’hébergement du joueur (nourriture, déplacements, électricité). En plus, les Huskies nous offrent deux billets de saison et une panoplie de rabais un peu partout à Rouyn (IGA, boucherie spécialisée, boutique souvenir des Huskies...). Les familles de pension sont très bien traitées par l’organisation. Nous sommes très reconnaissants.»

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L’arrivée de Félix Bibeau   

Félix Bibeau, un espoir des Islanders de New York, a disputé trois saisons chez les Huskies. Il est débarqué chez Isabelle et Benoît en 2017 et y est demeuré jusqu’à la fin de la saison 2018-2019. 

C'est d'ailleurs lui-même, en décembre dernier, qui a communiqué avec l'auteur de ces lignes pour lui proposer la présente histoire.

«Tu dois absolument raconter le récit de la famille Perron-Martin. Ces gens-là, qui ont été ma famille de pension, ont changé ma vie et traversent actuellement une très dure épreuve. Je suis prêt à te donner toutes les infos que tu veux et je te garantis mon entière participation. Ça en vaut la peine. Cette famille-là le mérite.»

Bibeau jure justement qu'il n'oubliera jamais la façon dont il a été traité par la famille.

«Quand je suis arrivé là-bas, se rappelle Bibeau, Benoît m’a pris à part et m’a dit : "ici, il n’y a que deux règles. Tu aides à faire la vaisselle après les repas et... c’est moi qui paie quand on va quelque part!"

«Ç’a bien brisé la glace, disons! Honnêtement, j’ai tellement été bien reçu par cette famille-là. Après deux jours, je me sentais carrément chez moi. À un certain moment, mes parents se demandaient pourquoi je ne les appelais plus. Je leur répondais que je n’avais pas vraiment besoin d’eux, à ce moment!», rigole l’espoir des Islanders. 

«Nous avions plein d’atomes crochus avec Félix, confirme Isabelle. C’était un très bon petit gars. Évidemment, comme il est resté deux ans à la maison, nous avons bâti quelque chose de très spécial avec lui. Nous avons accueilli plusieurs joueurs au fil des années, mais avec Félix, c’était particulier.»

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Bibeau acquiesce.

«Isabelle et Benoît sont deux enseignants. Ils m’ont énormément aidé avec mes études. Ce sont aussi deux grands cuisiniers qui m’offraient constamment des repas cinq étoiles. Ils faisaient vraiment en sorte que mon état d’esprit soit à son meilleur et que je n’aie en tête que le hockey. Parfois, j’étais en train de faire mon lavage et Benoît venait me dire : "vas t’amuser et laisse-moi faire ça!". 

«Ils ne savent pas à quel point ils ont pu m’aider...»

Plus les jours passent, plus Bibeau développe une forte relation amicale avec la fille d’Isabelle: Léonie, maintenant âgée de 18 ans. 

«Léonie et Félix étaient complémentaires, précise Isabelle. Ils étaient nés à seulement neuf jours d’intervalle. Ils voyaient également les choses d’une façon similaire.»

«Léonie et moi étions assez proches, confirme le patineur. Nous faisions nos travaux ensemble et elle s’entendait bien avec tous les gars de l’équipe, donc elle m’accompagnait souvent lors des activités avec les autres joueurs.»

En 2019, Bibeau, non sans avoir connu d’incroyables moments avec les Huskies (coupe du Président et coupe Memorial), est échangé aux Remparts de Québec. Il quitte Rouyn le cœur gros. 

«Je te confirme qu’on a pas mal tous pleuré à chaudes larmes, confie Bibeau. 

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«Mais je savais que je garderais toujours un lien incroyable avec ces gens-là.» 

Le joueur de centre originaire de Mercier ne croyait pas si bien dire... 

Frappés par la maladie  

Alex Labbé est le joueur qui prend la place de Félix chez les Martin-Perron lors de la saison 2019-2020. La cohabitation se passe très bien, mais en mars, la pandémie de COVID-19 oblige la ligue à suspendre ses activités. 

Labbé revient à sa pension de Rouyn en septembre dernier, la reprise des activités étant imminente dans le circuit. Mais en novembre, tout bascule pour Isabelle, Benoît, Léonie et Darcie. 

Léonie Barrette, aujourd’hui âgée de 21 ans et étudiante en soins infirmiers à l’université, raconte la suite. 

«Il y a trois mois, j’ai ressenti une bosse sur mon thorax. Étant donné mon domaine d’études, ça ne m’a pas trop inquiétée au départ. J’en ai parlé à ma mère et ma sœur et après vérifications, on a choisi d’aller passer des tests.»

