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Enfin avec son équipe de rêve

Photo portrait de Jean-François Chaumont

Jean-François Chaumont

2020-11-24T04:31:04Z

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À 7 ans, il jouait au mini-hockey avec Patrick Kane, Jonathan Toews et Duncan Keith dans le vestiaire des Blackhawks. Il suivait son paternel, qui en était à ses dernières années dans la LNH.

Aujourd’hui, il a changé de coéquipiers, mais il a toujours le même amour pour le hockey. À 20 ans, il fait ses premiers pas avec les Wolverines de l’Université du Michigan.

La recrue des Wolverines a pour nom Philippe Lapointe. Il est le deuxième enfant d’une famille de trois garçons et d’une fille de Martin et Tania Lapointe.

«Quand j’y repense, je réalise que j’étais chanceux dans ma jeunesse, a raconté Philippe, en entrevue téléphonique au Journal. J’ai partagé de beaux moments avec mon père à ses dernières saisons dans la LNH. Je m’en souviendrai toujours.»

«À cette époque, je me disais qu’il s’agissait d’une journée normale. C’était fou comme expérience. Plusieurs années plus tard, je m’entraînais dans le même gymnase que Kaner (Kane) et Toews à Chicago. Ils me parlent parfois de mes jours comme enfant dans le vestiaire des Hawks avec Martin. Ils sont heureux de voir que je poursuis maintenant mon chemin avec les Wolverines.»

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Philippe est né à Detroit au Michigan. À cette époque, Martin jouait pour les Red Wings. Il a toutefois grandi à Hinsdale, en Illinois, une banlieue au sud-ouest de Chicago. C’est encore là que la famille habite.

Sentiment unique

Dans son enfance, Philippe ne rêvait donc pas des Voltigeurs de Drummondville ou de l’Océanic de Rimouski. C’est un parcours dans la NCAA qui l’attirait.

Le 15 novembre dernier, l’ailier de 20 ans a joué un premier match avec les Wolverines. Il n’a pas obtenu de point, mais les Wolverines l’ont emporté 3 à 0 contre Arizona State.

«C’était un moment irréel. L’Université du Michigan est mon école préférée depuis que je suis tout jeune, a-t-il dit. J’ai ressenti un sentiment vraiment spécial en endossant l’uniforme des Wolverines pour la première fois. Même si j’ai participé à seulement un match depuis le début de la saison, je peux déjà dire que j’ai réalisé un objectif, une sorte de rêve. J’ai maintenant hâte à mes prochains matchs.»

Pour ce premier match sur le campus de l’Université du Michigan, Martin Lapointe se trouvait dans les gradins pratiquement déserts du Yost Ice Arena.

«C’était spécial. Quand tu mets le chapeau de père, c’est agréable à voir, a affirmé Martin au Journal. J’étais un papa heureux et fier dans les gradins. Les Wolverines ont 10 recrues, et des très bonnes. Il y a des gars déjà repêchés, comme Brendan Brisson et Thomas Bordeleau, et trois autres qui sortiront probablement au premier tour : Owen Power, Kent Johnson et Matty Beniers.»

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«Phil se retrouve en arrière de l’autobus un peu, mais il aime son expérience. Il aura à se battre pour jouer.»

Route sinueuse

Depuis le début de l’année, les Wolverines ont joué quatre matchs et ils ont signé quatre victoires. Mel Pearson, l’entraîneur en chef, a fait confiance à Philippe dans une seule rencontre.

«Nous avons un des meilleurs groupes de recrues de la NCAA, a rappelé Philippe. Je sais qu’il s’agit d’un gros défi pour moi. Je devrai me battre pour obtenir ma place au sein de la formation. En même temps, je deviens un meilleur joueur. Je m’entraîne contre de bons joueurs tous les jours et je suis motivé à l’idée de jouer pour l’une des meilleures équipes de la NCAA au pays. J’aime ce type de défi.»

À 20 ans, Philippe est plus âgé que les autres recrues dans son équipe. Au cours des trois dernières saisons, il a roulé sa bosse avec deux équipes de la USHL (Lincoln et Central Illinois) en plus de jouer une année à Trail, dans la BCHL.

