Kate Madigan

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La première DG de l'histoire de la LNH?

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«L’avenir est féminin.» Sur son bureau au Prudential Center, Kate Madigan garde une plaque où on peut lire cette phrase forte de sens. Ray Shero, l’ancien directeur général des Devils, lui avait offert ce cadeau.

Madigan, 28 ans, reste méconnue du grand public. On ne la reconnaît pas dans les rues de Newark. Elle passe aussi incognito à Montréal ou à Philadelphie quand elle voyage avec les Devils.

Dans les sphères de la LNH, l’Américaine originaire du Massachusetts commence à bâtir sa réputation. Avec les Devils, elle occupe le poste de directrice des opérations du recrutement professionnel. Un long titre.

Quand on lui demande de le définir, elle y répond avec la même passion que Jon Cooper avec le Lightning de Tampa Bay.

«Quand tu penses à un recruteur professionnel, tu imagines une personne qui voyage un peu partout pour évaluer des joueurs. Je dirige les recruteurs dans leur voyage, je cible de potentiels futurs joueurs autonomes que nous aimerions engager. L’an dernier, il y a eu la transaction de Taylor Hall. J’ai regardé plusieurs équipes, plusieurs joueurs.»

«Je consulte les éléments analytiques, les statistiques avancées. Je dois regrouper toutes les informations. J’ai aussi un rôle avec le recrutement amateur. Je suis le Combine à Buffalo. Depuis les six derniers mois, j’ai un rôle un peu plus gros. Je travaille étroitement avec Tom Fitzgerald, notre DG. J’ai travaillé récemment sur le repêchage, j’ai organisé des rencontres virtuelles avec la LNH, mais aussi nos recruteurs.»

Pour résumer son poste, Madigan touche un peu à tout chez les Devils. L’an dernier, elle a voyagé avec l’équipe et elle suivait les matchs du bureau des entraîneurs pour regarder de possibles contestations.

Née dans le hockey

Sur le plan universitaire, Madigan détient une maîtrise en comptabilité à l’Université Northeastern. Elle a aussi une mineure en français. Sur le plan du hockey, elle a grandi dans cet environnement puisque son père Jim a occupé des postes de recruteur avec les Islanders de New York et les Penguins de Pittsburgh de 1993 à 2011. Depuis 2011, il dirige les Huskies de Northeastern.

«Depuis que je suis enfant, j’ai toujours su que je voulais œuvrer dans le milieu du sport, a-t-elle dit en entrevue au Journal. J’ai toujours aimé la camaraderie du monde sportif. Quand j’étais petite, je courais un peu partout dans un aréna et je distribuais des biscuits aux entraîneurs avec mon père.»

Aujourd’hui, elle fait plus que donner des sucreries. Elle partage maintenant ses informations avec les Fitzgerald, Alain Nasreddine, Martin Brodeur, André Savard, Pierre Mondou, tous des hommes de hockey chez les Devils.

«Au départ, je trouvais ça intimidant, a-t-elle répliqué. J’avais seulement 27 ans, j’avais juste deux ans d’expérience. J’étais jeune, j’étais une femme et j’étais nouvelle dans cette industrie. Je me retrouvais avec des gars qui ont joué tous près de 1000 matchs dans la LNH. Je me demandais si j’avais ma place. Maintenant, je sais que j’ai ma place. Ça prend un peu de temps pour construire sa confiance.»

«Kate a beaucoup de volonté, elle n’a pas peur de foncer, a renchéri André Savard. Ce n’était pas de l’inconnu pour elle, elle ne partait pas de zéro.»

«C’est une femme organisée et une femme de caractère. Je ressens aussi sa passion pour le hockey. Moi, je trouve que ça se passe très bien. Je n’ai aucun problème à travailler avec une femme. Je veux simplement travailler avec des gens compétents. Kate est très compétente.»

Un rêve

Madigan aimerait ouvrir d’autres portes. À son âge, elle a encore beaucoup de temps devant elle. Mais l’embauche de Kim Ng dans le siège de DG des Marlins de la Floride lui procure encore plus d’espoir.

«C’est excitant, c’est inspirant, répond-elle. Mais Kim a travaillé excessivement fort pour atteindre ce rôle. Elle a parcouru un long chemin en touchant un peu à tout. J’espère qu’il y aura un élan et que nous n’attendrons pas 20 ans avant de voir une deuxième femme dans un poste semblable. Les ligues s’ouvrent, il y a moins de résistance que dans le passé.»

Madigan aimerait-elle devenir la pionnière dans la LNH et accéder à un poste de DG ou d’adjointe à un DG?

«Oui, j’aimerais ça. Oui, j’y rêve. Mais si ce n’est pas moi, je serai tout aussi fière pour celle qui sera la première dans la LNH.»

«Pour construire une équipe, tu as besoin d’une vision, d’une philosophie, d’une culture et de qualités de meneur. Ça n’a pas de sexe. Un homme peut y arriver, une femme aussi. Il faut aussi de la passion, des talents de communicateur et une structure organisationnelle. Tom Fitzgerald a une grande passion. Il est un homme authentique et il traite les gens avec respect. C’était la même chose avec Ray (Shero). Je peux m’inspirer d’eux. J’apprends en les regardant.»