Canadiens de Montréal

«Il était complètement dévasté»

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Il y a 25 ans, Patrick Roy disputait son dernier match dans l’uniforme des Canadiens de Montréal et quelques jours plus tard, il était échangé à l’Avalanche du Colorado dans l’une des pires transactions de l’histoire de la formation montréalaise.

Pas besoin de revenir en profondeur sur le fil des événements, tant il est connu des amateurs de hockey d’ici.  

En entrevue à «JiC», le père du célèbre gardien de but, Michel, a révélé mercredi que cette transaction avait été très difficile à vivre, dans les premiers temps, pour le numéro 33. Ce dernier ne souhaitait pas réellement partir de Montréal même si c’est ce qu’il avait déclaré au président de l’équipe, Ronald Corey, lors du fatidique match du 2 décembre 1995.

«Le lendemain de l'incident en question, il s'est présenté au bureau de Réjean Houle avec son agent, qui était Robert Sauvé à l'époque, dans l'espoir de voir s'il y a possibilité de revenir en arrière, a raconté Michel Roy. La première chose que Réjean Houle (DG du CH à l’époque) leur a dit, c'est "écoutez, la décision est prise, tu vas être échangé". Donc il n'y avait aucune possibilité de revenir en arrière.»

Le gardien étoile avait retenu de cette conversation que la décision ne semblait pas venir de Houle lui-même, tant ce dernier semblait ébranlé en la lui annonçant.

«Subitement, Patrick a réalisé que sa carrière à Montréal était terminée, et dans les quatre jours qui ont suivi, avant qu'il ne déménage à Denver, il a perdu 12 livres, il n'était pas capable de manger, il se réveillait la nuit, il vomissait, il faisait des crises d'angoisse, a expliqué M. Roy. Il se mettait à sangloter, à frissonner. Et ça, ça a duré des semaines! Je dirais jusqu'à la fin du mois de janvier.»

«Même à Denver, quand il voyageait avec l'avion de l'équipe de l'Avalanche, il se mettait tout à coup à sangloter, sans pouvoir s'arrêter, a-t-il ajouté. Il était complètement dévasté. C'était terrible. Ça s'est estompé tranquillement.»

Toxique  

Le père du gardien, qui s’est souvent publiquement porté à la défense de son fils au fil des années, a essentiellement rejeté la responsabilité de cette saga sur l’entraîneur-chef du CH de l’époque, Mario Tremblay, et sur le manque d’expérience du personnel hockey du CH, embauché de manière précipitée à l’automne précédent lorsque Jacques Demers et Serge Savard ont été mis à la porte.

«Ça ne dépendait pas de lui, a-t-il indiqué au sujet de son fils. Lui, il n'a rien fait au fond. Il était dans une ambiance toxique créée par Mario Tremblay, qui voulait affirmer son autorité face aux autres joueurs de l'équipe au détriment de Patrick. Alors que s'il avait voulu faire de Patrick son allié, ils auraient pu gagner des matchs ensemble.» 

«D'ailleurs, Patrick m'a dit lui-même "si j'étais resté à Montréal, Mario aurait fini par m'aimer, parce que j'aurais fait gagner l'équipe".»

Voyez l’entrevue complète dans la vidéo ci-dessus.