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Le PSG s’impose sans trop forcer

Publié | Mis à jour

Sans surprise, sans trembler, sans forcer, sans même avoir besoin de titulariser Neymar, le Paris Saint-Germain a très facilement remporté dimanche le 100e « Classique » de l'histoire du football français en battant 2-0 l'Olympique de Marseille, désormais en morceaux après deux mois de crise.

« C'est notre Ligue des Champions en championnat », avait dit vendredi l'entraîneur marseillais par intérim Nasser Larguet et c'était bien vu. Car comme en Ligue des Champions en début de saison, les Marseillais ont perdu et constaté l'écart qui les sépare du très haut niveau.

Leur état d'esprit n'est pas en cause et après les 10 jours de tempête qu'ils viennent d'affronter, entre les graves incidents de la Commanderie, la démission-mise à pied d'André Villas-Boas et la tuile de la blessure de Milik, ils ont un certain mérite à avoir essayé de rivaliser avec le PSG.

Mais Paris était bien plus fort et avait envie de gagner, parce que c'était un Classique, et aussi parce que Lyon et Lille l'ont fait ce week-end et qu'il y a un championnat à remporter, plus difficile cette saison.

Pendant une heure, Neymar a donc vu tout cela du banc de touche, encore barbouillé peut-être après la gastro-entérite qui l'a empêché de s'entraîner samedi. Mais à moins de 10 jours du choc face à Barcelone en Ligue des Champions, Mauricio Pochettino a sans doute aussi voulu éviter tout risque de blessure pour le Brésilien.

Icardi du dos

La mésaventure est arrivée à Di Maria, sorti dès la 10e minute en se touchant la cuisse droite et ça n'est pas une bonne nouvelle pour les Parisiens.

L'Argentin avait tout de même déjà eu le temps de participer au premier but du match. Tout est parti d'un corner marseillais. Sur la contre-attaque, Rongier était battu de la tête par... Verratti et ensuite tout a été très vite. 

En deux passes, dont la dernière de Di Maria, Mbappé était lancé comme une balle dans un espace trop beau pour le gâcher. Sakai a taclé dans le vide et l'attaquant des Bleus a tranquillement battu Mandanda (1-0, 9e).

Marseille alors n'a pas baissé la tête. Avec une volée trop haute de Kamara, une bonne frappe de Rongier et une autre superbe de Gueye, les Provençaux ont même joliment occupé le terrain.

Mais dès la 25e minute, Icardi a calmé ces velléités de rébellion avec un but du dos, son quatrième en trois matches contre l'OM. Le but de l'Argentin est heureux mais il a aussi exposé toutes les limites marseillaises avec, sur l'action, Payet passif, Nagatomo dépassé et Alvaro battu par meilleur que lui.

Payet expulsé

Le PSG a donc rapidement tué tout suspense et comme, forcément, il n'y avait pas non plus d'ambiance, ni dans le stade ni en dehors, où les supporters marseillais se sont contentés de quelques banderoles hostiles à la direction en début de journée, ce « Classique » ne restera pas dans les mémoires.

Pour l'OM, il sera facile de dire qu'il n'y avait de toutes façons rien à perdre. Ca n'est pas tout à fait faux mais Marseille (9e) avait déjà beaucoup perdu avant et avec désormais une seule victoire lors des 11 derniers matches disputés toutes compétitions confondues, il commence à y avoir urgence. 

Le carton rouge reçu à la dernière minute par Payet pour une faute maladroite sur Verratti n'arrange rien et Larguet, ou son successeur, quand il arrivera, ont du travail.

Paris, de son côté, a rempli son contrat. Marquinhos et Verratti, de nouveau positionné haut dimanche, ont fait leur retour, Neymar s'est dégourdi les jambes et tout le monde regarde désormais vers le Camp Nou. 

En d'autres temps, ce match au Vélodrome aurait même pu être un avant-goût de Ligue des Champions. Mais dimanche à Marseille, il n'y avait personne pour jouer les rôles de Messi, Griezmann et les autres.

