Canadiens de Montréal

CH: un joueur d'impact?

Publié | Mis à jour

Les objectifs personnels restent souvent tabous dans un vestiaire de hockey. Mais quand un jeune joueur décide de briser le silence, il parlera de son ambition de marquer 20 buts ou d’amasser 50 points. Il chiffrera ses buts à atteindre. Il s’agit de réponses classiques lors d’un camp.

Nick Suzuki a adopté une mentalité bien différente quand on lui a demandé de décrire ses objectifs pour sa deuxième saison dans la Ligue nationale de hockey (LNH).

«Je dirais probablement mes plus et moins (-15), a répondu Suzuki à sa sortie d’un deuxième entraînement sur la glace de Brossard. C’était assez mauvais l’an dernier. Je n’ai pas un nombre de buts ou de passes en tête. Je veux surtout jouer pour une bonne équipe. Pour moi, c’est à propos de l’équipe. Nous avons de bonnes chances de participer aux séries, d’être l’une des bonnes équipes de notre division. Nous sommes tous excités par cette possibilité.»

Suzuki a hérité d’une place sur l’équipe d’étoiles des recrues dans la LNH l’an dernier grâce à une récolte de 41 points (13 buts, 28 passes) en 71 rencontres. Il devenait le premier joueur du CH à recevoir cet honneur depuis Brendan Gallagher en 2013.

S’il se disait agacé par la statistique du -15 en saison régulière, Suzuki a grandement amélioré ce chiffre en séries en terminant avec un dossier de +3 en dix rencontres. Et il ne faut pas oublier que malgré son jeune âge, il a joué contre des centres comme Sidney Crosby, Evgeni Malkin et Sean Couturier dans la bulle à Toronto.

De la maturité

En visioconférence, Claude Julien a répondu à une multitude de questions au sujet de Suzuki. Chaque fois, il trouvait de nouvelles phrases ou de nouvelles formulations pour décrire le potentiel de son centre de 21 ans. À plusieurs reprises, il a parlé de sa grande maturité malgré son jeune âge.

Julien a justement fait référence à l’aspect de la maturité quand on lui a mis au parfum de la déclaration de Suzuki sur son désir d’améliorer sa fiche des plus et des moins et de jouer pour une équipe gagnante.

«Nick est un jeune homme très mature, a répliqué Julien. Il a du vécu aussi. Il a atteint la Coupe Memorial avec l’équipe de Guelph, il a joué pour le Canada au Mondial junior. Il a la bonne approche. Les joueurs ont un travail et ils veulent que ça fonctionne pour eux. Mais si tout le monde pense à l’équipe en premier, tu as généralement plus de succès et de meilleures statistiques.»

Un impact

Une deuxième année dans la LNH reste liée à la crainte de la fameuse guigne. Pour certains, il s’agit d’une simple construction de la part des médias. Pour d’autres, il s’agit d’une réalité.

Chez le Tricolore, Jesperi Kotkaniemi a certainement frappé un mur à sa deuxième année à Montréal. Avant la longue pause en raison de la pandémie et le retour au jeu en séries, le Finlandais avait perdu sa confiance et son éternel sourire.

Suzuki sera-t-il à l’abri de ce danger ? Il a offert une première réponse au tour de qualifications contre les Penguins et au premier tour des séries face aux Flyers. Il n’avait rien d’un joueur en perte de vitesse. Au contraire, il était l’un des meilleurs attaquants de l’équipe avec 7 points (4 buts, 3 passes) en dix matchs.

«Quand on regarde le déroulement de la dernière saison, c’est comme si nous avions joué deux saisons en une seule année», a expliqué Suzuki.

«Nick a le potentiel pour devenir un joueur d’impact, a renchéri Julien. Il a une bonne maturité, une bonne confiance, mais il n’est pas arrogant. Il est humble comme personne. Il connait ses forces. Depuis son arrivée, on voit un joueur très intelligent sur la patinoire, un joueur avec une très bonne vision. Ça fait de lui un très bon joueur. On ne veut toutefois pas lui ajouter de la pression. Mais s’il joue de la manière qu’il est capable, ça fera de lui un joueur d’impact.»

À 21 ans et 20 ans respectivement, Suzuki et Kotkaniemi représentent l’avenir de l’équipe, mais ils sont aussi le présent. Pour avoir du succès, le CH misera beaucoup sur ses deux jeunes centres. Une situation qui n’effraie pas Suzuki.

«J’ai parlé de ça avec KK, nous connaissons cette réalité, a-t-il répondu. Nous voulons être des joueurs importants pour cette concession dans le futur et nous voulons construire une équipe capable de gagner la Coupe Stanley.»

Suzuki s’est décrit comme une personne moins timide à l’aube de sa deuxième saison. Ça se ressent aussi dans ses ambitions.