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F1

Pour égaler Schumacher

Louis Butcher

Publié | Mis à jour

Les records sont faits pour être battus, même ceux que l’on croyait inaccessibles.

Quand Michael Schumacher a mis un terme à sa carrière en Formule 1, au Grand Prix du Brésil en 2012, la plupart des observateurs s’entendaient pour dire qu’aucun pilote ne réussirait à surpasser sa marque de 91 victoires.

Mais c’est avant qu’un certain Lewis Hamilton ne vienne à son tour réécrire l’histoire de la discipline reine du sport automobile.

En cette saison écourtée et bouleversée par la pandémie, le Britannique tentera de rejoindre l’Allemand à l’occasion du Grand Prix de Russie qui sera disputé dimanche.

Tous les astres sont alignés pour cet exploit remarquable.

Le circuit de Sotchi, aménagé sur le site des Jeux olympiques d’hiver de 2014, est une terre fertile non seulement pour l’écurie Mercedes (invaincue en six participations), mais surtout pour Hamilton, qui y compte quatre victoires.

Domination outrageuse

Somme toute, la Russie est considérée comme la deuxième maison des Flèches d’Argent.

La domination de Hamilton est sans équivoque en 2020, comme en témoigne sa fiche éloquente de six gains en neuf épreuves, sept positions de tête et une avance quasi insurmontable de 55 points (190 à 135) au classement cumulatif aux dépens de son coéquipier Valtteri Bottas, qu’il continue de faire mal paraître.

Il reste donc encore huit épreuves à Hamilton cette année pour rejoindre Schumacher, mais surtout pour le dépasser. Aussi dire que ce n’est qu’une formalité.

Comme il semble aussi acquis – à moins d’une catastrophe – qu’il va égaler cet autre record remarquable de sept titres en F1 que détient ce même Schumacher.

Avant de débarquer en Russie, l’avance du vétéran de 35 ans au Championnat du monde représente l’équivalent d’un peu plus de deux victoires.

«Ce n’est pas réel»

À sa 14e saison en F1, Hamilton compte déjà plusieurs records à son dossier, dont le plus de positions de tête (95), de présences sur le podium (158) et de kilomètres parcourus en tête (24 710), des marques qui appartenaient à Schumacher.

Et ce n’est pas terminé. Le mot retraite n’est toujours pas inscrit à son vocabulaire.

«On dirait que ce n’est pas réel, a raconté Hamilton sur les ondes du réseau britannique Sky Sports la semaine dernière. Je me sens privilégié d’être dans cette position enviable.

«Sans une équipe formidable derrière moi et un coéquipier qui me pousse à la limite constamment, a-t-il poursuivi, je ne serais pas rendu là.»

Hamilton, il est vrai, peut compter sur la meilleure voiture du plateau, ce qui, évidemment, lui a facilité la tâche depuis sa venue chez Mercedes en 2013.

Cela dit, d’autres excellents pilotes dans l’histoire de la F1 n’ont pas toujours été capables d’exploiter au maximum cet avantage.

Le meilleur de tous les temps?

Hamilton doit être considéré comme une légende de la F1. C’est un fait indéniable. Les grands champions commettent rarement des erreurs. Il fait partie de ce groupe sélect.

Mais, est-il aujourd’hui le plus grand? C’est l’éternel débat qui s’applique dans tous les sports. Est-il meilleur que Schumacher, Juan Manuel Fangio, Jim Clark et surtout Ayrton Senna? Et on pourrait en ajouter d’autres.

Vous comprendrez qu’il est toujours périlleux de comparer des pilotes de différentes générations qui ont tour à tour dominé leur spécialité.

Wayne Gretzky, Bobby Orr, Gordie Howe ou Mario Lemieux au hockey? Tiger Woods, Jack Nicklaus, Sam Snead ou Arnold Palmer au golf? Muhammad Ali est-il le meilleur boxeur de tous les temps?

De quoi animer les discussions.

Dans l’attente d’un contrat

L’écurie Mercedes n’a toujours pas confirmé le retour de Hamilton en 2021 au sein de son organisation.

Mais, encore là, ce n’est qu’une formalité. Le Britannique s’est déjà entendu avec son employeur, mais les deux parties préfèrent attendre avant de l’annoncer.

Reste maintenant à savoir si son patron Toto Wolff, l’un des ingrédients de la recette gagnante de l’équipe allemande, poursuivra lui aussi cette aventure fructueuse.

L’Autrichien est au centre de rumeurs laissant croire qu’il pourrait accepter l’offre de son bon ami Lawrence Stroll pour rejoindre l’écurie qui portera le nom d’Aston Martin l’an prochain et dont Wolff est actionnaire minoritaire.

En bref

Hamilton pourrait remporter une 91e victoire dimanche à son 260e départ en F1. Schumacher, lui, a atteint ce plateau à sa 247e présence, au Grand Prix de Chine, en 2006.