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Canadiens de Montréal

Six constats en ce début de saison du CH

Publié | Mis à jour

Claude Julien est très satisfait de la tenue du Canadien lors du long voyage de six rencontres de son équipe pour amorcer la saison. Il pouvait difficilement demander mieux avec une récolte de 10 points (4-0-2) sur une possibilité de 12.

Depuis le début de l’année, le CH roule à fond. L’attaque est diversifiée, les nouveaux venus s’intègrent bien, Alexander Romanov joue un rôle important à la ligne bleue et Nick Suzuki s’attire des comparaisons avec Patrice Bergeron.

Le ciel est vraiment très bleu dans l’univers de l’équipe. Même si Marc Bergevin a construit cette formation sur du solide, il faut aussi rappeler que l’échantillon est de seulement six matchs.

Le Journal a dressé six constats pour analyser ce début de saison du tonnerre.

1. À l’attaque!

Le Canadien a marqué 29 buts, un sommet dans la LNH. On parle d’une moyenne affolante de 4,83 buts par rencontre. Depuis le début de la saison, la bande de Claude Julien a connu un seul match de trois buts ou moins, une victoire de 3 à 1 contre les Oilers à Edmonton. Mais quatre fois en seulement six matchs, le Tricolore a inscrit cinq buts ou plus.

L’explosion offensive s’explique par une grande diversité des menaces. Cette équipe ne repose pas sur les épaules d’un seul trio. Loin de là. Il y a beaucoup de profondeur et d’équilibre. Après six matchs, huit joueurs comptent déjà deux buts ou plus : Tyler Toffoli (5), Tomas Tatar (3), Josh Anderson (3), Jeff Petry (2), Nick Suzuki (2), Jake Evans (2), Joel Armia (2) et Brendan Gallagher (2). Quand on regarde cette liste, on constate qu’on y retrouve au moins un joueur de chacun des quatre trios concoctés par Julien, et un défenseur.

Une autre façon d’illustrer cette profondeur est de rappeler que 16 joueurs de l’équipe ont marqué en ce début de saison. Phillip Danault, Paul Byron et Brett Kulak sont les trois seuls qui n’ont pas encore touché la cible.

En supériorité numérique, le CH connaît également un bon départ avec 6 buts en 23 occasions, soit un taux de réussite de 26,1 %.

2. Magasinage fructueux

Marc Bergevin a revampé son équipe avec plusieurs acquisitions pendant la saison morte. Le DG a transigé avec les Blue Jackets de Columbus pour obtenir un ailier de puissance en Josh Anderson, cédant le centre Max Domi. Bergevin a aussi bougé avec les Blues de St. Louis pour obtenir le gardien Jake Allen et avec les Hurricanes de la Caroline pour recevoir les droits de négocier avec le défenseur Joel Edmundson. Il n’a pas vidé sa banque de choix pour conclure les deux transactions : des choix de 3e et de 7e tours contre Allen ; des choix de 5e et de 7e tours en retour d’Edmundson.

Sur le marché des joueurs autonomes, Bergevin a aussi attiré Tyler Toffoli (4 ans, 17 M$), Corey Perry (1 an, 750 000 $) et Michael Frolik (1 an, 750 000 $) à Montréal. Durant le camp d’entraînement, Julien avait donc la mission d’intégrer six nouveaux joueurs sans la possibilité de jouer un seul match préparatoire.

Malgré la rapidité du camp, Julien a visiblement bien enseigné son système de jeu à ses nouveaux joueurs. Anderson, Toffoli, Edmundson et Allen ont rapidement eu un impact avec leur nouvelle équipe. Dès le premier match de l’année, Anderson a marqué deux buts face aux Maple Leafs à Toronto. À Vancouver, Toffoli a marqué cinq buts en trois rencontres contre son ancienne équipe. Allen a signé deux victoires à ses deux premiers départs. Edmundson, quant à lui, affiche un dossier de +8 et il joue un peu plus de 18 minutes en moyenne.

Perry et Frolik ont fait leur début avec le Tricolore au sein de l’équipe des réservistes. Si Frolik attend toujours de jouer un premier match, Perry a remplacé Armia lors du dernier match à Vancouver. Il a inscrit son premier but à son baptême avec le bleu, blanc, rouge.

C’est encore tôt, mais, pour l’instant, Bergevin mérite une très bonne note pour son magasinage en saison morte. Et Julien a aussi droit à une étoile dans son cahier pour l’utilisation adéquate des nouveaux venus.

3. Un défenseur très prometteur

Alexander Romanov avait rencontré ses futurs coéquipiers dans la bulle de Toronto sans obtenir la permission de jouer un match en séries. Choix de 2e tour (38e) en 2018, le défenseur est arrivé à Montréal avec de grandes attentes. Bien avant le premier jour du camp, Bergevin, Julien et Luke Richardson lui avaient prédit un poste au sein du top 6 à la ligne bleue. C’était un acquis.

