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Stafford livre un puissant témoignage

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Même s’il est né à Highland Park, au Texas – un endroit où la diversité est minime – le quart-arrière des Lions de Detroit Matthew Stafford a profité des récents événements, en lien avec les inégalités raciales et la brutalité policière, ainsi que la montée en popularité du mouvement Black Lives Matter, pour s’informer et écouter ses coéquipiers noirs qui vivent des situations difficiles de façon quotidienne.

La formation du Michigan a été l’une des premières équipes sportives professionnelles à poser un geste concret afin de protester après que Jacob Blake, un homme noir, eut été atteint par plusieurs coups de feu d’un policier au mois d’août. L’équipe avait annulé son entraînement au lendemain de la situation. Malgré ses nombreux exploits sur le terrain, Stafford a indiqué dans une lettre ouverte sur le site The Players Tribune que cette journée a été celle où il a été le plus fier d’être membre des Lions.

«Nous avons eu des conversations très difficiles, écrit-il. Nous avons partagé des histoires. Nous avons eu des débats. Nous avons pleuré. Nous étions inconfortables, fâchés, tout ça en même temps.»

Le pivot des Lions utilise très rarement les réseaux sociaux, ce qui fait de ce texte l’une de ses rares sorties publiques. Il s’est d’ailleurs indigné qu’après que la pratique des siens ait été annulée, il ait reçu des messages de texte de la part de quelques personnes qui s’excusaient d’avoir à vivre cette situation.

«Il y a encore des personnes, aussi triste que ce soit, qui sont incapables d’écouter».

«Le fait que des personnes soient désolé pour moi, ou pense au football durant des moments pareils, ça en dit long. Il y a encore des gens dans ce pays qui souhaite que le sport ne soit qu’une distraction et c’est leur droit. Mais permettez-moi de dire le contraire.»

Au cœur d’une situation raciste

Durant la saison morte, Stafford est allé à Atlanta pour s’entraîner avec ses receveurs. Lors des quatre premières journées, Stafford et Danny Amendola, un receveur blanc, ont pratiqué ensemble et ils n’ont eu aucun problème. Lorsque le quart-arrière est retourné au même endroit avec quatre autres coéquipiers noirs, les athlètes n’ont pas eu une seconde pour s’entraîner avant que quelqu’un leur dise qu’ils ne pouvaient pas être là.

«On ramassait encore les ballons et on essayait de trouver un nouvel endroit où on pourrait aller quand l’homme a sorti son cellulaire, a expliqué Stafford. Il a dit : "J’appelle la police". Après tout ce dont on a été témoin dans les derniers mois et la façon dont une situation peut escalader rapidement pour aucune raison. Et voilà que la police est appelée.»

«Nous avons été là 10 minutes. Personne ne lui a rien dit de méchant et il appelle la police en disant qu’on ne veut pas coopérer et qu’on ne veut pas quitter les lieux.»

À l’écoute de ses coéquipiers

Stafford a vécu une situation particulièrement difficile en 2019 lorsque sa femme a subi une opération pour enlever une tumeur qu’elle avait au cerveau. Il raconte que ses coéquipiers ont toujours été là pour lui, alors il a fait de même. Il a particulièrement été troublé par une histoire du chasseur de quart Trey Flowers.

Ce dernier, s’il est arrêté par un policier, baisse sa fenêtre, met ses mains sur le volant et demande au policier s’il désire qu’il sorte du véhicule afin de le menotter pour s’assurer qu’il ne représente pas une menace.

«Tout ça juste pour ne pas être vu comme une menace. Tout ça juste pour revenir à la maison en toute sécurité. Personne en Amérique devrait se sentir ainsi.»

«Tout ce que je peux vous demander, alors qu’on continue notre saison, c’est de vous fermer les yeux et de vous placer dans les souliers d’un autre. Essayer pour une minute de mettre les réseaux sociaux, la politique et les débats de côté. Posez-vous des questions difficiles. Mais plus que tout, écoutez. Il serait grand temps», a conclu Stafford.