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Belichick sur la sellette

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Si personne ne peut remettre en cause les aptitudes de Bill Belichick l’entraîneur, il en est autrement, dans les dernières années, pour ce qui est de Bill Belichick, le directeur général. Les Patriots traversent avec difficulté les débuts de l’ère post-Brady et le visage de l’équipe risque de changer drastiquement dès l’an prochain.

C’est un peu comme si Belichick avait hérité d’une vieille maison. Avant de lui donner meilleure mine avec des meubles au goût du jour, aussi bien se concentrer à réparer les fissures dans les fondations. 

Belichick a étonné cette semaine en déclarant que son équipe se retrouvait dans une mauvaise situation parce que dans les dernières années, l’organisation avait tout misé pour remporter le Super Bowl à trois reprises (2014, 2016 et 2018). À cause de cela, les réserves sont maintenant à sec et il doit faire au mieux avec les joueurs qu’il a sous la main.

Ce n’est pas faux en soi, mais les propos détonnent venant de celui qui n’a jamais toléré la moindre excuse depuis 20 ans. Pourtant, le départ de Brady devenait de plus en plus probable. Même s’il n’y avait aucune certitude en ce sens, il fallait commencer à préparer l’avenir. Ce que les Patriots n’ont pas su faire convenablement.

Repêchages difficiles 

La force des Patriots a longtemps été de dénicher des talents au rabais que le reste de la ligue a ignorés ou des perles rares dans les rondes tardives du repêchage. Mais dans les dernières années, les véritables espoirs solides de premières rondes permettant d’ériger un noyau fort leur ont échappé.

Il est vrai que les succès répétés des Patriots ne les ont pas positionnés de manière enviable au repêchage annuel, sauf que les ratés sont trop nombreux.

Depuis 2013, parmi leurs deux premières sélections chaque année, on retrouve des joueurs tels Aaron Dobson, Dominique Easley, Malcom Brown, Jordan Richards, Cyrus Jones, Derek Rivers, Antonio Garcia, Sony Michel et N’Keal Harry. Ils ont, au mieux, contribué modestement. Au pire, ils ont été des flops monumentaux.

Résultat ? Actuellement, les joueurs qui composent l’ADN des Patriots, les Julian Edelman, Devin McCourty, Matthew Slater et Stephon Gilmore, sont âgés de 30 ans ou plus. Même chose pour les vétérans de qualité qui ont opté pour la clause échappatoire liée à la COVID cette saison (Dont’a Hightower, Patrick Chung, Marcus Cannon).

Le quart-arrière Cam Newton a aussi 31 ans, il ne joue clairement pas au niveau espéré et n’a été mis sous contrat que pour une saison.

Et l’avenir? 

Cette saison, les Patriots profitaient de peu de marge de manœuvre sous le plafond salarial parce qu’ils doivent encore des millions à des exilés, dont Brady, Antonio Brown, Stephen Gostkowski, Duron Harmon et Michael Bennett.

Certains diront qu’une trentaine de beaux millions se sont libérés quand des vétérans ont opté, en 2020, pour la clause échappatoire, mais en juillet et en août, il était déjà trop tard pour magasiner.

Si un entraîneur peut faire beaucoup avec peu, c’est bien Belichick. Il ne s’agit pas ici de critiquer son œuvre au fil du temps, lui qui a élevé cette organisation au rang de dynastie que l’on ne reverra jamais. Il faut toutefois admettre que la transition est ardue.

La saison prochaine, les Patriots seront infiniment mieux positionnés au chapitre du plafond salarial et pourront se doter d’armes de qualité pour entourer leur futur quart-arrière de concession, qui ne sera pas Newton. Ils auront possiblement l’occasion, pour une rarissime fois, de repêcher parmi la première moitié des équipes.

Oubliez Trevor Lawrence et Justin Fields, mais il y aura plusieurs autres jeunes quarts cette année pour faire leurs délices. La phase de reconstruction pourrait être très courte.