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F1

Lance Stroll, l’habile danseur

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Après son coup d’éclat en Turquie, où il a décroché la position de tête, le Québécois Lance Stroll commence à se forger une réputation de maître sous la pluie en Formule 1.

Même s’il a terminé neuvième en raison d’un ennui d’aileron avant, Stroll a mené le Grand Prix de Turquie d’une main de maître pendant plus d’une trentaine de tours. Des arguments qui s’ajoutent à sa réputation de pilote habile sur piste détrempée.

Dès sa première saison, en 2017 avec Williams, il s’est qualifié quatrième à Monza sous la pluie. En raison des pénalités, il est devenu le lendemain le plus jeune pilote à prendre le départ de la première ligne.

En 2019 en Allemagne, une bonne analyse des conditions changeantes après une averse lui avait permis de faire le bon choix en chaussant des pneus pour piste sèche, étant le seul à le faire. Il avait terminé quatrième à bord de sa Racing Point après avoir très brièvement mené la course.

«J’ai conduit souvent dans la pluie en grandissant, a lancé Stroll lors d'une entrevue à la baladodiffusion "Beyond the Grid" publiée mercredi, lorsque questionné à propos de ses succès. Au Canada, la météo est affreuse la moitié du temps. Mais j’aime ce genre de conditions. C’est comme une danse que tu fais avec la voiture. On ne sait jamais à quoi s’attendre de chaque virage et comment la voiture va réagir. Je crois qu’il y a une adaptation constante dans ces conditions, et c’est ce que j’ai toujours aimé. J’ai de bonnes sensations avec la voiture dans la pluie, pour [trouver] les limites. Je ne sais pas d’où ça vient, mais c’est un défi que j’ai toujours apprécié.»

«Trouver la limite sur une piste détrempée, c’est un jeu de risques et de récompenses. Il faut calculer le risque dans chaque virage et reconnaître que si on pousse un peu trop, on peut perdre le contrôle et avoir un accident. C’est ce qui est arrivé à Istanbul, j’ai bien construit ce tour en étudiant chaque virage pendant les qualifications.»

À sa place

Parlant d’une relation amour-haine avec la F1, Stroll est également revenu sur ceux qui le dénigrent et qui estiment qu’il n’a obtenu sa place dans le sport qu’en raison de l’argent de son père Lawrence.

Si le milliardaire canadien a en effet financé à coups de dizaines de millions de dollars le séjour de son fils chez Williams et acheté l’écurie Racing Point, Lance croit avoir prouvé qu’il a sa place. Il dit d’ailleurs se nourrir des critiques.

«Si vous ne vous nourrissez pas des critiques et que vous vous y attardez, ça vous ronge de l’intérieur. Ainsi, je pense que j’ai appris à l’utiliser comme une énergie, pour prouver que les gens ont tort.»

«Ç’a toujours été comme ça depuis le premier jour en raison de mon passé. Mais je laisse mes performances parler. J’ai gagné les championnats qui mène à la F1: Formule 4, Formule 3, les Toyota Racing Series. Et en F1, je suis monté sur le podium et j’ai eu une position de tête.»