Romanov n’a pas déçu. Il est à sa place dans la LNH. À 21 ans, il était clairement prêt pour ce nouveau défi. À ses six premiers matchs, le défenseur gaucher de 6 pi et 208 lb a amassé deux points (1 but, 1 passe), il présente un différentiel de +5 et il a décoché 18 tirs. La statistique la plus impressionnante reste toutefois son temps de jeu moyen : 19 min 5 s.

Le Russe forme un troisième duo très fiable avec Brett Kulak, mais il obtient également des présences régulières au sein de la deuxième vague en supériorité numérique. Julien lui a aussi fait confiance à quelques reprises en infériorité numérique. Bref, celui qu’on devrait surnommer «Penne» est utilisé à toutes les sauces.

4. En pleine ascension

On l’a souvent écrit, Nick Suzuki et Jesperi Kotkaniemi incarnent le futur de l’organisation. Bergevin l’avait dit après l’élimination de l’équipe au premier tour des séries contre les Flyers. «Ça fait très longtemps que le Canadien n’a pas eu deux aussi bons jeunes centres. Et quand je dis jeune, je dis très jeune. Ils ont un avenir de 10 à 15 ans au sein de l’organisation. Ils ont vraiment un bel avenir. Nous pourrons construire autour d’eux.»

Suzuki a poursuivi sur son rythme des séries en ce début de saison. L’Ontarien de 21 ans a écrit son nom sur la feuille de pointage à ses six premiers matchs (2 buts, 4 passes). Il est aussi l’attaquant le plus utilisé par Julien avec un temps de jeu moyen de 17 min 33 s, soit 37 secondes de plus que Toffoli et 72 secondes de plus que Danault.

Suzuki se démarque par son intelligence sur la glace et sa remarquable vision du jeu. Jonathan Drouin, son ailier gauche, lui a offert un superbe compliment après la victoire de 5 à 2, samedi à Vancouver. «C’est un mini Patrice Bergeron à mes yeux. Je sais qu’il fera son travail en zone défensive. Il deviendra tout un joueur.»

Avec un taux de réussite de 44 % dans les cercles de mise en jeu, Suzuki a toutefois encore du travail à accomplir avant de rentrer dans la catégorie de Bergeron.

Dans le cas de Kotkaniemi, il a aussi joué avec aplomb au centre de la troisième unité. Le Finlandais s’est démarqué par son implication physique, surtout en territoire offensif pour récupérer la rondelle. Il a été à l’origine de plusieurs chances de marquer de Toffoli grâce à son échec avant efficace.

5. Indiscipline chronique

S’il y a un aspect plus sombre dans ce début de saison du Canadien, c’est bien l’indiscipline. En six matchs, le CH a déjà joué 28 fois en infériorité numérique, soit une moyenne de 4,67 occasions. C’est trop.

En désavantage numérique, le CH a brillé contre les Oilers en réduisant au silence Connor McDavid et Leon Draisaitl en 10 occasions. À Vancouver, les Canucks ont toutefois marqué 4 buts en 14 tentatives. Et dans le premier match de l’année, les Leafs ont inscrit deux buts en quatre occasions. Le Tricolore a donc un taux d’efficacité de 78,6 % (22 en 28) en infériorité numérique. Si le pourcentage n’a rien d’extraordinaire, le CH a trouvé le moyen d’inscrire quatre buts à court d’un homme.

Pour expliquer les nombreuses punitions, Drouin a parlé d’une équipe plus agressive qui cherche à imposer son rythme. Il y a aussi eu un manque de concentration avec cinq punitions en six matchs pour des dégagements dans les gradins.

6. Sur la chaise parfaite

Avant les matchs de lundi soir, Jeff Petry trônait au sommet de la LNH chez les défenseurs pour les points (7) de même que les plus et moins (+9). On connaît depuis longtemps la valeur de Petry pour le CH. Bergevin l’a reconnu en septembre dernier en lui accordant une prolongation de contrat de quatre ans et 25 M$.

À Montréal, Petry a un rôle qui lui convient parfaitement. Avec le capitaine Shea Weber devant lui, l’Américain de 33 ans n’a pas à être le défenseur numéro un. Il a moins de pression sur les épaules.

À un temps de jeu moyen de 22 min 6 s depuis le début de la saison, Petry n’est pas surtaxé. Avec Romanov comme troisième défenseur du côté droit, Weber et Petry auront l’occasion de reposer leurs vieilles jambes plus souvent. À cinq contre cinq, Petry a développé une belle complicité avec Edmundson après un faux départ lors de la soirée d’ouverture à Toronto. En Edmundson, Petry profite d’un partenaire idéal puisqu’il a la mentalité d’un arrière défensif.