Crédit : Photo d'archives, Agence QMI

LHJMQ

Le casse-tête des recruteurs de la LHJMQ

Publié | Mis à jour

Les équipes de recrutement de la LHJMQ vivent actuellement dans l’incertitude la plus totale alors que toutes les ligues de hockey au Québec sont sur pause depuis le début de la saison.

Habituellement, les dépisteurs des équipes du circuit Courteau font le tour du Québec pour y voir en personne des matchs de la Ligue de hockey midget AAA du Québec, mais aussi de niveau midget Espoir ainsi que des différentes ligues scolaires. 

Là, c’est le calme plat. En début de saison, le midget AAA a tenu un calendrier de matchs hors-concours lors desquels les équipes ne pouvaient habiller plus de dix joueurs et où les contacts n’étaient pas permis.

Toutefois, le circuit n’a toujours pas été en mesure de lancer sa saison régulière. Récemment, la ligue mentionnait viser un début de campagne le 17 février, mais tout dépendra de l’état de la situation à ce moment, ainsi que des directives gouvernementales au-delà du 8 février.

Les recruteurs n’ont donc d’autres choix que de se rabattre sur les circuits en action dans les Maritimes, et ce, à distance. La technologie est donc devenue un outil primordial pour eux, et plusieurs travaillent avec le logiciel InStat, qui isole chacune des présences d’un joueur, permettant ainsi de voir son match en accéléré.

«On essaie d’aller chercher le plus d’images possible des différents matchs et on travaille avec InStat. Ce que ça nous force à faire, c’est aller chercher de l’information auprès de gens en qui on a confiance, que ce soit des entraîneurs ou même des professeurs ou des directeurs d’école», mentionne le recruteur-chef des Voltigeurs de Drummondville, Jean-Sébastien Perron.

Un peu comme dans toutes les sphères d’activité, la vidéo est donc devenue un outil primordial au travail des recruteurs de la LHJMQ. Et ce n’est pas idéal, assure le dépisteur-chef des Remparts de Québec, Christian Vermette.

«Avant, on utilisait les vidéos en fin de saison quand on finalisait notre liste et qu’on voulait comparer un joueur avec un autre en particulier. Pour ça, ça va bien. Par contre, quand tu regardes un match entre Sydney et Pictou dans les Maritimes et qu’il y a dix joueurs de 15 ans d’un bord, et douze de l’autre, ce n’est pas évident, surtout que la caméra suit la rondelle alors c’est difficile de voir le comportement des joueurs qui ne se trouvent pas sur l’image.»

Choix payant 

En ce moment, les équipes qui avaient pris de l’avance l’an dernier en commençant à épier les joueurs d’âge bantam sont récompensées.

«L’an dernier, on a tout fait les tournois bantam, mentionne le recruteur-chef du Phœnix de Sherbrooke, Alain Préfontaine. Parfois, on se demandait pourquoi on le faisait. Je peux te dire que cette année, on l’a su.»

Pour Perron et les Voltigeurs de Drummondville, c’est la même chose. Les matchs bantam épiés l’an dernier permettent à l’organisation d’avoir une idée générale des principaux talents québécois admissibles au prochain repêchage. Mais ça ne fait pas foi de tout.

«Au niveau bantam AAA, les gars sont dans la chaise d’un joueur de deuxième année dominant. À 15 ans, ils arrivent midget AAA contre des gars de 16 et 17 ans, ils doivent faire leur place et prouver qu’ils sont capables de bien gérer l’adversité. On n’est pas dans le même laboratoire du tout. Mais c’est là qu’on est et on doit faire avec.»

Repêchage retardé? 

Tout dépendra de ce qu’il adviendra de la Ligue de hockey midget AAA cette année, mais les trois recruteurs sondés par Le Journal ont eu la même observation : il serait difficile de participer à un repêchage de 14 rondes avec les informations qu’ils ont présentement. Du côté de la LHJMQ, on dit attendre de savoir si et quand la saison du midget AAA pourra reprendre avant de penser au prochain repêchage.

Pour Perron, une option serait logique.

«Je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas faire un repêchage de deux ou trois rondes en juin, puis ensuite attendre pour un autre deux ou trois rondes en décembre, question de laisser le temps aux joueurs de se faire évaluer le plus longtemps possible. Pour ce qui est des joueurs qui n’auraient pas été choisis, ils seraient admissibles pour la séance de 2022», lance-t-il comme idée.