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Olympiques: les Jeux de l’incertitude

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Le Comité international olympique continue d’assurer que les Jeux de Tokyo 2020, reportés à l’été prochain, se tiendront coûte que coûte, «avec ou sans la COVID-19», du 23 juillet au 8 août. À moins de sept mois de la plus grande rencontre sportive internationale de 2021, de nombreuses questions demeurent toutefois en suspens.

Dans le contexte actuel de la pandémie, où l’arrivée du vaccin permet d’insuffler une nouvelle dose d’espoir, il n’en demeure pas moins que l’ampleur habituelle du rendez-vous risque d’être diminuée.

Depuis plusieurs mois, différents médias nippons évoquent des jeux «très différents», «simplifiés» et «à échelle réduite».

La plus grande question qui demeure sans réponse claire concerne la présence des spectateurs sur les différents sites de compétition. Procédera-t-on à plein rendement, avec des gradins à moitié remplis ou même à huis clos?

Déjà, quelque 4,5 millions de billets auraient trouvé preneurs au Japon et le comité organisateur estime que 18 % des détenteurs seront remboursés, selon le «Japan Times». Pour le reste, le flou règne toujours.

Dans les dernières semaines, le président de la Fédération internationale d’athlétisme, Sebastian Coe, s’est dit assuré que les Jeux auront bel et bien lieu, tout en concédant, en ce qui concerne la présence du public, «qu’on évolue encore en territoire inconnu».

De son côté, le président du CIO, Thomas Bach, prononce évidemment un discours optimiste, se disant « très sûr » qu’il y ait « un nombre raisonnable » de spectateurs sur place.

Facture salée

Pas étonnant que les organisateurs souhaitent des Jeux se rapprochant le plus possible de la normalité en ce qui a trait à l’implication des spectateurs et des commanditaires.

Avant même que la pandémie ne frappe, le budget pour Tokyo 2020 s’élevait à 13 milliards, selon les sources officielles. Le comité organisateur a laissé savoir au début du mois que des dépenses additionnelles de 2,7 milliards s’ajoutaient à la facture, en raison du report d’un an et de frais importants liés aux mesures de prévention contre la COVID-19. Il s’agira donc des Jeux d’été les plus coûteux de l’histoire.

L’organisation tente par tous les moyens de réduire les coûts d’opération en coupant dans le gras à différents niveaux (budgets alloués aux cérémonies, accueil des athlètes, mascottes, nourriture, etc.), mais, jusqu’ici, seulement 280 M$ auraient été retranchés.

Mesures contre la COVID

Même si le Japon fait partie des pays qui ont été les moins ébranlés par la crise sanitaire mondiale, le peuple craint que la grande visite mondiale ne vienne empirer la situation.

Selon un sondage mené dans les dernières semaines, seulement 27 % des répondants continuent de soutenir la tenue des Jeux l’été prochain. Pas moins de 32 % opteraient pour une annulation pure et simple des Jeux, contre 31 % qui prônent pour un autre report. Le reste des gens sondés se dit indécis pour l’instant.

Pour tenter de rallier l’opinion publique et de rassurer les athlètes, le comité organisateur et le CIO insistent à clamer que toutes les mesures sanitaires possibles seront mises en place.

«Les athlètes et visiteurs arriveront au pays vaccinés», a d’abord promis Thomas Bach, dans une entrevue au «Washington Post».

«Au moment où les Jeux débuteront en juillet, nous aurons encore plus de mesures dans notre coffre à outils pour lutter contre la COVID que nous en avons maintenant», a-t-il renchéri.

Des tests négatifs seront exigés avant l’arrivée au Japon pour les athlètes, mais aussi à l’arrivée à Tokyo, ainsi que sur chaque site de compétition.

Un village moins festif

Quant au fameux village olympique, il y a lieu de croire que l’ambiance festive habituelle ne sera pas au rendez-vous. L’un des vice-présidents du CIO, John Coates, a récemment déclaré que le village deviendrait « l’endroit le plus sécuritaire de Tokyo », avec les restrictions qui s’imposent, bien entendu.

Il est même envisagé que les athlètes doivent signer un contrat dans lequel ils s’engagent à ne participer à aucun rassemblement. Ils pourraient aussi être contraints de quitter le pays au terme de leur compétition, plutôt que de vivre le reste des Jeux sur place.

Selon toute vraisemblance, les Jeux de Tokyo auront bien lieu, même si l’extravagance habituelle risque de faire défaut. C’est le prix à payer pour les quelque 11 000 athlètes présents, à moins d’un changement soudain dans les mesures sanitaires.