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Baseball - MLB

Blake Snell livre enfin ses états d’âme

Agence QMI

Publié | Mis à jour

Les amateurs de baseball se rappellent encore très bien de la décision du gérant des Rays de Tampa Bay, Kevin Cash, de remplacer son partant Blake Snell durant le dernier match de la Série mondiale. Le lanceur est revenu sur le sujet dans un long texte diffusé jeudi, sans refuser de blâmer son ancien entraîneur.

Maintenant avec les Padres de San Diego, qui l’ont obtenu par voie de transaction le 29 décembre, le gaucher a exprimé sa déception quant au choix de Cash. Ce dernier a été remis en question, surtout que son choix ne s’est pas avéré payant. Snell avait tenu en échec les Dodgers de Los Angeles durant les cinq premières manches du sixième affrontement de la finale. Cependant, après un retrait, il a concédé un simple à Austin Barnes et l’entraîneur l’a aussitôt remplacé par Nick Anderson. Le releveur n’a pas fait le travail et les Dodgers ont effacé un retard de 1 à 0 pour l’emporter 3 à 1 et décrocher le titre.

«Premièrement, je ne pense pas exagérer en disant que je contrôlais cette rencontre. J’étais vraiment là. N’importe qui regardant le baseball vous le dira : je lançais le match de ma vie, ce soir-là, a-t-il d’abord rédigé sur le site Players’ Tribune. Quand vous faites cela et que vous êtes dans le moment présent, tout ce que vous avez en tête, c’est qui se trouve au bâton et votre plan de match. Vous êtes 100 % investi et concentré à retirer les frappeurs.»

«Durant tout le match, je suis super concentré. [...] Je sais quels lancers décocher à chaque gars et où exactement les placer. Tout clique bien. [...] Puis, je me dirige sur la butte pour amorcer la sixième manche et au loin, je vois Anderson se réchauffer dans l’enclos. [...] Je me dis : quoi? a-t-il poursuivi. Dans mon for intérieur, je me dis que je suis en train d’écrire l’histoire, je n’ai jamais été aussi bon face à une aussi bonne formation. Pourquoi cet homme se prépare-t-il à lancer?»

Une machine soudainement déréglée

Ainsi, il précise qu’une fois qu’il a vu Anderson se réchauffer, toute sa machine a été affectée.

«Ça fait assez longtemps que je suis dans le baseball pour comprendre; j’ai vu ce scénario souvent dans l’équipe, incluant en séries. Je sais ce qui s’en vient. Je me dis qu’on va réellement me sortir du match, le plus gros de ma vie. [...] Dès que je l’ai vu, ça m’a traversé l’esprit et placé plusieurs incertitudes en moi. Cela a tout gâché le processus. Si je ne vois pas cela et que je me présente pour cette manche, je demeure totalement concentré sur les frappeurs qui se trouvent devant moi et sur mon plan. Il n’y a aucune chance que mon esprit flanche. Au lieu de cela, ce qui m’est venu en tête, c’est : "ne donne pas de coup sûr. Retire seulement ces gars-là. Peu importe ce que tu fais, ne donne pas de coup sûr". Je suis donc passé de "ces joueurs ne peuvent me toucher" à "s’il te plaît, ne frappe pas en lieu sûr contre moi, car on me remplacera, même si c’est une faible frappe au centre".»

Pas rancunier

Cependant, Snell refuse de lancer la pierre à Cash, qu’il dit respecter au plus haut point.

«Il n’essayait pas de perdre. Il a fait ce qu’il croyait être le mieux. Mon père m’a déjà dirigé et je peux dire comment son travail est difficile. Vous ne me verrez jamais fâché contre un gérant, a-t-il affirmé. Il doit vivre avec ses décisions, comme je dois vivre avec mes performances. Il voulait gagner comme tout le monde. Parfois, les choses ne fonctionnent pas. Je ne peux pas être furieux contre lui pour cela.»