Crédit : COURTOISIE Rob Jones

Cyclisme

Maghalie Rochette ne regrette aucunement son choix

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La Québécoise Maghalie Rochette a longtemps rêvé aux Jeux olympiques, mais sa passion pour la discipline du cyclocross a eu le dessus. 

Après avoir délaissé le vélo de montagne et suivi ses instincts, la bombe d’énergie originaire de Sainte-Adèle, dans les Laurentides, ne regrette aucunement son choix. 

«Le cyclocross, c’est plus dynamique et ça cadre surtout mieux avec qui je suis, a résumé l’athlète de 27 ans. Pendant un certain temps, je continuais le vélo de montagne simplement parce que j’avais envie d’aller aux Jeux olympiques, mais lors des courses, je n’avais pas tellement de plaisir. Je refusais de laisser tomber mon rêve olympique. Ensuite, j’en suis venue à accepter que je pouvais avoir une carrière valable en pratiquant le sport que j’aime vraiment.»

Pour vulgariser le cyclocross, qui ne figure pas encore comme discipline olympique, Rochette parle de «courses à obstacles à vélo». Sur la piste, on peut retrouver du sable, du gazon, des escaliers et bien d’autres choses qui embêtent habituellement les cyclistes. À de nombreuses reprises pendant une épreuve, les athlètes doivent même descendre de leur vélo pour mieux le porter en courant.

Tout récemment, Rochette a été élue parmi les athlètes féminines par excellence de la Fédération québécoise des sports cyclistes pour l’année 2020. Il s’agissait d’une victoire personnelle, mais également un triomphe pour le cyclocross.

«C’est la première fois qu’il y avait une catégorie cyclocross dans les prix décernés par la Fédération. C’est une belle reconnaissance pour le sport», a-t-elle souligné, en fière ambassadrice.

Troisième au monde

Méconnue au Québec, Rochette venait pourtant au troisième rang mondial de sa discipline au classement de l’Union cycliste internationale (UCI) au terme de la dernière saison. Seules deux représentantes des Pays-Bas la devançaient, dont la jeune étoile d’origine dominicaine Ceylin del Carmen Alvarado.

«Ce classement, c’est un peu comme au tennis, avec l’ATP et la WTA, a expliqué la Québécoise. Il tient compte de toutes les courses disputées dans la dernière année.»

En considérant uniquement les épreuves de la Coupe du monde, Rochette avait par ailleurs pris le sixième échelon au classement général, ce qui lui avait valu une bourse de 12 000 euros, soit environ 18 000 $. Ce n’est pas une fortune, mais de tels revenus lui permettent de gagner honorablement sa vie en considérant l’ajout de ses précieux commanditaires.

«Dans ce qui me rend fière, il y a le fait d’être devenue la première Canadienne à gagner une épreuve de la Coupe du monde de cyclocross, a-t-elle indiqué. C’était à la première étape de la saison [en septembre 2019], à Iowa City, aux États-Unis. J’avais des larmes de joie, je me prouvais à moi-même que j’avais fait le bon choix et que mon rêve était possible.»

En motorisé

Plus d’un an plus tard, Rochette poursuit son parcours avec de nombreuses compétitions d’ici la fin de l’année sur le continent européen.

«Le cyclocross est vraiment populaire en Europe, surtout ici, en Belgique, où c’est pratiquement le sport national», a-t-elle mentionné, ayant conclu l’épreuve Superprestige de Merksplas en 11e position, le week-end dernier.

Ce dimanche, l’athlète se déplace en République tchèque pour une tranche de la Coupe du monde. Si la pandémie de COVID-19 a forcé l’annulation de plusieurs courses en Amérique du Nord, Rochette ne s’en plaint pas trop. Elle et son copain David Gagnon, qui est également son entraîneur, ont loué un «motorisé» pour quelques mois, ce qui permet plus de flexibilité dans leurs déplacements en sol européen.

Le rêve olympique a peut-être été relégué aux oubliettes par Rochette, mais l’athlète y trouve définitivement son compte en cyclocross.