L'AC Milan reprend la tête de la Serie A, 500e but d'Ibrahimovic

L'AC Milan a repris la tête de la Serie A, devant l'Inter et la Juventus, en battant facilement la lanterne rouge Crotone (4-0) dimanche, avec à la clé un doublé de Zlatan Ibrahimovic qui a marqué ses 500e et 501e buts en club.

Dans ce match de la 21e journée, à huis clos, le stade San Siro a sonné creux et Crotone a bien résisté pendant une demi-heure face à un Ibrahimovic très remuant et un peu râleur, comme à son habitude, quand le ballon ne lui était pas servi sur un plateau.

Jusqu'à ce que le vétéran suédois (39 ans) montre la voie en ouvrant le score: un tir imparable du droit, dans le petit filet de Crotone, après un une-deux parfait avec le jeune Brésilien Leao sur le côté gauche de la surface (1-0, 30e).

Interrogé à la mi-temps par Sky Sport, Ibrahimovic a tenu à relativiser, à sa façon: « Cela signifie que j'ai marqué quelques buts dans ma carrière. L'important c'est de continuer, d'aider l'équipe de la meilleure façon possible. Mon travail c’est de marquer et de créer des situations pour marquer ».

Il fallait encore faire le break, pour rassurer définitivement le leader de la Serie A. Et c'est Ibrahimovic qui s'est occupé de la besogne, alors que la défense de Crotone l'avait laissé tout seul aux six mètres (2-0, 64e). Le compte est donc de 501 buts en un peu plus de 20 ans, série en cours, ce qui fait une sacrée moyenne.

À deux longueurs de Cristiano

Avec l'AC Milan, « Ibra » a donc déjà marqué 14 buts cette saison en 11 matches de Serie A, dont trois seulement sur penalty. Ca ne fait que deux buts de moins que le leader inoxydable de la Juventus, Cristiano Ronaldo, 36 ans, qui a marqué son 16e but personnel, en championnat, samedi contre l'AS Rome.

Le score a été alourdi par le Croate Ante Rebic, auteur lui aussi d'un doublé, comme Zlatan, mais en deux minutes seulement (69e, 70e). Puis Zlatan est sorti en souriant à la 77e minute, remplacé par un autre Croate, Mario Mandzukic.

« Le Scudetto ? Les matches décisifs viendront plus tard, maintenant il faut juste résister à toutes les pressions, c'est un privilège », a réagi Stefano Pioli, l'entraîneur du Milan AC.

« Les sept premiers du classement sont tous capables de se battre pour le titre et les quatre premières places. Notre but c'est de s'attendre au meilleur (de la part de nos rivaux) et de gagner chaque match », a ajouté le coach italien qui s'attend à « une période délicate, avec beaucoup de matches ».

L'Inter était allée battre la Fiorentina vendredi (2-0), puis la Juve avait fait de même, sur le même score, samedi à Turin contre l'AS Rome. Le Milan du roi Zlatan a toujours la situation bien en main, grâce notamment à son vétéran buteur.

Dans les deux derniers matches en soirée dimanche, la Lazio a obtenu une courte (1-0), mais précieuse victoire sur le rélégable Cagliari, qui lui permet de prendre la 5e place aux dépens de Naples battu samedi au Genoa. Et Parme, l'avant-dernier, a été puni (3-0) à domicile par Bologne. 

Liverpool risque de perdre sa couronne

Malgré un penalty raté, Manchester City a infligé dimanche une troisième défaite de rang à domicile à Liverpool, écrasé 4-1 et dont les chances de défendre son titre sont sérieusement compromises après 23 journées de Premier League.

Liverpool sombre face à City

Pep Guardiola ne l'avait jamais emporté à Anfield Road, mais ses hommes prennent cinq longueurs d'avance sur leur dauphin, Manchester United, accroché samedi par Everton (3-3), et surtout dix longueurs sur les Reds alors qu'ils ont un match en moins que ces deux équipes.

