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NFL

Doug Pederson: de héros à zéro

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En février 2018, Doug Pederson accomplissait ce qu’aucun autre entraîneur n’avait réussi chez les Eagles : remporter le Super Bowl. L’exploit lui a même valu une statue à Philadelphie. Voilà que trois ans plus tard, la statue et la bague ne sont plus que de vieux souvenirs pour le pilote qui vient d’être congédié, au grand bonheur de partisans échaudés. Ainsi va la vie dans la NFL!

Embauché en 2016, Pederson livrait à Philadelphie le Saint-Graal du football américain, un an plus tard.

À cette époque, qui semble lointaine, Pederson était perçu comme un entraîneur innovateur et en ascension. Carson Wentz était le quart-arrière de l’avenir pour les Eagles, tandis que Nick Foles, qui avait brillamment pris le relais de Wentz, blessé, s’avérait le Messie.

En janvier 2021, Pederson est à la rue. Wentz a dramatiquement régressé, si bien que sa place est sur le banc. Foles? Un simple joueur exilé qui s’est perdu à Jacksonville et à Chicago, vague réminiscence d’un temps vite révolu. Comme quoi tout se déroule toujours très vite dans le circuit Goodell, surtout dans la ville de l’amour fraternel.

Entêtement

Après le fameux Super Bowl, les Eagles ont boité vers les séries lors des deux saisons suivantes avant de s’effondrer prodigieusement cette année.

Pederson semblait avoir perdu son vestiaire et le clou final aura été son étrange décision, au dernier match, de retirer le jeune quart Jalen Hurts au profit de Nate Sudfeld. Les vétérans n’auraient pas digéré cette façon de Pederson de concéder le match. Les partisans, quant à eux, accusent, avec raison, l’entraîneur d’avoir terni l’intégrité du sport. Ce n’était pas chic du tout.

Au cours des dernières années, Pederson s’est forgé la réputation de vouloir être l’unique maître à bord. Il s’est montré réticent à l’idée d’apporter des changements à son personnel d’entraîneurs à quelques occasions, estimant qu’il détenait la clé pour régler les problèmes des Eagles.

Il semble que sa relation avec le directeur général Howie Roseman était fracturée, comme elle l’est avec quelques joueurs, dont Carson Wentz. En tenant tête au propriétaire de l’équipe, Jeffrey Lurie, lors de rencontres récentes, il a visiblement obtenu ce qu’il souhaitait: la liberté d’un nouveau départ.

Quel avenir?

Maintenant que Pederson est dehors, il ne faudrait pas s’étonner de le voir rebondir ailleurs. Même si sa déplorable décision en fin de saison lui a donné une sale réputation. Même si l’attaque des Eagles n’a cessé de régresser sous sa gouverne après le départ du coordonnateur offensif Frank Reich vers Indianapolis, en 2018. Même s’il ne s’est visiblement pas fait d’amis.

Bien d’autres entraîneurs, dans le passé, ont refait leur vie ailleurs pour mieux asseoir leur philosophie et obtenir des résultats probants. Bill Belichick, Andy Reid et Pete Carroll ne sont que quelques exemples. Déjà, la rumeur veut que Pederson soit un candidat de choix pour les Jets. La relation avec leur directeur général Joe Douglas, un ancien de l’organisation des Eagles, serait bonne.

Chez les Eagles, le propriétaire voue toujours un respect sans borne à Andy Reid, son ancien poulain. Son coordonnateur offensif chez les Chiefs, Eric Bieniemy, deviendra un successeur potentiel à Pederson.

Les Eagles sont plongés dans un bourbier sur le plan de leur plafond salarial et une potentielle controverse de quarts-arrière entre Wentz et Hurts pourrait toutefois faire réfléchir les candidats. La reconstruction ne sera pas si simple.