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Impact de Montréal

La renaissance de Quioto

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L’Impact a souvent tiré à la courte paille en réalisant des transactions intra-MLS, mais avec l’acquisition de Romell Quioto, il y a près d’un an, il a frappé un coup de circuit.

Rappelons les faits. Le 20 novembre 2019, le Bleu-blanc-noir acquiert l’ailier hondurien en retour de Victor Cabrera, un arrière central qui n’avait jamais vraiment réussi à s’établir comme titulaire en cinq saisons avec le club.

En Quioto, l’Impact a mis la main sur joueur capable de donner un bon coup de main à l’attaque, mais surtout sur un homme qui traînait un passif assez lourd.

Après avoir reçu un carton rouge dans un match contre New York City le 8 août 2019, Quioto avait été sévèrement blâmé par son entraîneur de l’époque, Wilmer Cabrera, qui l’a ensuite forcé à s’entraîner en solitaire en lui refusant l’accès au vestiaire.

Cette sanction a été maintenue par l’ancien capitaine de l’Impact, Davy Arnaud, quand il a pris la relève après le congédiement de Cabrera.

Qui plus est, un an plus tôt, il a éprouvé des problèmes personnels impliquant une ancienne petite amie.

Reconnaissant

L’Impact prenait donc un risque en faisant son acquisition et Quioto en est bien conscient.

«Je suis très reconnaissant envers Olivier [Renard] et le club, de même que mes coéquipiers. Ils m’ont fait confiance en m’ouvrant les portes du club après ce qui est arrivé à Houston», a-t-il avoué lors d’une visioconférence, cette semaine.

«C’est très beau ce que je vis. Je savais que j’étais en mesure de le faire, c’est un peu une renaissance pour moi et j’espère pouvoir continuer de performer de la sorte.»

On le comprend puisqu’il a connu sa meilleure saison dans la MLS avec huit buts, un sommet personnel. Il estime que l’épreuve vécue à Houston lui a finalement été bénéfique.

«Je crois que je suis sorti grandi de cette expérience à Houston. On apprend simplement de nos erreurs et ça nous aide à grandir comme joueur et comme individu.»

Contrôle

C’est un coup de sang qui a finalement chassé Quioto de Houston et sur le terrain, le joueur de 29 ans est fougueux et combatif. Il a d’ailleurs été un peu chanceux à cet égard lors du dernier match de la saison régulière contre le D.C. United et a aussi été chassé pour un geste revanchard plus tôt cette saison.

«C’est évident que je peux encore m’améliorer en ce qui concerne le contrôle de mes émotions sur le terrain.»

«Parfois, les émotions peuvent nous jouer de mauvais tours, mais je n’ai été expulsé qu’une fois cette année et je ne sens pas que c’est un problème.»

Mais sa renaissance, il la doit étrangement au contexte particulier de la saison 2020 et à Thierry Henry.

«C’est surtout le fait d’être resté concentré sur le sport qui fait que les choses ont changé. L’exigence qu’impose Thierry sur le groupe m’a aussi aidé à travailler pour rester professionnel.»

Transition

Ailier gauche naturel, Quioto a joué partout sauf là cette saison pour finalement s’établir comme attaquant, lui qui a les attributs nécessaires avec son gabarit, sa vitesse et sa hargne.

«C’est un rôle auquel je me suis bien adapté, je l’avais déjà fait par le passé, c’est une belle position.»

Quioto semble serein et surtout sincère quand il dit être heureux chez l’Impact. Il avoue même avoir été ému aux larmes en apprenant qu’il avait été échangé l’an passé.

Le contrat de Quioto comporte une option pour l’Impact l’an prochain et on voit difficilement le club ne pas l’exercer puisqu’il a été le meilleur joueur de l’équipe cette année. Et il n’y a rien qu’il souhaiterait plus.

«Pour moi, la priorité c’est d’être heureux, et je le suis beaucoup ici à Montréal. J’aimerais pouvoir rester ici pour quelques années.»