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Club de foot Montréal

Marsch a appris chez l’Impact

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Même s’il n’a dirigé l’Impact que pendant sa saison inaugurale en MLS en 2012, Jesse Marsch a toujours gardé Montréal dans son cœur et il affirme que son passage au Québec l’a modelé pour la suite de sa carrière.

Marsch, qui a fêté son 47e anniversaire au début du mois, dirige depuis l’an passé le Red Bull Salzbourg, en Autriche.

Pour lui, c’était une évolution naturelle après avoir été entraîneur-chef des Red Bulls de New York dans la MLS et adjoint avec le RB Leipzig, en Bundesliga allemande.

«Ça n’a pas été facile de travailler avec Nick De Santis et Joey Saputo, nous avions nos différences, mais je suis très reconnaissant qu’ils aient donné une chance à un jeune entraîneur», a-t-il mentionné dans une récente conversation téléphonique.

«Beaucoup des défis que j’ai affrontés à Montréal m’ont permis de devenir l’entraîneur que je suis aujourd’hui.»

Apprentissage

On se rappellera que Marsch se faisait un point d’honneur de parler en français à la fin de son séjour à Montréal. Installé dans un environnement germanique depuis trois ans, il a aussi appris l’allemand.

«Honnêtement, en vieillissant, c’est difficile d’apprendre une nouvelle langue, mais ça doit devenir une obsession. Quand j’étais à Montréal, j’avais au moins deux cours par semaine et en public je parlais en français», souligne-t-il.

«Je parle maintenant l’allemand couramment. Je veux ainsi démontrer que je veux m’adapter et faire partie de la communauté de la bonne façon. Je crois que ça m’a attiré les grâces des gens ici.»

Et il soutient que son passage à Montréal a permis à la famille de se préparer à la transition vers l’Europe, un projet familial de longue haleine qui a été pensé pour s’échelonner sur 15 ou 20 ans.

Différent

Contrairement à plusieurs joueurs américains qui affirment vivre un choc culturel en arrivant à Montréal, Jesse Marsch croit qu’il faut simplement s’adapter à une nouvelle réalité.

«Une erreur que les Américains commettent en allant à Montréal, c’est de penser que c’est le Canada et que ça ne sera pas très différent des États-Unis.»

«Mais le Québec est comme un pays différent et je crois que les Américains sous-estiment un peu la différence. Je crois qu’ils n’y sont pas préparés.»

L’Américain originaire du Wisconsin soutient que, si sa famille s’est bien ajustée à Montréal, c’est parce qu’il y a embrassé le mode de vie.

«Ça m’a préparé incroyablement bien pour le déménagement en Europe.»

Bon environnement

La famille Marsch a sans doute un côté caméléon. Tout le monde s’est bien adapté à un nouvel environnement et à une autre nouvelle langue.

Les deux garçons, qui sont âgés de 13 et 17 ans, fréquentent une école où l’enseignement est surtout en allemand et sa fille de 19 ans va à l’université en Écosse. Il sait qu’il a un emploi de rêve.

«Nous sommes très heureux ici», lance-t-il sans hésitation.

Il vante ensuite les conditions qui font que sa famille se plaît à Salzbourg, une ville de 155 000 habitants blottie dans les Alpes au riche passé et qui est aussi le berceau de Mozart.

«Le mode de vie ici est incroyable. Nous aimons vraiment le mode de vie européen, on entretient l’idée romantique des petits villages et des petites villes. C’est magnifique.»

Un environnement parfait selon Marsch

Si Jesse Marsch est comblé sur le plan personnel en Autriche, il l’est tout autant sur le plan sportif dans la famille Red Bull.

«Ce club est incroyable, les gens sont professionnels et ont une expertise énorme», souligne-t-il.

«Je dis souvent que c’est l’emploi le plus facile que j’ai eu. Je ne fais pas de recrutement, je ne signe pas de contrats, je ne connais même pas les salaires de nos joueurs.»

Marsch peut donc se concentrer sur ce qu’il fait de mieux, c’est-à-dire être un entraîneur.

Résultats

Marsch se retrouve dans un contexte d’excellence avec des attentes à l’avenant, mais il livre la marchandise.

Depuis qu’il a pris les rênes de l’équipe, l’année dernière, il s’est forgé une fiche de 40 victoires, 10 défaites et 12 verdicts nuls, menant son équipe au championnat de la Bundesliga autrichienne et de la Coupe d’Autriche.

C’est ainsi que, pour la seconde année consécutive, son équipe a atteint la phase de groupe de la Ligue des champions.

«Maintenant, notre prochain objectif est de sortir de la phase de groupe.»

Pénible

Dans le championnat autrichien, Marsch et son équipe trônent au premier rang avec une fiche de six victoires et un match nul. C’est toutefois plus difficile en Ligue des champions. Les Taureaux sont derniers du groupe A avec deux défaites et une nulle. Il faut dire qu’ils sont tombés sur un groupe difficile, qui inclut le Bayern Munich et l’Atlético Madrid.

«Le tirage au sort est pénible, lance-t-il dans un éclat de rire. On a joué neuf matchs en Ligue des champions depuis que je suis arrivé ici, on a toujours bien joué, mais on n’a jamais gagné contre un adversaire majeur.»

«C’est un tournoi difficile. On peut être fiers de ce qu’on fait, mais je suis désespéré de permettre à notre groupe de franchir la prochaine étape.»

L’an passé, son équipe avait failli créer la surprise en effectuant une remontée de trois buts dans un match où Liverpool avait pris les devants 3 à 0. Ils ont finalement perdu 4 à 3 et ont terminé troisièmes de leur groupe.

Marsch, qui a vécu la folie des stades pleins de la Ligue des champions l’an passé, vit une expérience déroutante cette saison.

«Jouer en Ligue des champions avec et sans partisans, c’est le jour et la nuit.»

Mais comme c’est un homme qui regarde toujours vers l’avant, il a su trouver du positif malgré la pandémie.

«En tant qu’entraîneur, ça m’a forcé à trouver des solutions en pensant en dehors du cadre.»