Une carrière chez les professionnels reste un projet périlleux, mais il devrait sortir du Michigan avec un baccalauréat en marketing sportif (sports management) en poche.

«Je trouvais que l’école était primordiale, a mentionné Martin. J’ai une bonne idée du chemin qu’il parcourra. Je n’ai pas à lui dire, je ne dois pas briser ses rêves ou ses aspirations. Tous les jeunes ont le rêve de jouer dans la LNH. Phil n’est pas différent. Il n’a jamais été repêché dans la LNH. En partant, on sait que ce sera plus long. S’il finit par avoir une carrière chez les pros, il le fera vers l’âge de 24 ou 25 ans. Il aura besoin d’emprunter une route plus longue. C’est lui qui décidera de son sort.»

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«Mais pour moi, il y a une chose vraiment importante et c’est qu’il terminera avec un diplôme dans l’une des très bonnes écoles des États-Unis.»

«Tous les jeunes rêvent de la LNH, nous rêvons tous d’une carrière chez les pros, a renchéri Philippe. J’en rêve depuis mon enfance. Je devrai faire plusieurs sacrifices. Il n’y a pas un seul chemin vers les rangs professionnels. Tu peux jouer tes premiers matchs dans la LNH à 18 ans, mais aussi à 25 ans. Les équipes cherchent de bons joueurs, peu importe l’âge. Je serai patient avec mon développement au Michigan.»

Retrouvailles touchantes

Lapointe, Bordeleau, Brisson. Il y a trois noms de famille à résonnance québécoise avec les Wolverines du Michigan. Il s’agit de Philippe, Thomas et Brendan, les garçons de Martin, Sébastien et Pat.

À une autre époque, les trois pères ont joué dans la LHJMQ. Des trois, Sébastien Bordeleau et Martin Lapointe ont animé la rivalité entre les Olympiques de Hull (Gatineau) et le Titan de Laval au début des années 1990.

«J’ai trouvé ça spécial qu’on se retrouve pour les débuts de nos gars avec les Wolverines, a raconté Sébastien Bordeleau, en entrevue au Journal la semaine dernière. Martin était aussi dans les gradins pour le premier match de Philippe. Je lui ai dit que c’était drôle de voir nos gars jouer ensemble au Michigan. Au deuxième match de la saison, ils ont commencé sur le même trio. Même Martin était un peu ému. Ça prouve que le hockey reste un petit monde. Au même âge que Thomas et Philippe, nous jouions l’un contre l’autre dans la LHJMQ et nous avons joué plus tard l’un contre l’autre dans la LNH.»

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«C’était un beau moment, a renchéri Martin Lapointe. Je connais Seb depuis plusieurs années. J’ai aussi travaillé avec lui au sein de l’organisation du Canadien. C’était le fun de partager cette fierté de voir nos fils jouer pour la même équipe au Michigan.»

Historique

Dans le vestiaire des Wolverines, Thomas Bordeleau et Philippe Lapointe n’ont pas le même rôle. Bordeleau, un choix de 2e tour des Sharks de San Jose en 2020, a déjà amassé 7 points (2 buts, 5 passes) à ses 4 premiers matchs. Il a d’ailleurs marqué le but vainqueur dans un gain de 2 à 1 en prolongation vendredi dernier contre les Badgers du Wisconsin, l’équipe de l’espoir du Tricolore Cole Caufield.

Lapointe, quant à lui, a participé à une seule des quatre premières rencontres des Wolverines. Malgré cette disparité, les deux attaquants ont déjà tissé de bons liens.

«Nous savions qu’il y avait un historique entre nos pères, a raconté le jeune Bordeleau. Ils ont joué l’un contre l’autre dans la LHJMQ et dans la LNH, mais ils ont aussi travaillé ensemble dans l’organisation du Canadien. Il existe donc un lien entre nous. Phil est un bon ami dans l’équipe. C’est un gars qui travaille très fort.»

«J’ai parlé de ça avec Thomas l’autre jour, a ajouté Lapointe. Je patinais avec lui quand j’étais plus jeune à Montréal. C’est assez unique de constater qu’on se retrouve aujourd’hui au sein de la même équipe avec les Wolverines.»

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