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Un Super Bowl différent

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L’extravagance habituelle qui entoure le Super Bowl ne sera clairement pas la même cette année, en temps de pandémie. Le stade ne sera rempli qu’au tiers et Tampa ne sera pas en liesse comme les autres villes hôtesses du cirque de la NFL par le passé. La grand-messe du football américain sera clairement différente, mais plus que jamais auparavant, nécessaire.

En ce début de 2021 difficile, il est réconfortant de se raccrocher à un brin de normalité. Même si toutes les festivités qui entourent le Super Bowl seront largement réduites, la NFL a pris le pari d’aller au bout de sa saison et a gagné.

Un Super Bowl très différent

Ce Super Bowl ne sera pas celui qui débute par la traditionnelle et disjonctée soirée des médias. Pas de parterre bondé d’hurluberlus qui s’improvisent journalistes en rivalisant d’astuces pour poser des questions encore plus saugrenues que leurs accoutrements.

Il ne sera pas celui où plus de 5000 journalistes du monde entier déferlent sur place pour talonner joueurs et entraîneurs toute la semaine en quête d’une bonne histoire. Place au nouveau monde des visioconférences de groupe, plus beiges et ternes!

Ce Super Bowl ne sera pas celui des typiques partys VIP, tout au long de la semaine, qui font courir les vedettes et ceux qui s’y collent.

Ce Super Bowl ne sera pas non plus celui de 65 000 spectateurs entassés dans un stade. La foule sera plutôt réduite à 22 000 personnes, masquées et distancées, dont 7500 travailleurs de la santé vaccinés. Pour la première fois depuis le tout premier Super Bowl, le stade ne sera pas rempli à pleine capacité.

À la maison, ce Super Bowl ne sera évidemment pas celui où les ailes de poulet et autres victuailles seront consommées en grands groupes collés-collés dans le canapé, devant le téléviseur. Et parlant de téléviseur, pour la première fois depuis des années, des géants dont Budweiser et Coke ne feront pas partie de la valse des publicités. Un Super Bowl bien différent, qu’on vous dit...

Pas une mauvaise chose

Évidemment, tous ces changements affectent le côté festif et démesuré qui caractérise normalement le Super Bowl. Un retour à la normale est souhaitable dès que possible. Plusieurs trouvent habituellement le Super Bowl trop tapageur, imposant et excessif, mais avouons-le, c’est aussi ce qui fait partie de son charme!

Sauf qu’en cette période bien particulière, il n’y a rien de mal à ce que le spectacle entourant la présentation du Super Bowl soit à échelle réduite.

Il y a quelques mois à peine, plusieurs semblaient convaincus que la NFL ne pourrait pas entamer sa saison comme à l’habitude et encore moins la terminer avec la présentation du match ultime. En soi, c’est un retentissant succès de garder les férus de sport le plus près possible de la normalité.

Et si, finalement, le Super Bowl 55 devenait l’occasion idéale de se recentrer sur ce que l’événement devait être à la base, soit un grand match sportif? Les fioritures autour du duel c’est bien, mais le duel comme tel, c’est mieux. Toute l’attention portée sur ceux qui le méritent vraiment, les joueurs et entraîneurs qui rivalisent de sacrifices depuis des mois.

À mon grand désarroi, pour la première fois depuis la saison 2010, je ne serai pas sur place pour la couverture de cette tradition qui m’est chère. Il y aura quand même des histoires à vous raconter dans ces pages toute la semaine.

En revanche, à mon grand plaisir, c’est avec la petite famille que l’affrontement entre Chiefs et Buccaneers sera consommé, pour une rare fois.

J’aurais souhaité y être, mais la compagnie des proches sera plus sympathique que celle des représentants du «Korea Daily News» ou du «Mexico Times».

Je ne peux que vous en souhaiter autant ! En ces temps particuliers, après tout, vaut mieux une Corona qu’un virus.

Petit pincement quand même, chers lecteurs, car il s’agirait en temps normal de ma 10e présence au Super Bowl. Pas grave, j’ai le reste de ma vie pour rattraper Tom Brady...

Gardez le sourire et bon match!

Saviez-vous que...

Buccaneers, Tampa bay

  • Tom Brady revendique 33 victoires à ce jour en séries. C’est plus que 28 franchises en comptent dans toute leur histoire dans la NFL.
  • Leonard Fournette est devenu le seul porteur après Arian Foster, Franco Harris et Marcus Allen à accumuler plus de 350 verges par la course, cinq touchés au sol et un touché sur une réception dans ses cinq premiers matchs éliminatoires.
  • Les Buccaneers ont inscrit 41 points durant les présentes séries à la suite de revirements forcés par leur défensive. Il s’agit du troisième plus haut total de l’histoire en séries et il reste un match à disputer.