Sur le premier examen, on décèle quelque chose d’anormal, mais «rien d’inquiétant», assure le médecin à la famille. On recommande quand même à Léonie de passer un scan, ce qu’elle fait sans hésiter. 

«Le 19 novembre, et je ne l’oublierai jamais, je travaillais et mon médecin m’a téléphoné. Elle me demandait de me présenter à l’hôpital en après-midi, question qu’elle puisse me donner mes résultats. Moi, je n’étais vraiment pas nerveuse, donc je lui ai dit qu’elle allait devoir attendre à la semaine suivante avant de me rencontrer, car je travaillais à l’extérieur jusqu’au lundi. On a alors raccroché. 

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«Quelques minutes plus tard, elle m’a rappelé en insistant pour que je me présente au moins le lendemain. Je lui ai répété que je travaillais et que je ne pouvais pas. Elle n’a donc pas eu le choix de m’annoncer la nouvelle au téléphone...»

«La nouvelle», comme le dit Léonie, la laisse sans voix. 

«Elle m’a révélé que mes examens n’étaient vraiment pas beaux. Mon thorax était fracturé et anormalement configuré, mes ganglions étaient beaucoup trop gros. À ce moment-là, il y avait deux hypothèses. Soit c’était une infection, soit c’était un cancer. 

Dès lors, la famille est contrainte d'aviser les Huskies qu'elle ne peut pas garder Alex Labbé à la maison. 

«Le lendemain, je passais une biopsie en compagnie de ma mère Isabelle.»

Quelques jours plus tard, le diagnostic tombe. 

«C’était un lymphome d’Hodgkin de stade deux.»

Un lymphome d'Hodgkin... Le même type de cancer qu'a affronté (et vaincu) Mario Lemieux en 1993.

«Le Magnifique» s'en mêle                

On vous parlait, en début d'article, d'un merveilleux geste posé par Mario Lemieux.

Figurez-vous que moins de 2h après avoir été informé de l'histoire de la famille Martin-Perron par le TVASports.ca, l'ex-vedette de la LNH a fait parvenir cette missive directement à Léonie. 

«Chère Léonie, j’ai appris que tu étais une grande partisane des Penguins et que tu as récemment reçu un diagnostic de lymphome d’Hodgkin. Sache que je comprends parfaitement ce que tu vis et que je te souhaite tout le succès possible dans ton combat contre cette maladie.

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«Personnellement, j’ai trouvé du réconfort et de la force en conservant de forts liens avec les gens qui me sont proches. Leur support a eu un indéniable impact sur ma façon de vivre mon combat. J’espère sincèrement que tu sauras aussi trouver ce réconfort auprès des personnes qui te sont chères. 

«Crois-moi, c’est aussi très important de garder une attitude positive face à ce défi. Rappelle-toi que chaque mois qui passe nous rapproche d’une réalité où tous les types de cancers pourront être traités. 

«N’oublie jamais que ta maladie peut être vaincue et qu’une vie heureuse et saine t’attend quand tout ça aura pris fin. 

«Léonie, accepte s’il-vous-plaît ce souvenir et mes vœux les plus sincères. Ton ami, Mario Lemieux.»

Lemieux a également pris soin d'envoyer à Léonie une rondelle des Penguins autographiée de sa main. La famille a filmé le touchant moment où la jeune fille a reçu le colis. 

«Ben voyons donc!»          

Contactée quelques heures après la réception dudit document, Léonie Barrette semblait encore émue par le geste de l'ancien no 66. 

«Recevoir une lettre du genre de la part de Mario Lemieux, c’est tout un feeling. J’ai vraiment trouvé ça touchant qu’il ait pris la peine de s’adresser directement à moi. Il a vécu ce que je suis en train d'affronter et me comprend. Je trouve que le hasard fait bien les choses, car chaque fois que j’apprends à quelqu’un que je combats un lymphome d’Hodgkin, la première réaction est toujours: "comme celui qu’a vaincu Mario Lemieux!"

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«Disons que ça donne une bonne dose d’énergie pour la suite...»

Benoit Perron, lui, a peiné à y croire pendant quelques minutes lorsqu’il a reçu la lettre. 

«Je me suis dit : "ben voyons donc". Mario Lemieux, pour moi, c’est une idole de jeunesse. Qu’il ait pris la peine de s’attarder à notre histoire comme ça, c’est gros. On va assurément faire encadrer ça!»

D'excellentes nouvelles  

Si le mot «cancer» est évidemment terrifiant à entendre, Léonie, en date du 18 février et après avoir subi plusieurs traitements de chimiothérapie, a cependant communiqué d'excellentes nouvelles à l'auteur de ces lignes. 

