Canadiens de Montréal

L’homme qui connaît le mieux Corey Perry

L’homme qui connaît le mieux Corey Perry

Félix Séguin, TVA Sports

Publié 30 décembre 2020
Mis à jour 30 décembre 2020

La personne au Québec qui connaît le mieux Corey Perry est sans aucun doute mon estimé collègue à TVA Sports, Alain Chainey.

C’est Alain qui avait repêché Perry en 2003 alors qu’il était le recruteur-chef des Mighty Ducks d’Anaheim.    

Chainey avait épié ses moindres faits et gestes lors de l’année de son repêchage en 2002-03. Au début de la saison cette année-là, Chainey était hésitant sur le futur de Perry.

«On détestait son coup de patin. Il n’avait aucune explosion, s'est-il rappelé. Cependant, il avait d’autres qualités pour compenser cette faiblesse. Il avait de très bonnes mains, un excellent sens du hockey et il avait un niveau de compétition très élevé.»

Selon Chainey, Perry avait progressé à partir de la deuxième moitié de la saison. 

«De son propre aveu, il s’était pris en main et il voulait que les choses changent et c’est ce qui s’est produit.»

Les séries éliminatoires de 2003 avaient convaincu les Mighty Ducks que Perry était un joueur promu à un bel avenir. 

«Je me souviens de la série contre les Spitfires de Windsor, a continué Chainey. L’aréna à Windsor et les spectateurs étaient très intimidants. Perry n’avait jamais été dérangé et il n’avait jamais reculé devant cette adversité. Si je me souviens bien, il avait connu là-bas un match de deux buts et deux passes.»

Lors de la journée du repêchage en 2003, Alain Chainey et les Mighty Ducks d’Anaheim détenaient un seul choix de premier tour. Ils ont choisi Ryan Getzlaf avec leur choix au 19e rang. Une excellente sélection.

Mais Alain adorait Corey Perry et il était surpris qu'il soit toujours disponible à la fin du premier tour de sélection. Selon Alain, les Mighty Ducks avaient Perry entre le huitième et le dixième rang sur leur propre liste des plus beaux espoirs.

Malheureusement, les Mighty Ducks n’avaient pas d’autres choix de premier tour. Cependant, Chainey est parvenu à convaincre son directeur général, Bryan Murray, d’effectuer une transaction. C’est ainsi que les Mighty Ducks ont échangé leurs deux choix de deuxième tour cette année-là aux Stars de Dallas (devenus Vojtech Polak et B.J. Crombeen) en retour du choix de premier tour des Stars, le 28e au total.

Alain et les Mighty Ducks ont ainsi pu sélectionner Corey Perry. Avec Getzlaf, il a formé l’un des meilleurs duos dans la LNH lors des années suivantes. Ils ont notamment gagné la coupe Stanley en 2007... mais cette fois, en tant que Ducks.

En renfort avec les Canadiens

Sur quel trio jouera Perry avec les Canadiens? Ça, c’est la grande question. Pour Alain Chainey, Perry n’a pas accepté un contrat avec les Canadiens pour se retrouver sur l’équipe de réserve.

«Il veut jouer, car il a beaucoup de fierté, a-t-il confié. C’est un féroce compétiteur. Dans sa tête, s’il a accepté de venir à Montréal, c’est parce qu’il pense jouer sur une base régulière. Il a toujours relevé les défis qui se présentaient devant lui. Je crois qu’il peut surprendre du monde, car c’est un athlète fier.»

Et son coup de patin?

«Il a encore beaucoup de difficultés surtout lorsqu’il transporte la rondelle. Toutefois, comme lorsqu’il jouait au niveau junior, il possède d’autres qualités pour compenser cette lacune. Les Canadiens ont une équipe rapide et il sera bien entouré.»

Alors sur quel trio?

«Je le verrais sur le 3e ou 4e trio, a continué Chainey. Je pense qu’il peut aussi être utile sur la deuxième unité en avantage numérique parce qu’il est très efficace devant le filet. En plus de rouler sur les mises en échec, il peut faire dévier des rondelles et il a des mains rapides pour récupérer les retours de lancer.»

Alain Chainey croit aussi que Perry peut avoir une bonne influence sur les jeunes joueurs des Canadiens.

«Il travaille très fort. Il est dédié à gagner. Il l’a fait avec nous à Anaheim. Il est hargneux, il a du "chien" et parfois c’est à la limite de la légalité. Il ne craint pas le jeu robuste. Quand il se fait frapper durement, il se relève et il y retourne. Les joueurs adverses détestent l’affronter parce qu’il est très physique.»

À droite ou à gauche?

Avec Brendan Gallagher, Josh Anderson, Tyler Toffoli et Joel Armia, Perry est un autre ailier droit dans la formation de Claude Julien. Certains se demandent si Perry pourrait jouer du côté gauche. Chainey a sa petite idée.

«Il a déjà joué à l’aile gauche avec les Ducks, mais je vous dirais que 90% du temps, il a joué à droite. Je pense que cela pourrait l’aider de jouer à gauche lorsqu’il se présente hors l’aile, mais je sais qu’il est plus confortable à droite», a affirmé Chainey.

Voyez dans la vidéo ci-dessus, le point de presse intégral de Corey Perry, mardi.