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NFL

«C’est incroyable d’être rendu là»

Stéphane Cadorette

Publié | Mis à jour

Il y a un peu plus de quatre ans, Antony Auclair terminait sa carrière universitaire en remportant une deuxième Coupe Vanier. Le 7 février prochain, c’est le trophée Vince-Lombardi qu’il pourrait soulever, si les Buccaneers de Tampa Bay disposent des Chiefs de Kansas City au Super Bowl LV. L’ailier rapproché québécois n’arrive toujours pas à y croire.

«Je ne réalise pas encore pleinement. Je n’ai pas très bien dormi dans les derniers jours. Je suis tellement excité! Ça a été une année folle avec la COVID et tous les protocoles à suivre. Il y a eu peu de partisans lors des matchs et tout a été tellement différent, mais c’est incroyable d’être rendu là», a lancé l’ancien du Rouge et Or lors d’une visioconférence organisée par les Buccaneers et regroupant une trentaine de journalistes canadiens.

Son équipe a officialisé sa présence à l’un des plus grands rendez-vous sportifs qui soit en éliminant les Packers de Green Bay, dimanche dernier. Auclair, qui a grandi à Notre-Dame-des-Pins, admet qu’il ne s’était jamais autorisé à rêver à un tel dénouement, lorsqu’il s’adonnait au football dans sa Beauce natale.

«C’est déjà un rêve d’être dans la NFL et je n’avais jamais pensé me rendre au Super Bowl. J’y vais toujours une étape à la fois et le fait d’en arriver là, c’est pas mal intense. Il faut y aller juste un entraînement à la fois et garder le focus sur le match. C’est fou d’être rendu là après quatre ans et ce n’est pas quelque chose qui va se produire à chaque année. Je suis extrêmement reconnaissant», s’est exprimé celui qui revendique 40 matchs d’expérience dans la grosse ligue.

Une année étrange

La seule ombre au tableau dans ce scénario inimaginable pour Auclair, c’est que le Super Bowl survient en pleine période de COVID.

En temps normal, toute la famille et des amis auraient filé vers Tampa, où les Buccaneers deviennent la première équipe de l’histoire à prendre part au match ultime dans son propre stade.

«C’est ce qui est triste là-dedans. Être au Super Bowl, c’est vraiment incroyable, mais ça arrive dans une année spéciale et c’est plus dur de voyager. C’est vraiment compliqué et c’est une drôle d’année pour se rendre au Super Bowl. Dans un sens, c’est vraiment excitant, mais de l’autre côté, on ne peut pas en profiter complètement», a-t-il constaté.

Une équipe en confiance

À ses trois premières saisons à Tampa, Antony Auclair n’a jamais savouré une saison gagnante. L’hiver dernier, l’état-major a frappé un grand coup en amenant à bord de grosses pointures, dont Tom Brady.

Voilà que les Buccaneers en sont à leur premier Super Bowl depuis 2002.

«Même dans nos saisons perdantes, on a toujours eu un bon vestiaire. L’acquisition de certains joueurs a fait en sorte que la confiance s’est développée de façon importante. Ça a affecté tout le monde, nous sommes vraiment plus confiants en tant qu’équipe. De voir comment Tom, Gronk (Rob Gronkowski) ou (Antonio) Brown travaillent, on ne veut que faire comme eux», a fait valoir Auclair.

Maintenant, les Chiefs se dressent devant eux. Avec 25 victoires à leurs 27 derniers matchs, dont le titre conquis au dernier Super Bowl, ils représentent un défi de taille pour Auclair et sa bande.

«C’est une grosse équipe, mais on est une grosse équipe nous aussi!», a rétorqué l’ailier rapproché. On a affronté de bons clubs dans les séries éliminatoires. Tout ce qui s’est passé dans la saison avant ce match, ça ne compte plus. Quand on regarde leurs statistiques, ça devient impressionnant et on a de la misère à croire à tout ça, mais l’important c’est ce qui s’en vient.»

Un rôle accepté

Antony Auclair n’a pas eu l’opportunité d’enfiler l’uniforme jusqu’à présent en séries et il continue d’espérer qu’il pourra sauter sur le terrain au Super Bowl.

«Il est encore trop tôt pour savoir si je jouerai. Je me prépare comme pour chaque match. Je n’ai pas été en uniforme ces temps-ci, mais j’ai continué de me préparer comme si rien n’avait changé et c’est ce que je vais faire pour le Super Bowl» a indiqué celui qui en bave certainement de jouer, mais qui n’est pas du genre à créer des remous.

Cette saison, les blessures ont nui à sa cause. Auclair demeure sur l’alignement régulier de 53 joueurs, mais l’équipe doit habiller 47 joueurs les jours de match. Les Buccaneers ont maintes fois louangé son travail comme bloqueur, mais depuis quelques matchs, ils ont choisi d’y aller avec un joueur de ligne offensive additionnel.

Occasion ratée

Qu’il soit en uniforme ou non, Auclair deviendra le deuxième Québécois de suite à participer au Super Bowl, après Laurent Duvernay-Tardif la saison dernière. Les deux compatriotes se seraient affrontés si le garde des Chiefs n’avait pas fait l’impasse sur la saison, afin de prendre part à l’effort contre la COVID-19.

«L’an passé, c’est moi qui regardait et c’était incroyable. Qu’un gars du Québec se retrouve là pour une deuxième année de suite, c’est fou pour moi. L’un de mes rêves cette année était de jouer contre lui, mais il a décidé de ne pas jouer parce qu’il fait un super travail contre la COVID au Québec. Ça aurait été malade! Peut-être une autre année», a-t-il laissé planer.

Même si Tampa ne sera pas en liesse comme elle aurait pu l’être, en raison des mesures sanitaires, Auclair sent tout de même l’appui des partisans.

«Quand on est revenu de la finale de conférence, il y avait des milliers de personnes qui nous attendaient dans les rues lorsqu’on sortait de l’aéroport. C’était cool à voir et c’est là que tu comprends que la ville de Tampa est derrière nous. C’est dur d’en profiter pleinement parce que même s’il n’y avait pas toutes les restrictions de COVID, je ne sortirais pas beaucoup parce qu’il faut se préparer pour le match. Le vrai moment pour en profiter ce sera pendant le match et après.»