Surprise et pur luxe

Michel Bergeron
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Il faut être honnête : difficile de trouver du négatif chez le Canadien en ce début de saison. Pas que je veuille absolument en trouver, au contraire. Mais, dans mon rôle d’analyste, je dois me concentrer autant sur ce qui va bien que sur ce qui cloche.
À un certain moment, on a cru que le CH ne parviendrait pas à maintenir ce rythme bien longtemps. Toutefois, force est d’admettre qu’à chaque rencontre qu’elle dispute, on a l’impression que la troupe de Claude Julien est toujours meilleure.
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Puis, on s’est inquiété un peu de l’indiscipline de l’équipe au début de la saison. Quand on y repense, aucune pénalité n’était réellement de l’indiscipline à proprement parler.
Des coups de bâton sur les gants et de l’accrochage ? Oui. Des gestes égoïstes où un joueur a choisi son intérêt personnel au détriment de l’équipe ? Non.
Jeudi soir, le Tricolore a complètement dominé les Flames de Calgary, qui n’ont pas fait le poids du tout. Comme ce fut le cas pour les Canucks de Vancouver et les Oilers d’Edmonton avant eux.J’essaie vraiment de ne pas m’enflammer, mais c’est plus fort que moi.
Est-ce que ça va durer ? Impossible à prédire. Concentrons-nous donc sur ce qu’on voit en ce moment. Et ce qu’on voit, c’est une équipe qui gagne et dans une ligue où c’est la victoire qui fait foi de tout, difficile de demander mieux.
LA SURPRISE EVANS
Le Canadien est bien équilibré et bâti pour gagner. Le mélange de jeunes prometteurs et de vétérans aguerris fonctionne à merveille jusqu’à présent.
Évidemment, Nick Suzuki s’impose déjà comme la future vedette offensive de l’équipe et Jesperi Kotkaniemi fait des pas de géant depuis le début de la saison. Mais ma plus grande révélation, c’est Jake Evans. Je dis « révélation », car c’est celui avec lequel j’étais le moins habitué.
J’avais entendu de très bons commentaires à son sujet, notamment de Joël Bouchard, qui l’a dirigé avec le Rocket de Laval l’an dernier, mais plus je le regarde et plus je vois qu’il est exactement comme on nous l’avait décrit : un centre droitier efficace dans les deux sens de la patinoire.
Le trio qu’il forme avec Artturi Lehkonen et Paul Byron, étiqueté comme la quatrième unité en attaque de l’équipe, est du pur luxe.
Lehkonen et Byron ont déjà été utilisés au sein de deuxième ou troisième trios dans leur carrière et offrent maintenant à Claude Julien une profondeur qui rend son travail beaucoup plus facile.
CHACUN SON RÔLE
Parlant de l’entraîneur-chef du Tricolore, il faut absolument lui donner crédit.
Oui, Marc Bergevin a mis en place un alignement qui permet au coach de travailler avec aise, mais toujours faut-il que ce dernier trouve les bons ingrédients pour que la soupe ne soit pas indigeste !
Ce que j’aime par-dessus tout, c’est que Julien a été en mesure d’insérer les nouveaux venus dans des rôles clés, et ce, sans trop nuire aux joueurs qui étaient déjà avec l’équipe.
Tomas Tatar et Brendan Gallagher n’ont pas perdu leur temps de jeu sur l’avantage numérique malgré l’arrivée de Tyler Toffoli, Corey Perry ou Josh Anderson.Ça peut sembler banal, mais c’est un tour de force de réussir à rendre tout le monde heureux au sein d’une équipe qui compte autant de talent.
On a l’impression que personne n’est frustré en ce moment et ça rend l’ambiance extrêmement positive.Ce faisant, non seulement le rôle de l’entraîneur est facilité, mais celui des leaders de l’équipe aussi.
LE CENTRE BELL VIDE
En écrivant cette chronique, j’ai finalement trouvé un point négatif : l’absence des partisans au Centre Bell pour la rencontre de jeudi soir.
Pas de doute que les joueurs du Canadien auraient aimé pouvoir célébrer ce bon début de saison avec leurs fidèles partisans.L’ambiance, c’est probablement tout ce qui manque en ce moment.

LES ÉCHOS DE BERGIE
Le départ d’un vétéran
On a appris la démission du directeur général des Penguins de Pittsburgh, Jim Rutherford, cette semaine.
Les raisons de son départ sont nébuleuses. Le principal intéressé parle de raisons personnelles tandis que des rumeurs à Pittsburgh circulent à l’effet que Rutherford ait démissionné après que la direction de l’équipe eut refusé d’accepter son plan d’échanger Kristopher Letang.
Toujours est-il que, si Rutherford ne revient jamais dans la LNH, il pourra dire mission accomplie. Il a aidé les Penguins à remporter deux fois la Coupe Stanley, en 2016 et 2017, en plus d’avoir également soulevé le gros trophée en 2006 quand il était le directeur général des Hurricanes de la Caroline.
À 71 ans, il mériterait de passer à autre chose et de se reposer. Reste maintenant à savoir si une autre équipe tentera de l’attirer dans son organisation.
Si c’est le cas, gageons que Rutherford s’assurera d’avoir les coudées franches avant d’accepter.
Enfin pour Alexis !
Quel plaisir de voir Alexis Lafrenière inscrire son premier but en carrière dans la LNH lors de la prolongation du match entre les Rangers de New York et les Sabres de Buffalo, jeudi soir !
On pouvait voir non seulement la joie mais également le soulagement dans son visage.
Le jeune Québécois est évidemment bien au courant de la pression qui vient avec le fait d’être repêché au tout premier rang au total et il ne fait aucun doute que de n’avoir inscrit aucun point à ses six premiers matchs dans la LNH le chicotait. Maintenant, c’est derrière lui et il peut regarder vers l’avant.
Ce que j’aime par-dessus tout, c’est le fait que l’entraîneur-chef des Rangers, David Quinn, ait continué à lui faire confiance malgré sa disette offensive.
En l’envoyant sur la patinoire en prolongation, il lui a donné une chance en or de marquer et Lafrenière a répondu de la plus belle des façons. C’est le début d’une belle carrière pour lui.
Pas facile à Ottawa
Les Sénateurs d’Ottawa sont en difficulté. Ils connaissent un début de saison extrêmement difficile et il est évident qu’ils n’ont pas le punch offensif pour rivaliser avec les puissances du circuit.
Mercredi, ils ont dirigé 23 tirs au but en première période face aux Canucks de Vancouver, mais n’ont pas été en mesure de retraiter au vestiaire avec l’avance. Finalement, ils ont été lessivés 7-1.
Propos recueillis par Kevin Dubé