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Crédit : Photo d'archives, AFP

Repêchage de la LNH

«J’avais peur de m’enfarger dans mes souliers»

Publié | Mis à jour

Ce n’est pas tous les ans que l’identité de l’espoir qui sera réclamé au tout premier rang du repêchage est coulée dans le béton. En 2003, personne n’aurait pu prévoir la veille du repêchage que Marc-André Fleury serait le premier à monter sur l’estrade du Gaylord Entertainment Center de Nashville.

La raison est fort simple. Les Panthers de la Floride, gagnants de la loterie, misaient déjà sur un excellent gardien en devenir en Roberto Luongo. De plus, un seul homme masqué avait été le tout premier choix dans l’histoire moderne du repêchage soit Rick DiPietro, sélectionné en 2000, par les Islanders de New York.   

Le repêchage 2020 de la LNH sera présenté en direct, mardi dès 19h, à TVA Sports et sur TVA Sports direct.

Alors, même lorsque les Penguins ont transigé avec les Panthers pour obtenir le tout premier choix dans les minutes précédant le repêchage, le jeune Sorelois n’y a pas vu le moindre indice. 

«J’avais vu les listes, mais je ne savais pas que j’allais sortir premier», raconte Fleury, joint la semaine dernière par Le Journal, à son domicile de Las Vegas. 

Sur cette liste, le nom du gardien des Screaming Eagles du Cap Breton apparaissait au premier rang dans la colonne des gardiens. Toutefois, celle des joueurs affichait de grosses pointures : Eric Staal, Dustin Brown, Thomas Vanek, Nathan Horton et Ryan Getzlaf venaient en tête de liste de la centrale de recrutement de la LNH. 

«J’avais eu de bonnes entrevues avec les Penguins, mais même avec la transaction, je ne pensais pas sortir en premier», déclare-t-il. 

«Je crois que mon agent le savait, a-t-il réfléchi 17 ans plus tard. Mais je lui avais demandé de ne pas me le dire. Je voulais avoir la surprise.» 

En fait, en revisionnant le reportage de cet encan amateur et en écoutant les commentateurs, on constate que Fleury est possiblement le seul à ignorer qu’il sera l’élu des Penguins. 

Une rencontre impressionnante   

Entouré de son père, de sa mère, de sa sœur et de celle qui allait devenir son épouse, Fleury a entendu Craig Patrick, le directeur général des Penguins, prononcer son nom. 

«J’ai ressenti une grande fierté. Sur le coup, je ne le réalisais pas. La seule chose à laquelle je pensais, c’est que j’avais peur de m’enfarger dans mes souliers en montant sur l’estrade.» 

Puis, la séquence s’est enchaînée à un rythme d’enfer. Enfilade du chandail, visite à la table des Penguins, successions de poignées de main, prises de photo et réponses aux nombreuses questions des journalistes. 

«Ça allait vite», lance-t-il. 

Mais dans tout ce brouhaha, un moment particulier retient toujours son attention aujourd’hui. 

«C’était la première fois que je rencontrais Mario Lemieux. Que je lui serrais la main», se souvient l’athlète de 35 ans. 

Devenu propriétaire de l’équipe quatre ans auparavant, Lemieux venait de disputer une première saison complète depuis son retour au jeu en 2000-2001. Une rencontre marquante pour le jeune homme. 

«Je suis encore impressionné quand je le rencontre aujourd’hui. Alors, imagine à 18 ans», confesse-t-il. 

Une pierre d’assise   

Si Lemieux avait acheté l’équipe et rechaussé ses patins, c’était entre autres pour redonner du prestige à cette concession qui s’en allait droit vers la faillite. D’ailleurs, au moment de sélectionner Fleury, l’équipe amorçait une reconstruction complète. Patrick ne s’en était pas caché dans les secondes suivant la sélection de Fleury : «la meilleure façon de commencer, c’est devant le filet». 

À l’époque, on ne se doutait pas que les Evgeny Malkin, Sidney Crosby et Kristopher Letang viendraient aider Fleury à donner rapidement un deuxième souffle aux Penguins. Le calvaire aurait pu être long. 

«Ça ne me faisait pas peur. J’étais juste content d’entendre mon nom», assure Fleury, champion de la Coupe Stanley en 2009, 2016 et 2017. 

«En même temps, rien n’était encore acquis. Rien ne m’était dû simplement parce que j’avais été repêché au premier rang, rappelle-t-il. Mon rêve, c’était de jouer dans la LNH. Le repêchage, c’était une étape de plus vers cet objectif, mais ce n’était pas encore l’objectif.» 

Un objectif qu’il aura réussi haut la main. Avant d’être réclamé par les Golden Knights de Vegas lors du repêchage d’expansion de 2018, Fleury a disputé 691 matchs dans l’uniforme des Penguins, remporté 375 victoires et inscrit 44 jeux blancs. Trois records d’équipe.