Liverpool, qui n'avait plus perdu trois matches de suite chez lui en championnat depuis 1963, doit maintenant sérieusement regarder dans le rétroviseur où Chelsea, qui a gagné (2-1) à Sheffield United et West Ham, sont à un point, mais aussi Everton, 7e à trois points mais avec deux matches en moins, menacent sa place en Ligue des Champions.

Liverpool aura fait illusion 70 minutes face à l'équipe la plus en forme en Premier League et peut-être en Europe, puisque les Citizens en sont à 14 matches consécutifs sans défaite, dont 12 victoires, en championnat.

La portée sportive mais aussi symbolique de ce triomphe est retentissante pour les double champions 2018 et 2019, réduits au rôle de spectateur l'an dernier par le cavalier seul des hommes de Jürgen Klopp.

Le milieu de terrain allemand Ilkay Gündogan, qui a raté un penalty lors du premier acte avant d'inscrire un doublé (1-0, 49e, puis 2-1, 73e), a encore été très en vue, lui qui fait depuis plusieurs matches totalement oublier l'absence de Kevin de Bruyne.

Les errements défensifs d'une équipe de Liverpool essayant de colmater tant bien que mal les trous laissés par les blessures ont fini aussi par lui coûter cher. Aucune des deux recrues défensives du mercato d'hiver - Ben Davies et l'international turc Ozan Kabak - n'étaient d'ailleurs titulaires au coup d'envoi.

Et la façon dont Trent Alexander-Arnold s'est fait passer sur l'action amenant le penalty, ou même la faute de Fabinho - qui n'aurait pas posé de problème au milieu du terrain où il joue habituellement, mais était bien plus préjudiciable dans une surface de réparation - montrent les limites du bricolage permanent.

Liverpool a aussi été « trahi » par son gardien Alisson, qui revenait de blessure et était incertain pour ce match au sommet. Auteur de plusieurs erreurs incroyables dans le jeu au pied, il a été à l'origine du deuxième but de Gündogan et de celui de Raheem Sterling (3-1, 76e).

Offensivement aussi, Liverpool souffre, et le but de Mohamed Salah sur un penalty (1-1, 63e), qui avait brièvement fait renaître l'espoir, est un bien piètre cache-misère. Cela n'enlève rien à la prestation exemplaire de City en seconde période qui fait des hommes de Guardiola les favoris incontestés pour le titre.

Tottenham repart grâce à Kane

Avec le retour de son attaquant-buteur Harry Kane, Tottenham a renoué avec le succès en battant le relégable West Bromwich Albion (2-0), dimanche, et s'accroche au wagon européen: avec 36 points, les Spurs sont 8e à quatre points des places qualificatives pour la C1, mais avec un match en moins.

West Brom, avec 12 points et 11 longueurs de retard sur le premier non-relégable, a de plus en plus des airs de condamné au retour en Championship (D2), un an près s'en être extrait.

Avant ce match, Tottenham restait sur trois défaites de rang en championnat, du jamais vu pour une équipe dirigée par José Mourinho, mais le retour du capitaine de la sélection anglaise a fait le plus grand bien aux Spurs, même si un succès face à une équipe ayant encaissé 54 buts en 23 matches doit être relativisé.

Les Londoniens ont dû attendre le second acte pour trouver la faille par Kane lui-même, très bien servi par une passe de Pierre-Emile Hojberg dans un intervalle, qui a conclu du plat du pied (1-0, 54e).

Le but du break est venu quatre minutes plus tard sur un contre emmené par Lucas Moura qui a bien décalé Son Heung-min. Le sang-froid du Coréen devant le but a fait le reste (2-0, 58e). Du baume au cœur pour Tottenham qui se rendra à Manchester City samedi prochain pour un test d'une toute autre ampleur.

Dans le deuxième match de l'après-midi, Leicester n'a pas pu faire mieux qu'un nul vierge (0-0) à Wolverhampton, malgré le retour de son buteur fétiche, Jamie Vardy, entré à une demi-heure de la fin. Leicester conserve sa 3e place avec 43 points.