Chiefs, Kansas city

  • Patrick Mahomes a rejoint Tom Brady, Kurt Warner et Russell Wilson, comme étant les seuls quarts-arrières qui ont pris part au Super Bowl deux fois lors de leurs quatre premières saisons.
  • Dans l’ère Andy Reid et Patrick Mahomes, il est arrivé seulement huit fois en 46 rencontres que les Chiefs inscrivent moins de 25 points dans un match.
  • Tyreek Hill revendique 25 touchés de plus de 30 verges depuis 2016. Durant cette période, aucun autre joueur n’en compte plus de 15 sur cette distance.

5 duels à surveiller

Difficile de patienter jusqu’à dimanche prochain, sachant que les Chiefs et Buccaneers vont tirer un trait sur une saison unique lors du Super Bowl 55. Ce match est bien sûr captivant pour la symbolique des deux quarts-arrières en opposition. La riche histoire de Tom Brady contre le présent et le futur que Patrick Mahomes est en train d’écrire. Est-ce le moment de la passation du flambeau ? Plusieurs batailles seront déterminantes pour en arriver au couronnement de l’un ou l’autre. Question de bien lancer la couverture quotidienne que vous proposera Le Journal toute la semaine, voici cinq duels à surveiller.

1. Il sera fascinant de surveiller le maraudeur et homme à tout faire de la défensive des Chiefs, Tyrann Mathieu. Bien sûr, Tom Brady en a vu d’autres durant son illustre carrière, mais Mathieu a le don inné de se retrouver collé au ballon. Les Chiefs voudront sans doute le déployer plutôt près de la ligne de mêlée pour qu’il couvre le milieu de terrain. Brady devra deviner si Mathieu l’attaquera sur des blitz ou s’il se retirera en couverture. Il est clairement le joueur le plus polyvalent et dangereux dans la tertiaire des Chiefs, avec ses six interceptions cette saison.

2. La magie de Patrick Mahomes survient souvent lorsqu’il parvient à s’échapper de sa pochette pour prolonger le jeu et repérer un receveur quand la couverture adverse finit inévitablement par briser. Sauf qu’avec des chasseurs de quarts comme Shaquil Barrett et Jason Pierre-Paul de l’autre côté, il risque de devoir se défaire du ballon hâtivement. Surtout que le bloqueur à gauche Eric Fisher sera tenu à l’écart, tout comme son compère à droite Mitchell Schwartz. C’est là un énorme point d’interrogation pour l’attaque des Chiefs.

3. La tertiaire des Chiefs a connu l’un de ses meilleurs matchs la semaine dernière face aux receveurs de passes des Bills et le défi s’annonce encore plus grand face aux Buccaneers, qui alignent cinq ailiers espacés capables de réussir de gros jeux en Mike Evans, Chris Godwin, Antonio Brown, Scotty Miller et Tyler Johnson. Godwin a explosé dans les présentes séries avec 223 verges et il a été ciblé 28 fois par Tom Brady. Il est le receveur des Bucs qui est le plus en mesure de transformer une passe anodine en long gain. Charvarius Ward est l’un des demis de coin des Chiefs qui fait du bon travail, sans reconnaissance.

4. Le porteur de ballon recrue des Chiefs n’a presque pas été utilisé en finale de conférence, mais avec une semaine de repos entre ce match et le Super Bowl, il devrait pouvoir fonctionner à plein régime. Les Buccaneers sont l’une des meilleures équipes du circuit pour freiner le jeu au sol, mais ils risquent de ne pas remplir la boîte afin de répondre à l’attaque aérienne des Chiefs. Si c’est le cas, le secondeur Devin White devra suivre Edwards-Helaire à la trace, autant au sol que lorsqu’il quitte le champ-arrière pour capter une passe.

5. D’un côté, le plus grand stratège offensif de son époque en Andy Reid, aux commandes d’une attaque qui dispose de tous les joujoux imaginables. De l’autre côté, le coordonnateur défensif Todd Bowles, maître de la confusion, qui utilise rarement les mêmes fronts et couvertures. C’est une partie d’échecs qui promet ! Reid mérite toute la reconnaissance qu’il reçoit enfin, mais Bowles pourrait lui causer des ennuis. Ses demis de coin sont physiques et sa défensive cause revirement par-dessus revirement. Les Chiefs protègent habituellement bien le ballon et leur vitesse est une menace sur chaque jeu.