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NFL

Sur des sièges éjectables

Stéphane Cadorette

Publié | Mis à jour

La saison ne fait que commencer, mais déjà, quelques entraîneurs n’ont plus beaucoup de marge de manœuvre. Si certaines équipes se mettent rapidement à dérailler, des têtes pourraient rouler bien avant la fin de la campagne.

L’un des premiers noms qui viennent à l’esprit, c’est Adam Gase, à la barre des Jets. Le pilote n’en est qu’à sa deuxième saison avec l’équipe et certains diront qu’un congédiement serait prématuré, même si les Jets continuent de s’enfoncer.

Sauf que Gase a été amené à bord pour qu’il devienne le gourou derrière une éventuelle montée en puissance du jeune quart-arrière Sam Darnold. C’est pourtant l’effet inverse qui se produit et Darnold semble régresser.

Cette semaine, le propriétaire des Jets a mentionné que Darnold rebondirait parce que Gase est un «brillant esprit offensif» qui va le replacer dans le droit chemin.

Cette étiquette colle à Gase depuis que Peyton Manning a connu de superbes saisons sous sa férule, quand il était coordonnateur offensif des Broncos. Mais justement, depuis ces deux saisons de 2013 et 2014, c’est le néant pour Gase sur le plan de la production offensive.

Lors de ses passages à Chicago (2015) et Miami (2016 à 2018), ses attaques ne se sont jamais classées dans le top 20 pour les verges amassées. Pour les points marqués, ses équipes n’ont pas fait mieux que le 17e rang. Avec les Jets l’an passé, son offensive a croulé au 31e rang pour les points marqués et au 32e pour les verges.

Les statistiques, c’est une chose, mais Gase ne semble pas avoir la faveur de ses joueurs. Les conflits avec le porteur Le’Veon Bell en sont un exemple. Sa relation tendue avec Jamal Adams a forcé l’exode de cet excellent maraudeur vers Seattle.

Les Jets n’ont perdu qu’un match et tout n’est pas encore fini, mais Gase navigue déjà en eaux troubles.

Matt Patricia en danger

Le constat est similaire à Detroit avec Matt Patricia. Si Gase jouit d’une réputation de génie offensif, c’est plutôt pour son savoir défensif que les Lions ont embauché Patricia. L’ex-coordonnateur défensif des Patriots ne livre pas la marchandise après deux saisons aux commandes. Il a pour l’instant le bénéfice du doute puisque son quart-arrière Matthew Stafford a été à l’écart une bonne partie de la saison dernière, mais cette saison, l’excuse ne tient plus.

Tout comme Gase, il semble peiner à établir une bonne relation avec ses joueurs. Des anciens Lions, comme Glover Quin et Darius Slay, ont ouvertement critiqué leur ex-entraîneur après leur départ de Detroit.

Sa défensive a terminé aux 16e et au 26e rangs lors des deux dernières saisons. Les bons coordonnateurs ne font pas toujours d’excellents entraîneurs en chef.

Autres noms à surveiller

Parmi les autres entraîneurs qui ont bénéficié d’un sursis à la fin de la dernière campagne, mais qui demeurent sur la corde raide, il y a Doug Marrone chez les Jaguars et Dan Quinn, chez les Falcons.

Depuis leur imbuvable défaite au Super Bowl en 2016, les Falcons ne semblent pas remis de la remontée historique des Patriots. Ils montrent en effet un dossier ordinaire de 24-25 depuis ce jour fatidique.

Quant aux Jaguars, leur grand ménage dans le vestiaire donne à Marrone une équipe plutôt triste, même si elle a surpris la planète NFL avec une victoire face aux Colts en lever de rideau. Même si le groupe qu’il a voulu mettre à sa main produit quelques victoires, ça ne devrait pas suffire à le sauver.

La saison est jeune et chacun de ces pilotes peut encore redresser le navire, mais l’eau semble déjà avoir infiltré le bateau.

5 POINTS À SURVEILLER

1. Brady rebondira-t-il?

Tom Brady a connu des ennuis à son premier match avec les Bucs, mais le vétéran a une belle occasion de se ressaisir face la défensive inexpérimentée des Panthers. La moyenne d’âge en défensive chez les Panthers est de 25 ans, ce qui en fait la septième plus jeune dans la ligue. Et face à des défensives dont l’âge moyen des partants est de 26 ans ou moins, en carrière, Brady montre un dossier de 46-7.

2. Pas de panique!

Aucune équipe ne souhaite débuter sa saison avec une ou deux défaites dans les deux premières semaines, mais sachez que ce n’est pas la fin du monde. Depuis 2002, 131 des 216 équipes (60,6 %) qui ont fait les séries ont commencé la saison avec une fiche de 1-1 ou même 0-2. Petit rappel : la saison dernière, cinq des 12 équipes en séries avaient débuté la saison avec un tel dossier, soit les Texans, les Vikings, les Saints, les Eagles et les Titans.

3. Retrouvailles pour Gore

L’infatigable porteur Frank Gore se retrouvera cette semaine dans le rôle de partant chez les Jets, étant donné que Le’Veon Bell est blessé. Comme le hasard fait bien les choses, il trouvera sur son chemin l’ancienne équipe avec laquelle il a joué ses 10 premières saisons, les 49ers. Ceux-ci en avaient fait leur choix de troisième ronde en 2004. Gore a affronté une seule fois les Niners dans sa carrière, un match lors duquel il avait amassé 48 verges en 14 courses. Le vétéran est troisième dans l’histoire pour les gains au sol, avec 15 371 verges.

4. Pénalités à la baisse

Le nombre de pénalités à la semaine 1 a chuté drastiquement par rapport à l’année dernière. La semaine passée, 199 mouchoirs ont été lancés, le plus bas total pour une semaine d’activités depuis 2001, selon ESPN.com. Les pénalités pour avoir retenu se font particulièrement rares, avec seulement 18 lors de la première semaine, une baisse de 78 % par rapport à la même semaine il y a un an.

5. Plus de spectateurs

La semaine dernière, les seules équipes qui ont accueilli des spectateurs dans leur stade ont été les Chiefs (15 895) et les Jaguars (14 100). Les Broncos avaient limité l’accès à 500 membres de la famille et autres proches des joueurs. Les Browns ont débuté la présente semaine, jeudi soir, avec quelque 6000 partisans sur place. Dimanche, les Colts recevront 2500 personnes et les Dolphins environ 13 000. Pour le match d’ouverture locale des Cowboys, autour de 25 000 spectateurs sont attendus.