Canadiens de Montréal

Claude Julien vise le «top»

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Galvanisés par les acquisitions effectuées par Marc Bergevin au cours de la saison morte, les joueurs du Canadien ont amorcé le camp d’entraînement avec le niveau d’espoir collé au plafond.

Même Claude Julien n’a jamais paru aussi enthousiaste à l’aube d’une saison. À l’instar de son directeur général, la veille, Julien a placé la barre haute pour sa troupe.

Voyez le point de presse de l'entraîneur-chef Claude Julien dans la vidéo ci-dessus.   

«J’ai de grosses attentes pour cette équipe. Il n’y a aucune raison de ne pas penser qu’on peut se rendre jusqu’au bout», a-t-il soutenu, en visioconférence, lundi.

Il y a un bail qu’on n’a pas vu un entraîneur aussi en confiance derrière le banc du Canadien. Quand on connaît la pression du marché montréalais, on peut penser qu’il est un peu risqué de se mouiller ainsi. Julien, champion de la coupe Stanley avec les Bruins en 2011, n’en fait pas de cas.

«Lorsqu’on est dans une situation comme celle-ci, avec une bonne équipe, il faut être excité. Il faut le voir comme une occasion et non pas comme une pression. Marc a fait du bon travail cet été en embauchant des joueurs qui vont nous aider à être plus compétitifs. C’est à nous d’en tirer avantage», a-t-il indiqué.

Cela dit, Julien est conscient que la section canadienne sera relevée. Sans compter que les nombreux voyages pourraient devenir éreintants à la longue.

«Aucune équipe ne devra être prise à la légère dans notre division. Elles peuvent toutes se qualifier pour les séries, a insisté le pilote. Les gens parlent souvent d’Ottawa. Oui, c’est une équipe jeune, mais ils sont allés chercher plusieurs vétérans pour solidifier leur formation.»

Un camp expéditif 

Dans un calendrier amputé de 26 matchs et condensé comme celui que s’apprête à traverser les 31 équipes du circuit Bettman, on aura davantage l’impression d’assister à un sprint plutôt qu’à un marathon. Et comme ça se fait en pareille situation, le départ sera important.

Le Franco-Ontarien a donc huit jours pour préparer ses troupiers en prévision du match d’ouverture qu’ils disputeront aux Maple Leafs, le 13 janvier. Le temps de faire des expériences sera pratiquement inexistant. Ce qui n’est pas nécessairement l’idéal lorsque vous accueillez une panoplie de nouveaux joueurs, comme c’est le cas chez le Tricolore.

«La majorité des joueurs connaissent le système. Pour les autres, on a fait l’acquisition de joueurs intelligents, des gars capables de s’intégrer et d’apprendre rapidement», a déclaré Julien, peu inquiet.

«Les gars comme [Tyler] Toffoli et [Joel] Edmundson sont de bons vétérans. Ils vont s’intégrer au groupe de leaders. [Josh] Anderson est dans la ligue depuis longtemps. [Corey] Perry et [Michael] Frolik ont aussi du vécu. Ça va nous aider avec l’intégration et les ajustements», a-t-il poursuivi.

D’ailleurs, le pilote du Tricolore n’a pas mis de temps à dévoiler son jeu. Au sein de son groupe de joueurs réguliers, il avait dépêché sur la surface glacée de Brossard les unités suivantes: Tatar-Danault-Gallagher, Drouin-Suzuki-Anderson, Toffoli-Kotkaniemi-Armia et Lehkonen-Evans-Byron.

Pour leur part, Ryan Poehling, Jordan Weal et Frolik composaient la cinquième unité. Puisque Perry écoulait son dernier jour de quarantaine, on peut présumer que Poehling sera déplacé dans le deuxième groupe à compter de mardi.

Plus gros, mais toujours mobiles 

Le Canadien présentera une formation beaucoup plus lourde cette année. C’était perceptible à l’oeil nu à Brossard. Même Alexander Romanov s’est présenté avec 25 livres de plus que ce qu’il pesait la saison dernière à Moscou.

«À certains moments, l’an dernier, on avait de la difficulté le long des rampes et on peinait à entrer dans l’enclave. Les acquisitions de l’été vont nous aider offensivement, mais également défensivement», a soutenu Julien.

Toutefois, pas question de modifier le style de son équipe. Le Tricolore a toujours été reconnu pour être une équipe rapide. Ce sera de nouveau le cas cette saison.

«Je ne crois pas qu’on ait perdu de la mobilité en amenant des joueurs de plus gros gabarit. Romanov et Edmundson sont de bons patineurs. Marc a amené des joueurs qui vont bien s’intégrer à notre style», a précisé Julien.

«On va continuer de déployer un jeu rapide. Mais, avec cette grosseur et cette force ajoutées, j’espère qu’on se sera amélioré dans les bagarres et qu’on trouvera le moyen de se présenter au filet», a-t-il poursuivi.

En parfaite santé 

D’ailleurs, l’entraîneur du Canadien a adopté la philosophie inverse. Alerté par les problèmes cardiaques qui ont obligé les médecins à lui installer une endoprothèse, Julien a saisi le message. Il est sauté sur la glace avec une silhouette beaucoup plus svelte.

«Ça va bien. C’est comme si rien n’était arrivé. Je me sens même mieux, a-t-il assuré. Je suis prêt à recommencer.»

Et il n’a plus qu’une semaine pour s’assurer que ces joueurs le soient également.