Crédit : Photo d'archives, Le Journal de Montréal

Baseball - MLB

Pierre Arsenault à cinq minutes de jouer un match

Publié | Mis à jour

Le Québécois Pierre Arsenault occupait le rôle de responsable de l’enclos de relève chez les Marlins de la Floride quand, le 1er juin 2004, il a bien failli participer à un match de son équipe.

«À chaque fois que je vois une histoire comme celle de David Ayres, je me souviens que ç’a bien failli m’arriver», a indiqué Arsenault, rappelant la fameuse aventure du chauffeur de surfaceuse qui a été employé comme gardien de but dans un match des Hurricanes de la Caroline, en février dernier.

Arsenault se souvient parfaitement des moindres détails entourant ce match qui opposait, au vieux Pro Player Stadium de Miami, les Marlins aux Reds de Cincinnati.

«Je suis vraiment passé à cinq minutes de jouer, a-t-il raconté. Le receveur Mike Redmond était blessé, et alors que le match approchait, notre autre receveur, Ramon Castro, avait laissé savoir qu’il avait mal au gros orteil et qu’il ne pourrait peut-être pas jouer.»

C’est alors que le gérant des Marlins, Jack McKeon, était venu s’informer auprès d’Arsenault.

«Penses-tu que tu serais en mesure de “catcher” Brad Penny dans un match du baseball majeur?», lui a-t-il demandé, sachant que le Québécois agissait régulièrement comme receveur durant les entraînements.

Arsenault, à l’époque âgé de 40 ans, ne pouvait promettre qu’il allait contribuer avec son coup de bâton, mais il se sentait à l’aise pour dépanner l’équipe derrière le marbre.

Du rêve au cauchemar

Une histoire digne d’un scénario hollywoodien était sur le point de s’écrire. McKeon était visiblement prêt à lui confiance.

«Mon contrat avait été préparé et tout, mais cinq minutes avant la partie, Castro avait pris la décision de jouer», a expliqué Arsenault.

Le dénouement est encore plus crève-coeur puisque Castro, en deuxième manche, n’était plus en mesure de continuer et c’est finalement le vétéran Mike Mordecai, un joueur d’avant-champ ayant précédemment évolué pour les Expos de Montréal, qui l’avait remplacé comme frappeur suppléant avant de se retrouver au poste de receveur.

«Une fois qu’un match est commencé, c’est impossible d’ajouter un joueur à la formation, vient expliquer Arsenault. C’est donc Mike (Mordecai) qui a été appelé à faire le travail derrière le marbre et le pire, c’est que la partie a duré 10 manches.»

La fin pour Castro

À propos de Castro, ce fut sa dernière présence dans l’uniforme des Marlins.

«Disons que les gars n’avaient pas tellement apprécié que Castro quitte durant cette partie, a précisé Arsenault. Je me souviens aussi que Mordecai avait eu mal aux jambes et au bras pour un bout de temps après ce match.»

Les Marlins avaient d’ailleurs perdu la rencontre par le pointage de 7 à 6, tandis que Mordecai avait néanmoins réussi trois coups sûrs durant ce match inoubliable.