«J’ai récemment eu un rendez-vous avec mon oncologue pour obtenir les résultats d’un scan que j’avais passé il y a quelques semaines. Il m’a appris que mon corps répondait très bien aux traitements. Il a même été jusqu’à me confirmer que j’allais assurément guérir. J’étais évidemment heureuse comme jamais. 

«La seule chose que l’on devra surveiller, dans les prochains jours, c’est qu’il y a encore un de mes ganglions qui est enflé. Mais c’est peut-être seulement une réaction au fait que mon sternum a été fracturé au début du processus. Il se peut que ça n’ait aucun lien avec le cancer, comme ça peut aussi en avoir un. Mais même si c’est le cas, on m’a assuré que les prochains traitements allaient se charger de ça!»           

Léonie affirme qu’il lui reste désormais quatre traitements de chimiothérapie à subir. Elle passera un autre scan le 29 mars. Elle aura alors la confirmation ultime que sa guérison est chose concrète.

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Mais en attendant, elle profite des dernières bonnes nouvelles reçues. 

«Ça n’a pas toujours été facile ces derniers mois, confie l’étudiante en soins infirmiers. Mais entendre mon médecin me dire qu’il avait signé mon billet de retour au travail pour le 1er juillet, c’est fantastique.»

Il faut toutefois spécifier que la guérison de Léonie est loin d'être le fruit du hasard. 

«Je fais tout pour aider mon corps à s’en sortir. Je sors marcher, je fais du vélo stationnaire. J’ai fait de la gymnastique pendant une dizaine d’années, mais je te dirais que je suis plus sportive aujourd’hui qu’avant l'annonce du cancer», lance la courageuse jeune femme. 

«Pour te donner une idée, j’ai fait 500 minutes d’activité physique la semaine dernière. Je suis convaincue que bouger va stimuler la guérison. J’ai l’impression que c’est une façon pour moi de mettre mon grain de sel dans mes traitements, un moyen de faire décoller la chimio de sur mes muscles.»

Comme si ce n’était pas assez, Léonie suit en parallèle six (!) cours universitaires.

«Ça me tient occupée et ça prouve à tout le monde que je suis la même jeune femme passionnée qu’avant l’annonce.»

Léonie, sa mère et son beau-père Benoît sont clairs: la croyance voulant qu’un tel diagnostic change une vie est véridique à 100%. 

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«Soudainement, tu prends conscience des choses qui sont vraiment importantes», affirme Isabelle.

«Tu en viens à investir ton temps sur les choses qui comptent réellement, confirme pour sa part Benoît, visiblement très ému. Tes choix de vie sont basés sur des éléments différents.»

Vague d’amour                   

Léonie est claire. Sa participation à ce reportage n’est pas pour attirer quoi que ce soit. Elle ne veut ni argent, ni pitié. Tout ce qu’elle veut, dit-elle, c’est démontrer que chaque personne peut contrôler sa façon d’affronter une épreuve. 

«Si tu fais un accident d’auto et que tu te retrouves paraplégique, tu n’as pas le choix de vivre comme ça. Moi, je veux démontrer que même si le mot "cancer" fait peur, j’ai le choix de me battre. J’ai le choix de dire au cancer qu’il ne gagnera pas.»

Isabelle et Benoît avouent être complètement renversés par le positivisme affiché par leur fille. 

«Elle est tellement impressionnante, lance Benoît. Elle démontre aux autres que leurs petits problèmes du quotidien ne sont peut-être pas si graves que ça...»

Isabelle renchérit: 

«Le cancer ne s’en est pas pris à la bonne personne, je te le confirme! Il commence d'ailleurs à s'en rendre compte... Léonie est une battante et il n’y a rien qui puisse la déstabiliser. Je suis fière de ma fille et de son attitude face à tout ça. Elle est inspirante.»

Félix Bibeau, lui, communique quotidiennement avec Léonie et sa famille. 

«Je leur demande des nouvelles chaque jour. Je veux tout savoir très rapidement. Mon but, en t’ayant sollicité en décembre, c’était vraiment que les gens puissent découvrir à quel point Léo et ses parents sont des gens merveilleux qui méritent tout le support du monde.»

Sur les réseaux sociaux, un groupe Facebook (privé) a été lancé pour que les gens puissent avoir des nouvelles de Léonie en temps réel. Sur la plate-forme, des centaines de personnes témoignent de leur amour pour la jeune femme, plusieurs allant même jusqu’à se faire raser les cheveux en signe de support. 

«Les gens sont vraiment incroyables avec moi. À ce stade-ci, le plus beau message que les gens peuvent me transmettre, c’est: "tu es forte. Tu vas vaincre cette maladie et ne plus jamais regarder en arrière".»

C'est franchement bien parti, Léonie. D'ailleurs, tout le monde est derrière toi. Même Mario Lemieux. 

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