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«J’ai ma place en F1» - Lance Stroll

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Lance Stroll va boucler sa quatrième saison en Formule 1 dimanche, à l’occasion de la dernière étape du Championnat du monde, qui sera présentée à Abou Dhabi.

Son parcours en dents de scie fait encore dire à bon nombre d’observateurs que sa présence dans la discipline-reine du sport automobile n’est possible que grâce à la fortune de son père, Lawrence.

Force est d’admettre, toutefois, qu’il a su remettre les pendules à l’heure en 2020, même s’il a connu un passage à vide inquiétant après sa brillante troisième place obtenue au Grand Prix d’Italie au début de septembre.

«Il est vrai que mes trois premières saisons ont été difficiles au volant de voitures très moyennes», a raconté le pilote québécois lors d’une visioconférence à laquelle quelques journalistes canadiens ont participé jeudi matin.

«Mais cette année, notre monoplace était plus compétitive et nous avons obtenu de bons résultats, comme à Bahreïn la semaine dernière, où Sergio [Perez] et moi sommes montés sur le podium, a indiqué Stroll. Si j’avais été moins malchanceux, ma récolte de points serait meilleure cette année.»

Quand tout a basculé

Le pilote de 22 ans, qui en sera à son 78e départ en F1 dimanche, occupait la quatrième place (à égalité avec le Britannique Lando Norris) au classement des pilotes à l’issue du Grand Prix d’Italie, début septembre, avec 57 points au compteur. Puis, tout a basculé.

«Au circuit de Mugello, s’est-il rappelé, une crevaison m’a privé d’une place sur le podium. J’ai aussi fait des erreurs et j’ai contracté la COVID-19, ce qui m’a fait rater le Grand Prix de l’Eifel en Allemagne. La seconde moitié de la saison a donc été plus compliquée, a souligné Stroll. Mais je suis satisfait de mes deux podiums et surtout de ma position de tête.»

Cet exploit, réalisé en Turquie, a su faire taire bon nombre de ses détracteurs. Peu importe les circonstances, pluie ou pas, une telle performance est tout à fait remarquable.

Capable de coups d’éclat

On ne dit pas que Stroll a démontré qu’il avait l’étoffe de certains autres pilotes de sa génération très doués, dont Max Verstappen, Charles Leclerc ou George Russell, mais il est clairement capable de coups d’éclat.

«Moi, je réponds à ces gens-là par mes performances sur la piste, fait-il remarquer. J’ai ma place en F1, même si je suis conscient que je dois encore m’améliorer.»

Cette position de tête à Istanbul a fait réagir des champions du monde devenus analystes à la télé.

«Oui, son père est riche, a affirmé Damon Hill récemment sur les ondes du réseau britannique Sky Sports, mais ce n’est pas de sa faute. On constate qu’il peut faire de belles choses à bord d’une bonne voiture. En Turquie, il a montré un grand talent sur une piste détrempée.»

Un tour parfait

Jenson Button a en rajouté: «Il doit supporter une pression énorme avec cette réputation de fils à... papa. Il a gagné partout où il est passé avant d’arriver à la F1. Il faut lui donner du temps. Aujourd’hui, il est un pilote de F1 et mérite de l’être.»

Même Jacques Villeneuve, qui n’a jamais été un grand défenseur de Stroll, a reconnu lui aussi que son compatriote avait effectué un tour parfait en Turquie.

«Il a été impressionnant, a dit le champion du monde en 1997. Il brille souvent quand les conditions sur la piste sont difficiles. Il n’a pas commis d’erreur.»

Des propos qui ont fait réagir Stroll, surtout dans le cas de Villeneuve. «Venant de lui, a répliqué le pilote québécois, je vais l’accepter. C’est bien de l’entendre ainsi. Ça n’arrive pas souvent...»

Le troisième rang à l’enjeu

La victoire de Sergio Perez la semaine dernière au GP de Sakhir, combinée à la présence sur le podium de son coéquipier Stroll, a permis à l’écurie Racing Point de reprendre le troisième rang au classement des constructeurs de F1.

Ce championnat des équipes est crucial, car ce sont des millions de dollars de différence déterminés par le classement final.

«L’enjeu est important, explique Stroll. C’est plus d’argent dans les coffres de l’écurie, plus d’argent aussi pour développer une meilleure voiture l’an prochain.»

Derrière les intouchables Mercedes (540 points) et Red Bull (282), les écuries Racing Point (194), McLaren (184) et Renault (172) se disputent cette place de « meilleur des autres» si convoitée. Une équipe peut amasser un maximum de 44 points si ses deux pilotes signent le doublé et l’un d’eux réalise le tour le plus rapide en course, ce que Mercedes a fait à trois reprises cette année.