Crédit : Photo AFP

Renaud Lavoie

Un virage à 180 degrés

Un virage à 180 degrés

Renaud Lavoie

Publié 17 janvier
Mis à jour 17 janvier

Ça fait très longtemps que les joueurs des Canadiens ne se sont pas présentés dans un amphithéâtre en se disant qu’ils avaient de bonnes chances de l’emporter. 

Même contre les Red Wings la saison dernière, pire équipe de la ligue parce qu’elle a tout fait pour tenter de repêcher Alexis Lafrenière, la troupe de Claude Julien avait perdu ses quatre matchs face à la formation de Detroit.    

Pour espérer remporter une rencontre la saison dernière, il fallait que le trio de Phillip Danault soit le meilleur, que Shea Weber et Jeff Petry ne fassent aucune erreur et que Carey Price fasse des petits miracles. Combien de fois les Canadiens menaient en troisième période l’an dernier et perdaient des matchs? Avec une équipe avec un talent plus que limité (les jeunes joueurs n’étaient pas prêts à faire la différence), les attentes ne pouvaient être très élevées. Mais après deux seuls matchs cette saison, tout est différent.

Peu de trous    

Il n’y a évidemment rien de parfait, mais on peut dire sans se tromper qu’il n’y a pas beaucoup de trous dans la formation des Canadiens. Les joueurs du quatrième trio peuvent être remplacés, en plus, par Michael Frolik, Corey Perry et Ryan Poehling qui attendent leur tour présentement sur l’équipe de réserve. 

À la ligne bleue, il y a encore une chimie à développer, mais les erreurs peuvent facilement être corrigées. Normal dans une situation où il n’y a pas eu un seul match préparatoire. 

On ne peut pas dire ça de toutes les formations de la division canadienne. Les Oilers n’ont aucune chance de gagner si Connor McDavid ou Leon Draisaitl (seulement huit lancers en trois matchs pour le dernier gagnant du trophée Hart) ne marquent pas et les Canucks, les prochains adversaires du CH après les Oilers lundi, semblent avoir perdu leur «swag» depuis leur premier match de la saison.

La seule équipe au Canada qui fait peur outre les Canadiens, présentement, c’est probablement les Flames de Calgary. Ceux-ci n’ont peut-être pas autant de profondeur que le CH, mais ils jouent réellement en unité depuis le jour un. Ils ont une attitude de meute de loups, ce qui peut changer rapidement les données. 

Nick Suzuki dans une classe à part    

Alexander Romanov n’arrêtera pas de s’améliorer et il est impressionnant à voir jouer. Il n’y a pas un analyste au Canada qui n’a pas remarqué les prouesses de ce jeune défenseur de 21 ans (il a célébré son anniversaire le 6 janvier) qui aurait facilement dû être un choix de première ronde en 2018. 

Regardez la liste des défenseurs repêchés avant lui : à part Rasmus Dahlin qui fut le premier choix de l’encan, il n’a absolument pas à rougir. Peut-être qu’il amassera moins de points en carrière que Quinn Hughes des Canucks, mais le physique de Romanov et son jeu d’ensemble risquent de faire de lui un meilleur défenseur à long terme. Il est encore très tôt pour faire le jeu des comparaisons, j’en conviens.

Il reste que je me souviens très bien de la joie qu’avait Marc Bergevin au lendemain du match de la série Subway en banlieue de Toronto en novembre 2018. Il avait vu jouer son jeune prodige et m’avait dit que ses dépisteurs avaient vu juste et que Romanov était un choix de première ronde à ses yeux. C’est effectivement le cas.

Il y a un autre jeune joueur qui visiblement n’a pas encore atteint un plafond et c’est Nick Suzuki. 

Il est facile de se concentrer sur ses prouesses à l’attaque, mais son jeu en zone défensive est remarquable. Si l’an dernier on sentait qu’il y avait quelques éléments de son jeu à peaufiner, cette année il semble avoir compris ce qu’il devait faire pour entrer dans la catégorie des joueurs de centre similaire à Patrice Bergeron. Tout est dans les détails et la façon de lire le jeu. Il a un très bon mentor en Phillip Danault, qui adore travailler avec lui, et on sent que les conseils portent fruit. Ah et j’oubliais : Nick Suzuki n’a lui aussi que 21 ans. Imaginez une minute comment l’avenir des Canadiens est assuré pour encore plusieurs années avec Suzuki et Romanov. 

Bref, attachez votre tuque et vos mitaines parce que les Canadiens vont faire rêver les partisans cette saison. Si on était en Floride, il y a aurait au moins 5000 d’entre-vous qui auriez la chance de les voir à domicile à chaque match cette saison. J’imagine que les Floridiens sont très imprudents. Mais ça, c’est un autre dossier qui, malheureusement, ne sera pas débattu ici.